Couverture du journal du 16/02/2024 Le magazine de la semaine

Ride : « Notre fil rouge, c’est la résilience industrielle »

La deuxième édition de Ride (Rencontres pour une industrie durable et écoresponsable), dont IJ est partenaire, se tiendra au Palais des congrès de La Baule le 20 septembre. Laurent Manach, DG du Pôle EMC2, organisateur de l’événement, en dévoile les grands axes et les temps forts.

Laurent Manach, Pôle EMC2, Ride, Industrie écoresponsable

Laurent Manach, DG d'EMC2. Le pôle de compétitivité organise sa deuxième édition de Ride le 20 septembre 2023 à La Baule. ©Benjamin Lachenal

EMC2 organise la deuxième édition de Ride. Pouvez-vous revenir sur la raison d’être de cet événement ?

Ride, ce n’est pas un concept, mais la conséquence d’un constat que l’on a pu faire en fonction de ce qu’on venait nous dire au pôle EMC2, qui accompagne les acteurs industriels dans leurs projets d’innovation et de transformation depuis 2005. Et ce constat, c’est que beaucoup d’industriels étaient inquiets, notamment en 2020 au moment du Covid, parce qu’on a beaucoup tiré sur l’industrie. Elle était alors considérée comme la source de tous les maux, alors que notre credo, c’est que c’est l’industrie qui façonne l’économie. On fait face à une vision manichéenne selon laquelle l’industrie c’est blanc ou c’est noir. Avec aussi un paradoxe dans l’esprit des gens : on dit qu’il faut relocaliser, mais en même temps on a le Zéro artificialisation nette. Du coup, où met-on les usines ? C’est comme ça que l’on a sorti en juin 2020 le Manifeste pour une industrie écoresponsable autour de cinq axes : sobre et écologique, centrée sur l’humain, efficiente et innovante, collaborative et solidaire et, enfin, stratégique et souveraine. Ces axes, on y travaille au quotidien dans le pôle, et Ride c’est aussi l’occasion de mettre tout cela en musique.

Quelle est la thématique de cette deuxième édition ?

Le fil rouge cette année c’est “la résilience industrielle, nouveau paradigme de la transformation des entreprises“. On vit un chapelet de crises, mais nous on part du principe que de toute façon les crises ne vont jamais s’arrêter et qu’une entreprise aujourd’hui qui veut se projeter doit se dire qu’elle va être confrontée à des crises de plus en plus importantes. Et donc notre objectif, c’est qu’elles n’attendent pas que les crises passent pour entrer en mouvement. Il faut un objectif à long terme car c’est lui qui va permettre de revoir son modèle.

Quels sont vos objectifs à travers cet événement ?

Nous en avons trois. D’abord, nous voulons aider les participants à comprendre les enjeux de l’industrie écoresponsable. Il y a tellement de choses qui sont dites, qui vont dans tous les sens, qu’il est important de prendre position. Il y a en particulier un discours qui s’est radicalisé autour de la décarbonation et de la décroissance. Or, cette radicalité relève pour moi plus du marketing. Ride et donc EMC2 veulent continuer de faire de l’industrie, en France. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut préserver les limites planétaires, et sur le fait de devoir tenir compte des urgences telles qu’elles sont présentées aujourd’hui, et de repenser tout le modèle. En revanche, on n’est pas à l’heure actuelle pour la décroissance. Je ne dis pas qu’il ne faudra pas y aller, mais ce que nous proposons aujourd’hui c’est plutôt un modèle où l’industrie va être plus vertueuse.

Ensuite, notre deuxième objectif avec Ride c’est de favoriser les échanges de bonnes pratiques. L’idée, c’est que les industriels puissent présenter leurs façons de faire, leurs réussites, voire échanger sur leurs échecs.

Enfin, nous proposons aux participants d’identifier les solutions réalistes pour devenir écoresponsables. Et pour ce faire, nous voulons donner la possibilité à des entreprises intervenant sur de nouveaux champs de se présenter aux industriels. Parmi celles-ci, il y a par exemple celles qui font de l’analyse de cycle de vie en pensant carbone. Le rôle du pôle EMC2 depuis sa création, c’est d’être un traducteur : entre l’industrie et le monde académique, entre différentes filières, diverses technologies. Et là, on veut continuer en se positionnant entre la nouvelle industrie et l’industrie traditionnelle.

Finalement, l’objectif est de permettre aux industriels de s’interroger : « Est-ce que mon modèle à moi est en péril ? Est-ce qu’il faut que je change de modèle ? Et par quoi je commence ? » Et pour cela, on leur propose un parcours.

De quelle manière cela va-t-il se traduire ?

Avec des conférences, interviews et tables rondes pour s’informer, s’inspirer, confronter les points de vue. Et une nouveauté cette année : on va réserver un temps de questions/réponses à l’issue des tables-rondes.

Le parcours passe aussi par un espace d’exposition où les exposants vont pouvoir valoriser leurs solutions auprès des participants et des maîtres d’œuvres industriels. Il y aura également quatre ateliers thématiques interactifs d’une vingtaine de minutes afin de donner des clés concrètes. Le Cetim présentera par exemple sa plateforme d’accélération technologique Quatrium, EDF va faire un atelier sur la décarbonation et Daher interviendra sur la thématique “comment travailler avec des start-up“.

Enfin, on n’oublie pas dans le parcours des temps de pause et de networking pour échanger et élargir son réseau !

 Quels vont être les temps forts de cette édition ?

Durant la première partie de la matinée, on s’intéressera notamment aux néo-industriels à l’occasion d’une table-ronde. Puis Éric Berger, référent Industrie du Shift Project [1] , interviendra dans une keynote sur le thème “Comment repenser les modèles face aux limites planétaires ?“, avec cette notion de Rubik’s Cube où il faut réussir à aligner les différentes faces que sont la décarbonation, la rentabilité, l’attractivité pour les jeunes…

En début d’après-midi, notre grand témoin Louis Gallois interviendra sur le sujet « L’industrie est-elle un problème ou une solution ? », un temps fort qui sera enrichi du regard d’étudiants de l’Icam.

Puis on fera parler des personnes qui ont commencé à entrer en mouvement. Avec deux grandes thématiques : d’abord la RSE au sein d’un grand groupe qui peut aussi intéresser les plus petites entreprises. Et ensuite nous ferons un focus sur les partenaires de la mise en mouvement, afin de montrer que les entreprises ne sont pas seules.

 

[1] Association loi 1901 qui cherche à éclairer et influencer le débat sur la transition énergétique en se positionnant en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone.