Un chantier d’envergure au service de la santé de demain. Sur le site de La Courtaisière à La Roche-sur-Yon, le futur Campus Santé Vendée de 7 600 m2 prend forme, avec la pose de sa première pierre lundi 12 octobre. D’un montant de près de 24 millions d’euros, ce pôle hospitalo-universitaire dédié à la formation, à la recherche et à l’innovation fera sa grande rentrée en septembre 2027, après plus de trois ans de conditions d’enseignement précaires pour les étudiants de l’Institut de formation aux professions de santé (IFPS).
En mai 2024, l’établissement avait en effet été contraint de fermer ses portes, fragilisé par la tempête Ciaran. Construit à peine vingt ans plus tôt pour un montant de 10 millions d’euros par les Hôpitaux de Vendée, le bâtiment présentait des défauts structurels et des risques majeurs pour la sécurité. Depuis, les 700 étudiants infirmiers, aides-soignants et ambulanciers étaient répartis entre différents sites externes : le campus yonnais de l’université de Nantes, trois lycées, l’établissement public de santé mentale Mazurelle… et même l’ancien cinéma Concorde. À cela s’ajoute un village de 26 modulaires, posés sur le terrain de l’IFPS. La démolition de l’ancienne bâtisse en juin dernier marquait le point de départ du chantier du Campus Santé Vendée.
Au cœur du projet porté par les Hôpitaux de Vendée figure un enjeu majeur : celui de relever les défis de la démographie médicale et paramédicale de la Vendée. Ce Campus Santé réunira en un même lieu plusieurs expertises et des compétences complémentaires avec l’ambition de faire de ce pôle hospitalo-universitaire la pierre angulaire de l’écosystème de santé vendéen de demain. « En permettant aux étudiants de se former en Vendée et en favorisant l’installation durable des professionnels sur le territoire, le campus constitue un investissement structurant pour l’avenir », insiste la direction.
Le Centre hospitalier de Vendée finance ce projet à hauteur de 8 millions d’euros, la Région apporte 10 millions et la Ville de La Roche-sur-Yon, 1,5 million. Le Département propose, pour sa part, une aide de 4 millions d’euros, qui sera soumise au vote des conseillers départementaux le 19 octobre.
Développé sur trois niveaux, le futur Campus Santé regroupera 1 790 m2 d’enseignement théorique ; 1 540 m2 dédiés à la simulation, 300 m2 pour l’odontologie, 120 m2 pour la recherche et l’innovation et 800 m2 d’espaces de vie.
L’IFPS occupera ainsi près de 60 % des surfaces du campus et pourra accueillir 800 étudiants infirmiers, 70 étudiants aides-soignants et 50 étudiants ambulanciers, ainsi qu’une cinquantaine d’étudiants engagés dans le Parcours d’accès spécifique santé (PASS) en première année de médecine. La conception des locaux est aussi plus adaptée aux nouvelles pratiques pédagogiques. Les espaces de simulation, dont huit chambres reproduisant des situations de soins, offriront aux étudiants des conditions d’apprentissage au plus près de la réalité. Les grandes salles de 400 et 200 places pourront servir aussi bien pour des conférences, des enseignements que des événements ouverts à un public plus large.
Le campus hébergera également le Centre d’enseignement des soins d’urgence de Vendée (Cesu 85), qui forme chaque année près de 4 000 professionnels aux soins d’urgence et aux situations sanitaires exceptionnelles, ainsi que le Département de la formation continue territorial (DFCT). Créée en septembre 2025, son offre s’adresse aux professionnels des Hôpitaux de Vendée comme à leurs partenaires : l’EPSM Georges-Mazurelle, l’Hospitalisation à domicile en Vendée (HAD 85), les Ephad, les établissements médico-sociaux, les collectivités et autres acteurs de santé. Cette dynamique permettra de mieux partager les expertises locales. À titre d’exemple, les professionnels de médecine légale de La Roche-sur-Yon pourront transmettre leur savoir-faire aux forces de l’ordre dans le cadre de formations adaptées.
Innovation et Fab Lab Santé
La recherche clinique territoriale et l’innovation auront également leur place au sein du campus. La nouvelle équipe Innovation aura pour mission de faire émerger les projets issus du terrain et de les structurer, mais aussi d’assurer une veille sur les nouvelles technologies et les opportunités de financement. Elle disposera également d’un espace pour développer et tester des prototypes.
Un Fab Lab Santé permettra par ailleurs aux patients partenaires, aux professionnels et aux entreprises de coconstruire et de tester des solutions innovantes. Ouvert sur son environnement, il aura également vocation à développer des liens avec les entreprises de la santé et du « care », les industriels et les acteurs de l’innovation. Ces collaborations doivent rapprocher les besoins exprimés par les professionnels et les patients des solutions que peuvent développer les entreprises.
Environnement et ancrage économique
Le projet porte également une forte ambition environnementale. Près de 1 000 tonnes de matériaux issus de la déconstruction de l’ancienne « école d’infirmières » ont été valorisées. Certains seront directement réemployés dans le futur campus, notamment près de 1 700 m2 de dalles de faux plafond, ainsi que des équipements sanitaires. La conception du bâtiment privilégie l’utilisation de matériaux biosourcés, avec 50 % de façades en ossature bois, avec la promesse d’un impact environnemental inférieur à 17 % aux exigences réglementaires.
Ce chantier illustre enfin l’ancrage économique du projet. Près de vingt entreprises, toutes locales, participent à sa réalisation, dont 70 % de PME régionales. « Avec près de 80 000 heures de travail, soit l’équivalent de cinquante emplois à temps plein sur la durée de l’opération, le campus génère également des retombées économiques importantes pour le territoire », indique la direction des Hôpitaux de Vendée.
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