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Rugby : Nantes reprendrait bien une coupe

Après les quatre matchs du mondial de rugby à La Beaujoire, l’heure est au bilan pour les organisateurs de la compétition, les commerçants, la Ligue et les clubs. À entendre leurs retours, il n’y a pas eu de raté et l’essai semble transformé compte tenu des retombées générées par l’événement, notamment pour le secteur du CHR.

Coupe du monde de Rugby

© Patrick Garçon-Nantes Metropole

Impossible d’avoir loupé la marée humaine de supporters étrangers venus assister à l’un des quatre matchs de rugby organisés à Nantes du 8 septembre au 8 octobre dernier ! Du XV du trèfle au XV du poireau, en passant par les Pumas d’Argentine ou les Brave Blossoms japonais, la Cité des Ducs aura vibré durant un mois au rythme de la Coupe du monde de rugby. Chaque rencontre s’est jouée à guichet fermé et le stade de la Beaujoire a ainsi accueilli près de 133 000 spectateurs, dont 45 % d’étrangers (55 000 environ). Le panier moyen à Nantes étant de 470 € pour le “pass 4 matchs”, la billetterie a ainsi généré un peu plus de 60 M€ de recettes.

Claire Jouët, la directrice du site nantais du mondial, dresse « un bilan ultra positif de l’événement, aussi bien du point de vue organisationnel que de ses retombées économiques ou de l’expérience client offerte aux spectateurs. Globalement, il n’a pas connu de couacs majeurs dans sa livraison à Nantes et il a été le fruit d’une collaboration étroite avec les services de l’État et les collectivités. »

Premiers bénéficiaires : hôtels, bars et restaurants

Premiers bénéficiaires de cet effet Coupe du monde : « Les commerces du centre-ville, poursuit Claire Jouët, qui ont reçu un afflux impressionnant de supporters étrangers les jours de matchs. Cela a permis de doper leur fréquentation et leurs chiffres d’affaires, à commencer par ceux des hôtels, bars, restaurants et plus largement de toutes les activités qui touchent au tourisme. »
Un constat partagé par la déléguée générale de l’association de commerçants nantais Plein Centre, Sara Gangloff : « Tout s’est très bien passé et aucun débordement n’a été signalé. Les week-ends où l’Irlande et le Pays de Galles ont joué ont généré d’importants pics de fréquentation dans nos commerces. On peut même parler de week-ends exceptionnels pour les établissements du CHR. À tel point que certains bars, pris d’assaut par les supporters, n’avaient pas prévu assez de bière et se sont retrouvés avec des fûts vides le lendemain du match. »

« Limiter la casse après une été compliqué »

Pour Catherine Quérard, vice-présidente nationale du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR) et présidente du GHR grand Ouest, « ces belles retombées économiques pour le CHR étaient très attendues dans le secteur. Elles ont permis de redonner un peu de baume au cœur à nos professionnels et de limiter la casse après un été compliqué[1]. Les supporters irlandais et gallois ont amené une grande dynamique dans nos établissements. Et ils ont été fidèles à leur réputation : les tireuses des bars ont très bien fonctionné. »

« Celles de la Beaujoire ont également tourné à plein régime, renchérit Claire Jouët. Nous avons ainsi écoulé 55 000 pintes rien que sur le premier match, et 155 000 au total sur les quatre rencontres. » À 8 € l’unité (hors consigne), cela a permis de générer 1,24 M€.

« Une coupe tous les ans ! »

Du côté de la Chambre de commerce et d’industrie, on se félicite également du succès rencontré par l’événement, comme le résume Hugues Frioux, vice-président au commerce : « La Coupe du monde à Nantes a généré un véritable engouement populaire et une belle dynamique économique. En particulier les week-ends où jouaient l’Irlande et le Pays de Galles. Cette marée verte, puis cette vague rouge, ont été des accélérateurs de business pour les restaurants, hôtels et bars du centre-ville, dont les terrasses ont été prises d’assaut grâce à la météo clémente. Les magasins de souvenirs en ont également largement bénéficié. À tel point que le territoire reprendrait bien une coupe tous les ans ! »

« 15 % de licenciés en plus »

Derniers bénéficiaires du mondial : les clubs de rugby du territoire (lire également l’encadré), qui ont vu leurs effectifs croître comme l’a confirmé Dominique Coquelet, président de la Ligue régionale, le 12 octobre dernier lors d’un point presse en préfecture : « Nous sommes à 15 % de licenciés en plus par rapport à octobre dernier. Les plus forts taux d’inscriptions sont enregistrés dans les clubs où les collectivités se sont particulièrement mobilisées pour la Coupe du monde. » À titre de comparaison, la Coupe du monde de rugby 2007 avait provoqué une hausse de près de 25 % des licenciés dans les clubs. Malgré de belles retombées économiques, l’effet Coupe du monde 2023 semble donc moins marqué qu’en 2007 pour le territoire.

Des bénéfices multiples pour le Stade Nantais

Stade Nantais

© Stade Nantais

Au Stade Nantais, la Coupe du monde « a produit un effet sur les inscriptions à notre école de rugby, se réjouit Lisa Coureaud, responsable du développement commercial du club. Six ou sept adolescents qui n’avaient jamais pratiqué nous ont rejoints, ce qui nous a permis de remplir la catégorie des joueurs nés en 2010. Toutes les autres étaient déjà complètes. »

Surfant sur l’effet mondial, le club a également commercialisé dès mars « des opérations à destination des entreprises qui souhaitaient s’approprier l’univers du rugby pour organiser des séminaires, des opérations de cohésion d’équipe ou des soirées privées avec clients et prospects », poursuit la responsable. La formule teambuilding, qui inclut une heure trente de découverte du rugby encadrée par les joueurs professionnels, a ainsi réalisé une belle percée, avec huit entreprises clientes depuis mars, contre deux l’année précédente. Parmi elles, Avelim, Weblex, Charier, Repère, POwR…

Ce dernier groupe nantais, spécialisé dans l’énergie solaire, y a vécu « une super expérience dans un club mythique. Nous avons été très bien accueillis par le staff et les joueurs. Ils nous ont fait participer à différents ateliers. Très orientée grand public, cette activité ne nécessite ni conditions physiques particulières, ni aptitude ou base dans ce sport ».

 

[1] Si la saison touristique 2023 s’annonçait sous les meilleurs auspices pour les établissements du CHR en Loire-Atlantique et Vendée au printemps, la météo et l’inflation sont venues jouer les trouble-fête lors de la haute saison. La pluie a généré de nombreuses annulations de dernière minute et les vacanciers ont surveillé scrupuleusement leur budget.