Couverture du journal du 01/06/2026 Le nouveau magazine

« 5 000 ans dans votre poche » : dans les marais de Brière, l’incroyable aventure des couteaux Morta

Sous les marais de Brière dort un bois noir vieux de plusieurs millénaires. Un matériau rare, presque oublié, que Jean-Henri Pagnon a transformé en emblème artisanal et territorial avec Atelier JHP - Couteaux Morta. Entre extraction à la main, passion obsessionnelle et défense d’un savoir-faire local, portrait d’un coutelier qui revendique « 5 000 ans d’histoire dans un couteau neuf ».

Jean-Henri Pagnon, le « passionné de couteaux » et fondateur d'Atelier JHP - Couteaux Morta, et le fidèle chien salarié, Rio

Jean-Henri Pagnon, le « passionné de couteaux » et fondateur d'Atelier JHP - Couteaux Morta, et le fidèle chien salarié, Rio MH - IJ

Dans les marais de Brière, il faut parfois creuser avec les doigts. Sous plusieurs couches de tourbe, enfoui depuis des millénaires, repose un bois noir aux reflets profonds : le Morta. C’est là, dans cette terre humide et sauvage que Jean-Henri Pagnon a construit en seize ans l’une des aventures artisanales les plus singulières de l’Ouest. Aujourd’hui, Atelier JHP – Couteaux Morta produit près de 6 000 couteaux par an et emploie douze personnes dans un atelier de 1 000 m2 inauguré à l’automne 2025 à Saint-Nazaire. Pourtant, rien ne prédestinait son fondateur à ce développement.

Couteaux Atelier JHP - Couteaux Morta en exposition au showroom à St-Nazaire

Couteaux Atelier JHP – Couteaux Morta en exposition au showroom à St-Nazaire MH – IJ

L’histoire commence même par une frustration. Lorsqu’il découvre les marais de Brière, Jean-Henri Pagnon cherche aussitôt ce qu’il appelle « le couteau de Brière ». Il fouille les archives, tente de retrouver une ancienne tradition coutelière locale, espère tomber sur un vieux modèle populaire. Mais il ne trouve rien. « Si quelqu’un m’avait montré un vieux couteau briéron du XIXe siècle, je serais parti à sa recherche immédiatement », raconte-t-il. Faute de pouvoir acheter le couteau du territoire, il décide alors de le fabriquer lui-même.

Dans un petit atelier de 15 m2, il enchaîne les prototypes. Le premier lui paraît imparfait, puis vient le deuxième, le troisième… En cinq ans, il fabrique près de 600 couteaux, travaillant alors toutes sortes d’essences récupérées auprè…