Une chaleur infernale en journée, des températures qui ne baissent pas la nuit. Des prairies brûlées par le soleil et des animaux qui souffrent. Fabrice Chenu est éleveur à L’Oie, dans le Bocage vendéen, avec sa femme Nathalie et sa fille Flavie. Ses vaches passent huit mois par an dans les champs, mais cette année, il a déjà dû puiser fortement dans son stock de fourrage pour nourrir ses bêtes. « L’hiver va être long. Il faut espérer un printemps précoce. Ce n’est pas la première fois qu’on subit un été caniculaire, mais là, c’est inquiétant », soupire-t-il.
Un cas loin d’être isolé : les Pays de la Loire comptent 17 000 élevages pour environ 26 000 éleveurs. La Région a donc décidé de leur venir en aide en débloquant une enveloppe de 12 millions d’euros, sous forme d’appels à projets. Huit cents exploitations pourraient en bénéficier afin d’adapter leurs exploitations, et plus précisément leurs bâtiments, aux épisodes caniculaires. Cette aide vient en complément du plan national d’urgence d’un milliard d’euros de l’État pour indemniser les pertes et soutenir les trésoreries.
En déplacement en Vendée le 8 septembre, la présidente de région Christelle Morançais a souligné l’importance de « prendre ces crises comme des opportunités pour repenser notre agriculture en profondeur. Le rôle de la Région, c’est d’accompagner ces transformations. » L’élue a ensuite détaillé l’appel à projets, ouvert aux six grandes filières d’élevage (bovins, ovins, caprins, porcins, volailles et lapins). Les investissements éligibles portent sur des équipements permettant de réduire les températures dans les bâtiments et d’assurer le bien-être des animaux tels que la ventilation, la brumisation, l’isolation, l’aération, le revêtement des toitures ou encore l’ombrage. Les dossiers seront subventionnés à hauteur de 40 % d’une dépense éligible entre 5 000 et 40 000 euros, soit une aide maximale de 16 000 euros. Les éleveurs pourront déposer leur demande entre le 2 novembre et le 5 janvier 2027. Les travaux ne devront pas avoir débuté avant le 1er mai.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité du plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles. Depuis 2023, le PCAE a ainsi permis d’accompagner la modernisation et la transformation durable de plus de 2 500 exploitations ligériennes à hauteur de 78,8 millions d’euros. Au total, la Région a investi plus de 100 millions d’euros en matière d’adaptation et d’atténuation du changement climatique dans le secteur agricole et agroalimentaire.
En parallèle, Christelle Morançais a rappelé sa volonté de mettre en place un accélérateur agricole. En lien avec le préfet de région, il aurait pour objectif d’identifier des projets et d’accélérer les procédures comme l’installation d’un poulailler ou la construction d’une serre en verre pour le maraîchage. « Je veux aussi que l’on parle de l’eau. Ce ne doit pas être un sujet idéologique, c’est une question de souveraineté alimentaire », a martelé la présidente de Région qui entend également mettre l’accent sur la recherche et l’innovation. « Si on s’adapte, si on a le sens du collectif et de la nuance, on va y arriver. »
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