Couverture du journal du 16/02/2024 Le magazine de la semaine

[ Rencontre avec ] Mélanie Josse, managing partner chez BDO Avocats : « Il y a une solution à tout »

Managing partner chez BDO Avocats pour la région Atlantique (11 bureaux), Mélanie Josse dirige les bureaux de la Roche-sur-Yon (22 personnes) et plus récemment de Vertou (2 personnes), a en charge la direction métier Juridique & fiscal ainsi que la gestion du juridique interne (intégration des nouvelles filiales) au niveau du groupe. L’avocate gère parallèlement un portefeuille clients de grosses PME et d’ETI en les accompagnant dans leurs opérations de développement. Autant de casquettes que cette passionnée du droit porte avec bonheur…

Mélanie JOSSE, BDO Avocats

Mélanie JOSSE, managing partner chez BDO Avocats - ©Benjamin Lachenal

Quelle est votre météo du jour ?

Beau temps ! On entend parler des difficultés des entreprises car on a une partie de notre activité liée aux procédures collectives. Pour autant, nos clients, eux, vont plutôt bien. Il y a aujourd’hui une différence entre le ressenti, avec beaucoup d’inquiétude, et la réalité des chiffres. Et quand c’est plus difficile pour eux, on essaie d’être présents et de trouver des solutions. Quant à nous, nous avons de l’activité, de nouveaux bureaux tout neufs depuis cet été et plein de naissances dans l’équipe !

Vous êtes plutôt du matin ou du soir ?

Du soir ! Je n’aime pas trop me lever le matin et j’aime bien travailler quand il n’y a plus personne au bureau. Je peux me concentrer sur les dossiers, c’est mon moment de calme !

Votre devise au bureau ?

Il y a toujours une solution à tout. Je dis souvent aux équipes : « On va y arriver ! » Ce qui est important, c’est de connaître la finalité pour le client, ensuite c’est à nous de trouver la solution, le montage, la négociation qui va permettre d’arriver à ce qu’il souhaite.

Avez-vous un rituel au travail ?

On a la chance d’être encore une petite équipe, donc on essaie le plus souvent possible de déjeuner tous ensemble. C’est rare que tout le monde soit là, mais on est facilement une dizaine. Il n’y a pas de barrières de hiérarchie, on déjeune avec les assistantes, les stagiaires. C’est le moment de pause où l’on va parler d’autre chose, s’intéresser à la vie de chacun. C’est ce qui permet de garder de la convivialité.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre activité ?

Comme avocate, c’est la gestion des négociations. J’aime faire en sorte que les affaires aillent jusqu’au bout, trouver la solution pour que toutes les parties soient satisfaites. Et j’aime beaucoup la relation client. Et sur la partie interne, j’aime bien tout ce qui est organisation, gestion, développement, arriver à avoir une vision de notre métier et mettre les bonnes personnes aux bons endroits.

Et du côté des moins ?

La gestion du temps, cet impératif d’immédiateté, les sollicitations multiples entre les mails, les SMS, les appels… ça devient difficile à gérer parfois. On a pris l’habitude de vouloir toujours aller plus vite, on a l’impression que tout est devenu urgent, alors qu’en droit des affaires, des vraies urgences, il n’y en a pas tant que ça en fait… Et puis l’agacement du moment, ce sont les nouvelles procédures du guichet unique qui ne fonctionne pas et qui ne nous facilite pas la vie.

Mélanie JOSSE, BDO Avocats

©Benjamin Lachenal

Quelle est votre regard sur le métier d’avocat ?

Il y a plusieurs métiers dans le métier d’avocat. Même quand on fait du droit des affaires, il y a ceux qui font du conseil et ceux qui font de l’activité judiciaire. Nous, on a la chance que nos clients viennent nous voir pour des projets positifs et on les suit sur une très longue durée, on suit l’évolution des entreprises, des salariés et de la vie personnelle des dirigeants. Après, ce qui nous rassemble, c’est que l’on est un métier en pleine mutation sur la digitalisation, avec des outils qui nous simplifient la vie mais qui viennent aussi concurrencer une partie de notre activité. Et puis le droit reste une matière très vivante, avec de nouveaux métiers, de nouveaux secteurs juridiques. Ce qui implique à la fois des opportunités et une nécessité d’adaptation très importante.

Quelle est l’idée reçue attachée à votre métier qui vous agace le plus ?

L’idée que pour faire du droit, il faut tout apprendre par cœur ! Et puis, on nous dit souvent qu’avec les avocats tout est compliqué et qu’on voit des problèmes là où il n’y en a pas. Alors que justement, je pense qu’on est là pour trouver des solutions, pas pour complexifier. Le droit reste une matière compliquée, mais vraiment notre but est de faire en sorte que le client comprenne ce qu’on lui explique, ce qu’il signe !

Quel a été le moment le plus « chaud » de votre carrière ?

