Pourquoi remettre l’humain au centre au moment où l’IA s’impose dans les cabinets ?
Cela peut paraître paradoxal au moment où les cabinets sont engagés dans la réforme de la facture électronique et intègrent déjà les usages de l’IA. C’est précisément pour cette raison que nous avons choisi ce thème.
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme un moyen de gagner du temps et d’automatiser certaines tâches pour se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. C’est vrai dans une certaine mesure. Mais les grandes évolutions technologiques ne produisent pas seulement des gains de productivité : elles transforment les organisations, les attentes des clients et les modes de management.
Nous avons déjà connu plusieurs vagues de transformation numérique. À chaque fois, les outils ont accéléré certaines tâches, mais les exigences ont augmenté et les attentes se sont renforcées. Il faut donc éviter de considérer la technologie comme une fin en soi.
L’enjeu n’est pas la technologie, mais la manière dont nous allons organiser le travail et faire évoluer nos cabinets avec ces nouveaux outils. Cela suppose un travail collectif : repenser nos modes de fonctionnement, sécuriser les processus, définir les priorités et décider ce que l’on confie ou non à l’IA.
C’est aussi une réflexion sur le cabinet de demain : la place de la relation humaine, la proximité avec les chefs d’entreprise et l’accompagnement des équipes. Derrière la technologie, il y a toujours des femmes et des hommes. C’est pour cela que nous avons souhaité remettre l’humain au centre.
L’IA est souvent présentée comme une révolution. Comment va-t-elle concrètement transformer le travail dans les cabinets ?
Il faut d’abord garder le contrôle. Avec l’IA, le travail change de nature. Les collaborateurs consacreront moins de temps à certaines tâches d’exécution et davantage à la supervision, au contrôle et au pilotage.
D’une certaine manière, ils deviendront aussi les managers des outils qu’ils utilisent. Il leur faudra interroger l’IA, évaluer la pertinence de ses réponses, détecter les erreurs éventuelles et exercer en permanence leur jugement professionnel.
Le risque serait de considérer que l’outil remplace la compétence. Or, c’est exactement l’inverse. Plus les outils deviennent performants, plus la maîtrise du métier est indispensable pour vérifier ce qui est produit et en garantir la qualité.
La formation va donc devenir encore plus stratégique. Nous devrons accompagner les collaborateurs dans l’apprentissage de ces nouveaux outils, tout en renforçant leur capacité d’analyse, leur esprit critique et leur compréhens…