Plus de 3 500 espaces, 1,2 million de mètres carrés exploités, 3 000 emplois directs et chiffre d’affaires estimé entre 1,1 et 1,65 milliard d’euros : ces dernières années, le coworking est devenu une composante réelle de l’économie française. « Dans les grandes métropoles, dans les villes moyennes et dans les périphéries, ces espaces créent de l’activité et contribuent au développement économique des territoires, mais aussi à l’animation des centres-villes », a rappelé Romain Laventure, président du Syndicat national des professionnels de l’hébergement d’entreprise (Synaphe), en ouverture d’une table-ronde organisée le 9 septembre à Angers.
Une réponse aux enjeux d’aménagement, d’écologie et de lien social
La discussion a mis l’accent sur la transformation du secteur, passé d’une simple offre immobilière à une fonction d’accompagnement à part entière des entreprises et des entrepreneurs. Simon Gérard, cofondateur de WeForge et président du collège Coworking du Synaphe, a résumé cette évolution : « Il y a dix ans, on venait pour un bureau. Maintenant, on vient pour un bureau et on y reste pour un réseau, une communauté. »
Les intervenants ont également évoqué l’objectif national de faire pratiquer à 20 millions de Français au moins deux jours de télétravail par semaine dans le cadre de la planification écologique. Selon Olivier Véran, ancien ministre des Solidarités et de la Santé et fondateur du cabinet Innov, « le coworking peut être une réponse aux enjeux publics d’aménagement du territoire, de transition écologique et de lutte contre l’isolement. Mais cela passera par une professionnalisation de ses espaces ».
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le Synaphe appelle les pouvoirs publics à se saisir de ces enjeux dans le cadre d’une feuille de route nationale sur les tiers-lieux professionnels. Simon Gérard a insisté sur l’urgence de cette reconnaissance : « Notre enjeu, c’est de faire connaître ce métier. »
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