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Web2day : « On est de retour »

Après une interruption prolongée pour cause de Covid, le festival Web2day fait son grand retour à Nantes du 1er au 3 juin. L’occasion pour Adrien Poggetti et Magali Olivier, qui dirigent La Cantine numérique, organisatrice de l’événement, de faire le point sur les nouveautés.

Adrien Poggetti et Magali Olivier, les dirigeants de la Cantine numérique organisatrice du salon Web2day. web2day

Adrien Poggetti et Magali Olivier, les dirigeants de la Cantine numérique organisatrice du salon Web2day © Benjamin Lachenal

À l’issue de la dernière édition du Web2day en 2019, vous aviez annoncé vouloir faire une pause. Elle a finalement été plus longue que prévue…

Adrien Poggetti : Le Covid nous a perturbés dans nos plans. On a été obligés de mettre de côté ce qu’on avait prévu et ce qui devait être une pause d’un an s’est transformée en deux. Et finalement, on n’a pas eu le temps nécessaire pour changer de formule car on a eu d’autres priorités, à cause de la crise sanitaire, mais aussi avec le déménagement dans nos nouveaux locaux. 2022 sera donc une édition où l’on teste des choses. On a eu envie de sortir du format habituel et en même temps, on a tous envie de retrouver le Web2day qui nous a manqué… Ce sera donc une édition un peu entre deux.

Magali Olivier : Pour résumer, on peut dire que nous offrons cette année un programme très éclectique, en donnant aussi bien la parole aux entrepreneurs des low tech qu’à ceux qui dirigent des boîtes très tech. On est finalement un peu à l’image du monde en ce moment, dans un grand écart. On a voulu donner la parole à chacun et donner à voir le plus de mixité possible : cette édition va accueillir 41 % de femmes speakers contre 20 à 30 % auparavant.

Qu’est-ce qui change par exemple ?

MO : On élargit la programmation. Jusque-là, on était beaucoup dans l’expertise métier et on abordait aussi des sujets de société. Avec cette édition, on a choisi d’éclater les expertises métiers en univers thématiques. On a aussi voulu mettre l’accent sur la santé. On est à la fois beaucoup plus large tout en favorisant la prise de hauteur, en parlant éthique, impacts des nouvelles technologies, futur du travail… On va évoquer les bonnes pratiques RH, mais également interroger la valeur travail. Parallèlement, on va se pencher sur les territoires intelligents. Pas au sens smart city, mais plutôt en s’interrogeant sur l’habitat, les espaces…

AP : On ouvre aussi le festival à de nouveaux lieux avec les deux Halles 6. Là aussi on est dans une version intermédiaire, en prévision des éditions à venir où l’on jouera sur tout le Quartier de la création.

Comment se positionne le Web2day par rapport au salon Viva technology qui se déroulera quelques jours plus tard à Paris ?

AP : Viva tech, c’est la grand-messe des start-up et de l’innovation. Nous, on n’a pas du tout le même positionnement en termes d’expérience et aujourd’hui il n’y a aucun autre événement qui a cette résonnance. Alors bien sûr on garde les fondamentaux, comme les soirées ou la multiplication des conférences. On aura ainsi six scènes en simultané, 220 speakers pour 160 conférences. On attend entre 12 000 et 15 000 participants, contre 10 000 pour l’édition de 2019.

Le festival va être moins international qu’avant. Le Covid est passé par là et on a voulu limiter les déplacements en avion. Mais on reste sur un événement qui dépasse largement le cadre nantais : plus de la moitié des visiteurs ne viendront pas de la région. Le Web2day contribue d’ailleurs à la notoriété de Nantes dans l’écosystème tech. Plusieurs entreprises ont choisi de s’installer ici après une édition du Web2Day…

Le succès du festival c’est aussi un ton, qui a fait sa signature. Le retrouvera-t-on ?

AP : On a toujours revendiqué de faire les choses en prenant du plaisir. On fait donc des événements auxquels on aurait nous-mêmes envie d’aller. Notre marque de fabrique, c’est la convivialité et un ton un peu décalé, qui sort des sentiers battus.

MO : On n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat, à remettre en question notre secteur par exemple. Et on aime aborder des sujets sociétaux, comme l’inclusion des personnes LGBT+ dans les entreprises ou les biais cognitifs dans le recrutement…

Vous souhaitez ouvrir le festival. Qu’est-ce qui peut inciter les entreprises qui ne sont pas du numérique à y assister ?

AP : On ne veut surtout pas être catalogués comme un festival de geeks. Le Web2day n’est pas un événement pour les spécialistes de la tech et encore moins dans cette édition ! Quels qu’ils soient, les dirigeants, mais aussi leurs collaborateurs, ont un intérêt à y venir pour comprendre, ouvrir leurs chakras et anticiper le futur. L’enjeu c’est le décloisonnement. D’ailleurs, 10 % du programme est technique, tout le reste est compréhensible par tous ! On l’a construit pour permettre au plus grand nombre de piocher ce qui l’intéresse. Par exemple, les bonnes pratiques RH ne sont pas réservées aux start-up, toutes les entreprises peuvent s’en inspirer !