Couverture du journal du 18/06/2021 Consulter le journal

Tourisme : le Département promeut une offre qui se conjugue au plein air

Apporter un peu de fraîcheur après ces mois plombés par la crise sanitaire : le slogan choisi pour la saison du tourisme 2021 de la Loire-Atlantique, « Un jeu d'enfant », qualifie une offre axée sur les vacances en famille et qui privilégie le plein air.

Lancement campagne tourisme Loire-Atlantique 2021

©iStock

L’espoir est là. Fort d’une saison d’été 2020 qui, malgré les difficultés, avait enregistré, pour un tiers des professionnels, un chiffre d’affaires équivalent sinon supérieur à celui de 2019, le Département mise sur des atouts qui ont fait leurs preuves pour envisager la suite avec plus de sérénité.  « Diversité des paysages, patrimoine naturel exceptionnel, propositions culturelles, éco-tourisme, et même diversité de la production agricole, qui permet de valoriser les produits locaux… » : les atouts du territoire sont égrenés par Bernard Lebeau, vice-président au Développement économique de proximité de Loire-Atlantique à l’occasion du lancement, le 19 mai, de la campagne de communication menée par l’agence d’ingénierie publique Loire-Atlantique Développement, qui a choisi de présenter le département comme un « terrain de jeux ». Oublier l’« annus horribilis » qui a touché particulièrement le secteur de l’hôtellerie restauration (- 28 % de fréquentation dans la région par rapport à 2019) et, plus, en tirer les leçons, sont les leitmotiv d’un département qui axe son offre sur la proximité. « Le tourisme est un pan de l’économie locale essentiel, poursuit Bernard Lebeau, avec 25 000 emplois directs et indirects et qui, de plus, ne sont pas délocalisables… »

Une année 2021 qui avait bien commencé…

 Quand les déplacements longue distance se font plus rares, pour des raisons écologiques et de crise sanitaire, la carte de la destination « proche » est un atout évident.  Traditionnellement, la Loire-Atlantique attire avant tout une clientèle de proximité. « La cible étrangère, que l’on espère cependant revoir rapidement, n’est pas le cœur de cible et donc n’influe pas beaucoup sur le taux de réservation et de fréquentation en Loire-Atlantique, bien qu’elle soit une part très importante pour le tourisme urbain, littoral et pour l’hôtellerie de plein air », estime Bernard Lebeau. Une tendance qui s’est donc confirmée avec la crise sanitaire : « La clientèle vient de cinq provenances principales : le Maine-et-Loire, l’Ile-et-Vilaine, la Vendée, Paris et les Hauts-de-Seine, ces deux dernières étant favorisées par un accès aisé par train, donc peu carboné », explique Agnès Broquet, directrice du Tourisme durable à Loire-Atlantique Développement. Le début de l’année 2021, qui a laissé une courte fenêtre de tir pour juger de l’attractivité du territoire, a démarré sous les meilleurs auspices : « On avait bien commencé l’année, avec des indicateurs qui ont donné de l’espoir, explique Agnès Broquet. On était déjà à 3,8 millions de nuitées au premier trimestre, contre 3 millions sur la même période en 2020, les vacances de février ont permis d’être optimistes. »

L’offre se réinvente

Répondant à un fort besoin de plein air et d’activités et de lieux qui permettent de se retrouver en famille ou entre amis, l’offre touristique a eu le temps de se réinventer. « Les professionnels ont su travailler et se remettre en question pendant la crise et axer leurs offres sur toujours plus d’activités de plein air et d’éco-mobilité », souligne Nathalie Boudon, responsable communication de Butterfly Tourism, qui accompagne les acteurs du tourisme dans leurs démarches de développement durable. « Après des années où nous avons axé notre stratégie sur la prospection, nous cherchons à avancer en profondeur sur le développement durable », confirme Agnès Broquet.  Un des indicateurs se traduit dans les chiffres : le camping est l’un des heureux bénéficiaires de cette tendance, 85 % des places étant déjà réservées pour la saison estivale.

Parmi les nouvelles offres de la saison, le plein air est donc largement au menu, avec notamment une offre « slow tourisme » de visites ludiques et innovantes pour les familles dans le vignoble de Nantes, des parcours numériques intitulés « Baludik »  à la découverte de Clisson et/ou de la Loire dans le village de pêcheurs de la Chebuette, des rando-cabanes portées par Franck Pasquier, directeur de Nantes Wine Tour, proposant de dormir au cœur des vignes dans des cabanes « pour consommer responsables et se connecter avec la nature »… ou une reprise de la liaison maritime Pornic-Noirmoutier… L’imagination est au pouvoir.

Les effets de la crise ne sont pas terminés

224 professionnels ont exprimé leur ressenti sur le mois d’avril 2021 et la saison à venir.  Des incertitudes, malgré un moral en hausse, se font encore jour. À l’approche de la saison, un quart d’entre eux déclarent toujours craindre pour la pérennité de leur entreprise, un tiers ne parvient pas à se prononcer faute de visibilité. C’est le cas en particulier des hôtels, restaurants et campings. La moitié des acteurs du tourisme sont en attente d’un soutien financier pour les aider à surmonter ce contexte encore difficile, et 64 % comptent sur les actions de communication pour favoriser la reprise.