Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Romuald Tuffery cherche des investisseurs pour poursuivre la relance du chantier naval Franck Roy

Repreneur en décembre 2019 du chantier naval Franck Roy, Romuald Tuffery s'active pour trouver des investisseurs pour sortir de la procédure de redressement judiciaire qu'il a sollicité en raison du Covid.

chantier Franck Roy voiliers

Les voiliers se distinguent par leurs lignes néoclassiques avec des finitions en bois vernis constituant la signature du chantier. Il propose une gamme allant du petit dériveur de 4 m au voilier habitable de 13 m (42 pieds).© ILP

Fondé il y a plus de 20 ans, le chantier naval Franck Roy a vu sortir de ses moules plus de 200 voiliers de 4 à 13 m. Conçus dans le style classique et habillés de bois vernis, les Morgann, Solenn et autres Corsaire font la fierté de leurs propriétaires et le bonheur des amateurs de régate. C’est ce savoir-faire qui a séduit Romuald Tuffery à l’heure ou le fondateur du chantier voulait passer la main. L’entrepreneur vendéen de 26 ans, à la tête de West info, une entreprise de service informatique d’une vingtaine de salariés qu’il a créée, travaille notamment avec le skipper Benjamin Dutreux pour équiper les bateaux de sa société Eople performance. Fort de cet avant-goût pour la voile, il a repris l’atelier Franck Roy en décembre 2019 et installé le chantier en Vendée, bien décidé à pérenniser la marque en industrialisant la construction et en la développant en Europe via un réseau de concessionnaires. Tout en conservant l’ADN du chantier naval Franck Roy marqué par la qualité des finitions, la personnalisation des bateaux et la forte relation avec les propriétaires.

Romuald Tuffery

Romuald Tuffery, 26 ans repreneur du chantier naval Franck Roy en décembre 2019 © Chantier Franck Roy

Romuald Tuffery cherche 300 000 euros pour fabriquer deux voiliers d’exposition

La crise sanitaire a freiné l’entreprise en plein élan. La société a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de 300 000€ au lieu des 600 000€ espérés. « Les commandes enregistrées au Nautic et la maintenance des bateaux de propriétaires n’ont pas suffi à couvrir les frais de production. La crise est arrivée au moment où nous avions le plus besoin d’aller à la rencontre de notre marché et de nos clients potentiels. De surcroît, peu d’aides ont été accordées par l’Etat aux TPE de moins de deux ans pour faire face à la chute de l’activité », détaille le dirigeant.
Pour se donner le temps de trouver des investisseurs et étaler son endettement, Romuald Tuffery a demandé et obtenu le placement de l’entreprise en redressement judiciaire le 2 juin. « L’équipe du chantier est soudée et souhaite par-dessus tout poursuivre l’aventure, affirme Romuald Tuffery. Le redressement judiciaire est la meilleure solution pour assurer l’avenir de l’entreprise et des salariés. Il nous permet de stabiliser notre situation, le temps de valider plusieurs commandes. Je suis en discussion avec des investisseurs et des propriétaires de bateaux pour trouver les fonds nécessaires à la construction de deux nouveaux voiliers qui serviront de modèle d’exposition chez les concessionnaires étrangers ». Le dirigeant recherche 300 000 € pour leur fabrication. Il souhaite les mettre à disposition des concessionnaires européens rencontrés lors du Nautic de Paris 2019. Des partenariats sont en cours de signature avec des revendeurs anglais, allemand, suisse et néerlandais. Avant la fermeture des frontières et l’annulation des salons nautiques, Romuald Tuffery projetait la fabrication de 15 bateaux par an. Il en a produit 3 en 2020 et développé l’activité de maintenance des bateaux de propriétaires. Le chantier dispose d’une équipe de 10 artisans dont 2 alternants et s’est entouré d’un directeur technique, transfuge de Beneteau et de l’ancienne équipe du chantier. Il bénéficie également de l’accompagnement précieux de Franck Roy.

Le bureau d’études développe un canot à moteur de 8.20m

Situé à Marsilly près de la Rochelle lors de la reprise, le chantier est désormais établi à La Boissière-des-Landes sur 800 mètres carrés au sud de la Roche-sur-Yon. « Ce sont des bâtiments provisoires peu adaptés à nos conditions de fabrication. Nous avions prévu de déménager en 2020 mais l’entreprise occupant les locaux a tardé à les libérer ».

seol 27 chantier Franck Roy

le bureau d’études planche sur un canot à moteur de 8.20 m © Franck Roy

L’équipe reste mobilisée autour des objectifs fixés par le nouveau dirigeant. La numérisation des plans a été réalisée et l’industrialisation de la production a commencé avec le pré-assemblage des câbles électriques des bateaux. La société s’est recentrée sur les voiliers à valeur ajoutée, la gamme Morgann et la gamme Solenn, des day boats et de croisière côtière, de 4 à 13 m. Le nouveau bureau d’études s’active aussi pour développer un nouveau modèle de canot à moteur. Le Seol 27 (8,20m), grand frère du Seol 18 sorti du chantier en 2004, devrait voir le jour dès qu’un acquéreur signera la première commande. Romuald Tuffery espère pouvoir présenter ses bateaux au prochain grand Pavois de la Rochelle. Il dispose de trois mois pour valider son plan de redressement et obtenir une période d’observation d’un an pour pérenniser l’entreprise.