Le marché du meuble a profondément évolué et reste dépendant des produits en panneaux de particules. Dans le même temps, le mobilier ancien en bois massif, pourtant de qualité, ne trouve plus sa place dans les intérieurs et finit souvent à la déchetterie. C’est de ce constat qu’est née Sylvie-René, contraction de Sylve et Renaissance. À Nantes, Marie Louppe et Agnieszka Simon-Lewitowicz ont créé une marque qui transforme d’anciens meubles en créations contemporaines. Leur objectif est de démontrer que l’économie circulaire appliquée au mobilier peut devenir « un modèle économiquement viable, désirable et industrialisable ». Leur démarche relève de la remanufacture, et non de la restauration.
Dans leur atelier nantais, tables, étagères et objets de décoration prennent forme à partir de bois issu de meubles récupérés. Chaque création conserve la mémoire de son origine grâce à un système de traçabilité gravé dans la matière : le nom du meuble d’origine et le prénom de son ancien propriétaire y sont inscrits.
Produire en petite série
Ancienne ingénieure de production, Marie Louppe, également titulaire d’un CAP de menuiserie, a d’abord développé plusieurs prototypes. « Nos modes de vie ont changé. Les grands meubles d’autrefois ne répondent plus forcément aux usages d’aujourd’hui », résume-t-elle. Associée à Agnieszka Simon-Lewitowicz, rencontrée lors du Startup Weekend de Nantes, elle entend désormais passer à l’échelle. Cette dernière pilote le développement commercial et le marketing. « L’enjeu est de sécuriser une ressource en bois à faible coût afin de produire des gammes en petite série », explique-t-elle.
La commercialisation a débuté par une campagne de financement participatif, en passe d’atteindre les 20 000 euros. Les premières précommandes d’accessoires et de meubles permettent déjà de lancer les premières séries et de réduire progressivement le temps de fabrication de chaque pièce. À terme, Sylvie-René ambitionne de déployer un réseau national de collecte et de développer une offre BtoB destinée aux hôtels, restaurants et espaces de coworking en quête d’un mobilier différenciant et écoresponsable. La marque lancera prochainement son propre site de commerce en ligne et commercialisera également ses créations sur des plateformes spécialisées, comme Selency.
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