Ça arrive d’avoir des négociations très compliquées. Quand il y a des enjeux financiers importants, on peut se retrouver dans des situations difficiles, comme lors des conflits entre associés où l’on peut retrouver les aspects irrationnels et affectifs que les avocats ont à gérer dans les divorces. On doit parfois leur rappeler de ne pas mettre en péril l’entreprise.

Et celui qui vous a le plus enthousiasmé ?

Quand le premier client que j’ai suivi comme collaboratrice a cédé son entreprise. Il avait fait beaucoup d’acquisitions, j’avais participé à l’introduction en bourse de la société… J’avais appris énormément avec ce client et c’était une page qui se tournait.

La marque employeur, qu’est-ce que cela évoque pour vous ?

BDO est une entreprise à mission et on a une toute nouvelle marque employeur qui a été dévoilée en décembre : « Passionnément engagés ». Ça a beaucoup d’écho en moi car j’adore mon métier et on est engagés avec nos équipes, auprès de nos clients. Je trouve donc que ça nous définit bien.

Quel manager êtes-vous ?

Je pense que je suis exigeante. Je tiens à ce que l’on fasse un travail de qualité, que l’on soit vraiment performants dans notre domaine, rigoureux aussi. Et je sais qu’elles – car ce sont toutes des femmes qui travaillent avec moi – en ont la capacité. De manière générale, je pousse tout le monde à faire plus.

Mélanie JOSSE, BDO Avocats

©Benjamin Lachenal

Que mettez-vous derrière le mot « réussite » ?

Je considère qu’on a réussi quand les chiffres sont là. Même s’il n’y a pas que ça, c’est un indicateur, ça veut dire que le bureau s’est développé, ça nous permet d’embaucher plus de personnes, de développer de nouvelles activités. D’avoir les moyens de nos ambitions, tout simplement.

Quelles sont, selon vous, les trois plus grandes qualités d’un chef d’entreprise ?

En premier, je dirais optimiste, car on sait qu’il y aura des jours difficiles donc c’est bien de voir les choses du bon côté. Déterminé aussi, savoir ce que l’on veut et y mettre les moyens. Et enfin je dirais à l’écoute : des clients, des salariés, des fournisseurs, des conseils. Et ça vaut pour moi aussi !

À quoi aimeriez-vous que votre cabinet ressemble en 2033 ?

On est deux fois plus nombreux, on a développé de nouveaux secteurs d’activité et les collaborateurs ont en partie pris le relai.

Quel est votre chantier du moment ?

L’organisation du métier juridique chez BDO. C’est un gros chantier : on est 91 avocats et juristes sur la France, avec pour l’instant pas forcément les mêmes outils de travail, les mêmes process. Le but c’est donc d’harmoniser tout cela, pour mieux répondre à la fois aux besoins des clients, aux attentes des collaborateurs et continuer de se développer.

Êtes-vous réseaux ?

Je suis administratrice du Réseau Entreprendre depuis cinq ans. Ce qui me plaît dans ce réseau c’est son engagement auprès des entrepreneurs. Ça m’a aussi apporté beaucoup. Je m’occupe des comités d’engagement, donc je vois plein de projets, ce qui m’apporte une autre vision.

Quel est le mot ou l’expression que vous préférez ?

J’aime bien que les choses soient justes.

Et celui (ou celle) que vous détestez ?

Je n’aime pas qu’on me dise que ce n’est pas possible.

Quand vous étiez enfant, quelles étaient les activités que vous préfériez ?

Les activités manuelles. J’adorais dessiner, faire des bricolages…

Avez-vous une passion en-dehors de votre métier ?

J’adore la randonnée. Mes grands-parents ont une maison dans les Hautes-Pyrénées et j’y passais toutes mes vacances, été comme hiver, quand j’étais enfant. Je m’y sens chez moi. La randonnée permet une déconnexion totale, ça me fait du bien. Pour la première fois cet été j’ai même coupé la consultation de mes mails et n’ai pas pris d’appels pendant une semaine ! Et j’adore aussi la couture. Je couds pas mal de mes vêtements, j’aime le côté créatif, faire quelque chose de mes mains quand, dans mon métier, on ne fonctionne qu’avec la tête.

Et si vous deviez choisir entre un livre, un film, une expo ou un concert ?

Un livre, sans hésiter. Le dernier que j’ai lu c’est la biographie de Grand corps malade. J’aime bien l’artiste et je trouve son parcours de vie intéressant.

Mélanie Josse en 5 dates

  • 2004 : Premier stage en droit des affaires. C’est le coup de foudre pour le métier
  • 2008 : Prestation de serment
  • Janvier 2014 : Associée au cabinet Parthema
  • Janvier 2018 : Création du cabinet Lexaw
  • Juillet 2020 : Entrée dans le groupe BDO (1 800 collaborateurs)

Annonces légales

Vos annonces légales au meilleur prix dans toute la France.

Je publie mon annonce légale