Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Une plateforme logistique bas carbone sort de terre

Démarrés au printemps dernier, les travaux d’un entrepôt logistique bas carbone de 30 000 m2 avancent comme prévu à La Chevrolière. Le porteur de projet Virtuo Industrial Property annonce sa livraison en mai prochain, date où les entreprises Ziegler et les Transports Thébault intégreront le site.

Plateforme logistique bas carbone La Chevrolière Virtuo industrial property

La plantation du premier arbre de la plateforme logistique bas carbone a eu lieu le 8 novembre dernier. © IJ

Le 8 novembre dernier, la plantation du premier arbre de la plateforme logistique portée par Virtuo Industrial Property au parc d’activités de Tournebride à La Chevrolière (Loire-Atlantique), a permis d’en savoir plus sur ce projet bas carbone d’envergure. Dans son discours, Grégory Blouin, le président de cette entreprise parisienne spécialisée dans le développement de plateformes logistiques est revenu sur la genèse du projet : « Le constat de départ, c’est qu’il y avait des besoins d’entrepôts logistiques dans le grand Ouest et des collectivités accueillantes. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré, il y a deux ans, Johann Boblin, maire de La Chevrolière et président de Grand Lieu Communauté. Nous avons travaillé main dans la main pour en faire un véritable projet environnemental. »

« Bien que très sollicités par des acteurs de la logistique du fait de notre situation géographique, Grand Lieu Communauté n’est pas en mesure de répondre favorablement à toutes les demandes reçues, a embrayé Johann Boblin, président de Grand Lieu Communauté. D’où la volonté d’être extrêmement sélectifs sur les projets retenus. La qualité architecturale et environnementale de celui proposé par Virtuo et le fait que les futurs occupants travaillaient déjà avec des entreprises du territoire ont été déterminants. »

Au-delà de ses dimensions imposantes (un bâtiment de 30 000 m2 sur une parcelle de 65 000), ce projet est en effet innovant sur le plan environnemental : « Il est ambitieux au niveau de son empreinte carbone, poursuit Grégory Blouin, car nous avons visé la neutralité dès sa conception. Grâce à une charpente bois en lamellé collé, l’utilisation de béton bas carbone, de murs à ossature bois, d’isolants biosourcés et une maîtrise des consommations d’énergie du bâtiment, nous avons ainsi réduit ses émissions de 30 à 40 % par rapport à un bâtiment traditionnel. Toujours dans cette optique, 7 500 panneaux photovoltaïques seront installés sur l’intégralité du toit du bâtiment. Cela ne couvrira pas l’ensemble de notre consommation la nuit, mais le jour, cela nous permettra de réinjecter sur le réseau le surplus d’électricité non consommé et donc de le revendre. »

40 hectares de forêt bientôt replantés

Pour compenser ce talon de consommation restant, le porteur du projet s’est également engagé à planter 40 hectares de forêt sur le territoire, mais aussi en Vendée et dans les Landes. « La plantation aujourd’hui d’un châtaignier mellifère sera donc la première d’une longue série, s’est félicité Grégory Blouin au moment de planter l’arbre avec les différents acteurs économiques impliqués. Pour nous, c’est le premier entrepôt où l’on vise la neutralité carbone et l’objectif à terme est bien entendu de pouvoir dupliquer ce modèle sur l’ensemble des bâtiments que l’on développera à l’avenir. »

Toujours dans cette logique de respect de l’environnement, Virtuo a également engagé un partenariat avec l’Union nationale de l’apiculture française dans le cadre du programme “Abeille, sentinelle de l’environnement“. « Concrètement, cela signifie que des ruches et des colonies d’abeille seront implantées sur la parcelle de l’entrepôt logistique. Du miel y sera produit et nous donnerons la possibilité aux écoliers du territoire de participer à la récolte », a ajouté le dirigeant.

Côté calendrier, le président de Virtuo a été rassurant quant à l’avancée du chantier : « Les travaux sont dans les temps et la livraison du bâtiment prévue pour mai 2023. » Autre bonne nouvelle : les six cellules de 6 000 m2 chacune ont déjà trouvé preneurs. Ce sont Ziegler, une entreprise belge de transport et logistique déjà implantée en France, et les Transports Thébault, basés à Saint-Julien-de-Concelles, qui y emménageront au printemps.

« Limiter les distances parcourues »

Pour Alain Brossault, directeur régional de Ziegler, « ce nouvel outil va permettre de mieux servir nos clients, notamment chevrolins comme Armor, dont la proximité permettra de limiter les distances parcourues pour l’ensemble de leur flux. Il nous permet également d’optimiser nos conditions d’exploitation et d’étendre notre offre logistique de stockage, complémentaire à nos autres métiers de l’aérien, du maritime, de la douane… ».

Erwan Arnaudeau, directeur des opérations chez les Transports Thébault (250 salariés, neuf sites et 150 chauffeurs), a quant à lui souligné que cette arrivée à La Chevrolière « correspond au choix d’un développement local sur le marché de la logistique, où nous sommes présents depuis 2006. Avec ce nouvel équipement, nous proposons ainsi 80 000 m2 de stockage dans un rayon de 40 km autour de Nantes. Notre but est ainsi d’accompagner la métropole dans son développement démographique et dans sa transition énergétique. Avec cette nouvelle plateforme, nous allons bénéficier de deux nouvelles cellules de 6 000 m2 chacune, qui vont nous permettre d’accompagner notre client historique DS Smith, une entreprise spécialisée dans le packaging implantée à La Chevrolière. »

Au-delà de conforter les entreprises du territoire, cette nouvelle plateforme devrait également permettre la création de près de 150 emplois. Les recrutements démarreront début 2023.

Encadré : Du coworking logistique

En complément des services habituels de transport et logistique, les Transports Thébault prévoient également d’ajouter sur cette plateforme une activité de coworking logistique. « Nous proposons ainsi d’accueillir dans nos locaux des entreprises et de les accompagner sur des solutions d’hébergement et de leur proposer des bureaux. Aujourd’hui, sur notre site des Sorinières, où l’on a récemment lancé ce service, nous accueillons déjà une trentaine d’entreprises », détaille le directeur des opérations.