La CRC appelle à repenser le modèle des criées des Sables et de Noirmoutier

Selon la Chambre régionale des comptes Pays de la Loire, les halles à marée des Sables-d’Olonne et de L’Herbaudière (île de Noirmoutier) ne sont pas rentables. L’institution invite la CCI Vendée, gestionnaire par délégation de service public du Département, à revoir leur modèle économique.

Le port de pêche des Sables-d'Olonne (Vendée).

Le port de pêche des Sables-d'Olonne (Vendée). Shutterstock

La CRC Pays de la Loire a passé au crible les finances des halles à marée des Sables-d’Olonne et de L’Herbaudière, sur l’île de Noirmoutier, à compter de 2020. Son constat est sans appel. La dégradation financière de ces criées impose de revoir leur modèle économique. Pour retrouver les chemins de la rentabilité, la Chambre régionale des comptes formule plusieurs recommandations à la Chambre de commerce et d’industrie de la Vendée, gestionnaire par délégation de service public du Département.

Les deux halles ont des tonnages de vente très différents, celle des Sables-d’Olonne étant en tête au niveau régional avec 5 341 tonnes en 2024, contre 1 824 tonnes pour celle de L’Herbaudière en 2024. Malgré une baisse des tonnages sur la période étudiée, leur positionnement sur des espèces en haut de gamme comme la sole et le bar, leur permet d’afficher un chiffre d’affaires très élevé, 39 184 000 euros aux Sables et 14 292 000 euros à L’Herbaudière, ce qui les place parmi les premières halles à marée française. Avec un prix moyen de 7,34 euros le kilo, Les Sables-d’Olonne se hisse à la huitième place nationale, quand L’Herbaudière se classe à la troisième place avec 9,63 euros le kilo.

Optimisation, externalisation et automatisation

Malgré ces performances commerciales, l’exploitation des deux halles est structurellement déficitaire, en raison du poids de la masse salariale et des dépenses énergétiques. La situation financière est très dégradée, marquée par une absence de fonds propres et des dettes élevées, sous l’effet de résultats négatifs reportés. Néanmoins des pistes d’optimisation en matière de tri et d’automatisation existent. « Une partie du tri pourrait être externalisée […] et un plan d’automatisation concernant les deux halles devrait être élaboré », suggère la CRC.

Les magistrats financiers s’étonnent également de l’absence de schéma énergétique, tant au niveau des deux halles que pour la CCI Vendée. Cette dernière commence toutefois à intégrer les dispositions du décret du 23 juillet 2019 relatif aux bâtiments à usage tertiaire. « Elle pourrait alors en profiter pour examiner ce qui peut être fait dans ses halles », estime la CRC. Au-delà de ces leviers d’actions sur les charges et les produits, la chambre appelle à engager une réflexion plus approfondie pour renouer avec la rentabilité.

Concernant le contrat de délégation des Sables-d’Olonne, la CRC en souligne la qualité, tout en relevant la nécessité d’un outil de pilotage pour un meilleur suivi des investissements. Alors que le contrat affichait initialement une rentabilité initiale « acceptable », celle-ci n’est toujours pas atteinte à trois ans de son échéance, « ce qui devrait amener délégant et délégataire à déterminer les conditions d’un renouvellement », souligne la CRC.

À L’Herbaudière, si la durée totale du contrat de soixante-cinq ans est expliquée par de lourds investissements non prévus initialement, celle-ci paraît « excessive et irrégulière dans la mesure où le département n’a produit aucun compte d’exploitation prévisionnel permettant d’évaluer la rentabilité dégagée sur le contrat et de justifier cette très longue durée », alerte la CRC. « L’avenant de prolongation est donc critiquable », conclut-elle.


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