Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Tourisme. Un printemps noir et un été sans visibilité

Embauches annulées ou différées, baisse du chiffre d'affaires de plus de 40%, voire de plus de 50% pour les hôtels et restaurants : l'impact sur le secteur du tourisme des décisions prises pour endiguer l'épidémie de Covid-19 est considérable. Les chiffres publiés par le baromètre de conjoncture touristique des Pays de la Loire de Solutions&Co sont inquiétants.

An aerial view of La Baule from Guerande salt marshes

Le tourisme représente 6,3% du PIB régional et 65 000 emplois pendant la saison », rappelle Franck Louvrier, vice-président de la Région et président du Comité régional du tourisme. Inutile de préciser que l’angoisse est palpable chez les professionnels qui envisagent avec inquiétude l’entame de la saison 2020. 

« La situation est difficile pour les campings en raison des incer­titudes sur les dates de fin du confinement et d’ouverture de leurs établissements, reconnaît Nicolas Charrier, président de la Fédération régionale de l’Hôtellerie de Plein air (HPA). Cela ne leur permet pas d’anticiper sur les conditions de reprise 
de toutes leurs activités (piscine, bar, restauration, animation, service…). Sur le plan financier, le report d’échéance de 6 mois n’est pas adapté à l’activité saisonnière de l’HPA, la Fédération souhaite un report de 12 mois immédiatement et non 6 mois renouvelables 6 mois ». 

CHUTE DES EMBAUCHES

Le premier impact de la crise du Covid-19 sur l’avenir de la saison se traduit par l’annulation de 30% des embauches et par le fait que 70% sont différées, alors qu’en moyenne annuelle on compte 21 000 emplois saisonniers dans la région. Le secteur le plus concerné est logiquement l’hôtellerie. 

Pour huit professionnels sur dix la baisse de chiffre d’affaires dès le mois de mars atteint plus de 40%. Plus d’un quart d’entre eux estime même une perte proche de 100%. C’est le cas pour les chambres d’hôtes. 

Quant aux hôtels et aux restaurants, en ville comme sur le littoral ou en milieu rural, près de 80% indiquent une perte de CA de plus de 50% en lien avec l’ouverture sur un demi-mois en mars. 

L’impact financier est majeur, 60% des professionnels du tourisme déclarent avoir perdu jusqu’à 15 000 € de chiffre d’affaires au cours du mois de mars et parmi eux 30% sont des indépendants. Les structures en SARL affirment avoir perdu plus de 75 000 € pour 30% d’entre elles.

L’APRÈS CONFINEMENT : 
UNE SAISON D’ÉTÉ INCERTAINE

L’avenir est d’autant plus sombre que 80% des réservations sont annulées ou reportées pour quatre professionnels sur dix. De fait, la majorité des professionnels (63%) observent 70% d’annulations sèches. « Pour ceux dont les clients ont opté pour un report de leur réservation, 90% ont choisi une date indéterminée, ne permettant pas d’assurer une visibilité pour le professionnel sur son activité », précise l’étude de l’agence régionale de développement économique des Pays de la Loire, Solutions&co. 
La saison d’été reste incertaine. Pour l’instant, 50% des réservations sont maintenues, le littoral s’en tirant mieux avec 90% des réservations maintenues pour 70% des professionnels. 

Les étrangers représentent 20% des annulations pour un professionnel sur deux. Et pour l’instant les réservations sont quasiment à l’arrêt pour une grande majorité des professionnels… L’annulation des grands événements majeurs n’a fait qu’amplifier le phénomène. 

Les professionnels du secteur disent aussi manquer terriblement de visibilité pour l’après-confinement. « C’est un enjeu crucial pour ne pas aller au naufrage », estime un hôtelier baulois. Dans cette conjoncture complexe et incertaine, beaucoup aimeraient en tout cas être accompagnés pour des conseils en communication digitale, mais aussi juridiques, de stratégie tari­faire ou RH.