Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Défi Mobilité : une semaine pour se rendre au travail « autrement »

Porté par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la Région, le Défi Mobilité vise à faire progresser les modes de déplacement doux. Temps d’échanges entre salariés et challenges s’organisent, malgré l’empreinte encore perceptible de la crise sanitaire.

Eco-mobilité

©DR

La prise de conscience est là, les usages évoluent, mais du chemin reste à faire. Inciter la population, particulièrement les salariés, à privilégier une mobilité durable, tel est l’objectif du Défi Mobilité, qui aura lieu en Pays de la Loire du 31 mai au 6 juin 2021. « Le principe est d’organiser pendant une semaine au sein des établissements, entreprises, associations ou écoles, avec le soutien des collectivités territoriales, des animations et des temps d’échange pour favoriser le report modal », précise Julien Le Floch, chargé de la mobilité à l’association Alisée, qui coordonne l’événement en Pays de la Loire.

La mayonnaise prend doucement

Lors de la dernière édition, en septembre 2020, 3 625 participants se sont ainsi mobilisés dans la région, avec 328 478 km parcourus « autrement ». Inciter à l’échange entre salariés et à l‘organisation de défis autour des modes de transport durable permet d’en découvrir les possibilités et de vaincre certaines réticences. « Par exemple, des salariés se sont organisés pour arriver ensemble à vélo sur leur lieu de travail, en se rejoignant sur différents points de rencontre sur le parcours », détaille Julien Le Floch. En Loire-Atlantique, la mayonnaise prend doucement, dans une période qui n’est pas encore vraiment propice aux rencontres conviviales pour échanger autour d’un café ou d’un repas ou à l’occasion d’un challenge. Après avoir déclaré forfait pour cette raison en 2020, la Carene relance tout de même l’opération. « En 2019, nous avions expérimenté un défi mobilité, explique Nolwen Biche, responsable de mission Transport et mobilité. L’événement avait mobilisé 535 participants, ce qui était très satisfaisant. Cette année, des animations vont être proposées notamment aux Chantiers de l’Atlantique, avec des initiatives comme un food-truck à vélo, un atelier réparation vélo, et des échanges autour du covoiturage. L’un des grands intérêts est de valoriser les salariés qui utilisent déjà des modes de transport durable, pour inciter les autres à les adopter. » Cette semaine va aussi être l’occasion de présenter une nouvelle appli, actuellement en expérimentation, qui met en relation les agents de la Carene et de la Ville de Saint-Nazaire, soit « expérimentés » du vélo, soit débutants, les premiers accompagnant les seconds pour leur indiquer les trajets les plus directs et les plus agréables et leur donner des conseils dans leurs déplacements. Qui sera généralisée si l’expérience s’avère concluante…

Une valeur d’exemplarité pour les commerçants

À Nantes, le Défi Mobilité est une première pour l’association de commerçants Plein Centre, dont les membres ont été invités à préparer l’événement à l’aide de webinaires. « La participation sera certainement modeste cette année, au moment où les commerces travaillent à leur réouverture, mais nous avons voulu lancer l’opération tout de même, en se disant que nous serons mobilisés pour la prochaine édition, constate Jérôme Decoster, animateur de la transition écologique au sein de l’association. Mais nous sentons un intérêt, dans un contexte où les questions de mobilité en centre-ville sont cruciales. Nous devons étudier les modes de déplacement de la clientèle, mais nous intéresser aussi à ceux des artisans, commerçants et de leurs salariés. Nous voulons inciter à passer à l’action et valoriser ceux, nombreux, qui utilisent déjà d’autres moyens de transport que la voiture pour se rendre au travail. » Pour Anne-Claire Carteron, directrice d’exploitation de l’hôtel nantais Maisons du Monde, qui comprend 12 salariés, l’objectif est bien de convaincre les quelques personnes qui utilisent encore leur voiture pour venir au travail d’emprunter d’autres modes de transport.

Une démarche qui s’inscrit dans une conception plus large de l’engagement écologique, de recyclage des déchets organiques menée avec la Tricyclerie depuis l’ouverture de l’hôtel il y a deux ans, de la non utilisation de plastique (bouteilles d ‘eau en verre, distributeurs de gel douche et shampoing…). « Nous voulons profiter de cette semaine pour proposer des temps de rencontre pour sensibiliser les salariés. »  Les actions seront cette année assez « modestes » pour Plein Centre, qui préconise « de nommer un référent mobilité qui ne soit pas de préférence le dirigeant ou la dirigeante, pour organiser des rencontres, des challenges… » L’un des premiers défis pour les commerces est de répondre aux aspirations de clients du centre-ville de plus en plus attentifs aux questions écologiques. « Lors de notre dernière enquête mobilité, nous nous sommes rendu compte que 38 % de la clientèle se déplace en transport en commun, 27 % préfère la marche à pied et 21 % la voiture », constate Jérôme Decoster. L’exemplarité des commerçants ne peut qu’accélérer le mouvement…