Couverture du journal du 21/01/2022 Consulter le journal

Quelle région à l’horizon 2050 ?

Le nouveau Schéma régional d’aménagement de développement durable et d’égalité du territoire (SRADDET) a été voté mi-décembre par le Conseil régional. Il s’agit du plan de bataille de la Région pour construire les Pays de la Loire de demain.

Christelle Morançais, présidente de la Région et Maurice Perrion

Christelle Morançais, présidente de la Région et Maurice Perrion © D.R.

Préparer dès aujourd’hui les Pays de la Loire à l’horizon 2050 en se posant les bonnes questions en termes d’aménagement, de mobilité et d’environnement, voilà l’ambition du SRADDET des Pays de la Loire, voté les 16 et 17 décembre par le Conseil régional. « Face aux défis des transitions démographique, écologique et numérique, le modèle ligérien doit en effet s’adapter tout en préservant son ADN, confirme Christelle Morançais, présidente de la Région. Pour s’y préparer, la Région a élaboré le SRADDET en concertation avec l’ensemble des acteurs locaux du territoire. »

Lancée en décembre 2016, l’élaboration du SRADDET a effectivement fait l’objet d’une large concertation, avec près de 4 650 contributions. Celle-ci a permis d’appréhender des sujets transversaux et de favoriser la co-construction du schéma. Ce dernier met d’ailleurs plusieurs priorités en avant afin de définir une stratégie collective : « Les échanges internationaux, le maintien de l’équilibre régional, le changement climatique, le système productif et les ressources naturelles et patrimoniales. » Cette stratégie s’articule autour de deux axes majeurs : conjuguer attractivité et équilibre des Pays de la Loire d’une part, et réussir la transition écologique en préservant les identités territoriales d’autre part.

Véritable feuille de route d’aménagement et de planification régional, le SRADDET oriente les documents majeurs des intercommunalités puisqu’il s’applique aux schémas de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme, cartes communales, plans climat air énergie territoriaux , plans de déplacement urbain, plan régional de prévention et de gestion des déchets…

DEUX PARCS ÉOLIENS MARINS EN PROJET

Concernant l’environnement, l’objectif est de faire des Pays de la Loire une région à énergie positive à l’horizon 2050, en s’appuyant sur les énergies renouvelables et de récupération.

Pas étonnant quand on sait que les deux tiers de notre consommation énergétique actuelle sont d’origine fossile. Les ambitions par filière sont les suivantes : 21,9 % pour le biogaz ; 15 % pour le bois ; 3,9 % pour les déchets ; 8,6% pour les pompes à chaleur ; 1,3 % pour le solaire thermique ; 11,2 % pour la solaire photovoltaïque ; 12,9 % pour l’éolien terrestre ; 25,3 % pour l’éolien marin ; et 0,1 % pour l’hydro-électricité. Pour atteindre cet objectif, la construction de deux grands parcs éoliens a débuté au large de Saint-Nazaire et entre l’île d’Yeu et Noirmoutier. Pour le premier, le parc sera en théorie mis en service fin 2022, et pour le second, la livraison est prévue fin 2024.

Pour s’adapter au changement climatique auquel la Région est particulièrement vulnérable (+ 1,2 à +1,8°C au cours des six dernières décennies, + 3,2 mm par an pour le niveau de la mer entre 1993 et 2014), le SRADDET prévoit aussi de faire évoluer les pratiques d’urbanisme, d’adapter les pratiques agricoles et de gestion forestière et développer les outils de gestion du trait de côte.

Toujours au chapitre environnement, l’eau s’apprête à devenir une grande cause régionale. Avec seulement 11 % des cours d’eau de la région en bon état écologique, la ressource en eau est globalement dégradée. La restauration de sa qualité et la préservation de la biodiversité figurent en toute logique parmi les priorités du SRADDET. S’ajoute à cela la diminution de la quantité d’eau disponible en raison du changement climatique, qui nécessite une meilleure gestion des ressources.

« L’objectif est d’atteindre 61 % des masses d’eau en bon état à horizon 2027 et 100 % de protection des captages d’eau potable par un périmètre de protection de captage (PPC) », précise Maurice Perrion, vice-président à l’aménagement. Pour cela, il s’agit de lutter contre la dégradation des milieux aquatiques et les pollutions diffuses.

Pour ce qui est des déchets, la priorité sera de réduire de moitié le gaspillage alimentaire. Autre objectif à l’horizon 2025 : recycler les deux tiers de nos déchets et 100 % des emballages en plastique. Cela passera par la mise en œuvre d’une gestion en quatre étapes : réduction, réemploi, réutilisation, recyclage. « Un objectif qui implique également de développer l’économie circulaire pour aménager durablement la région et économiser les ressources », ajoute l’élu.

Les mobilités durables sont elles aussi bien au centre du versant écologique du SRADDET puisque l’usage de l’automobile dans la région est plus important qu’au niveau national (78 % des déplacements domicile-travail). « L’ambition est donc d’encourager le recours aux transports collectifs et d’accompagner le développement des motorisations alternatives comme l’électrique, le Bio-GNV et l’hydrogène », poursuit Maurice Perrion. Le SRADDET y répond en fixant plusieurs objectifs : développer les transports collectifs et l’usage du vélo pour qu’ils atteignent respectivement 15 % de part modale en 2050, et renforcer la pratique du covoiturage pour arriver à 7 % de part modale d’ici 2050 (1 % aujourd’hui). D’autre part, il est aussi envisagé de développer la logistique fluviale et ferroviaire comme alternative à la route.

800 000 HABITANTS EN PLUS D’ICI 2050

Confrontés aux défis de l’accueil de 800 000 habitants supplémentaires à l’horizon 2050, l’équilibre des territoires est un enjeu majeur pour les Pays de la Loire. Le SRADDET l’a bien identifié et il semble donc impératif de trouver l’équilibre entre la façade ouest littorale, où se concentre la dynamique démographique et économique, et d’autres parties du territoire en recul démographique, à l’est et à la périphérie de la région. « Il faudra également maintenir les équilibres urbains, notamment en redynamisant les villes petites et moyennes, ainsi que les espaces ruraux pour résorber la fracture territoriale », rappelle l’élu régional.

Cet enjeu autour de la démographie est forcément à mettre en relation avec l’artificialisation des sols car la région est la 4e plus artificialisée de France, avec un taux de 11,8 % (9,3 % sur le plan national). La gestion économe du foncier est donc un enjeu majeur pour la région, en particulier pour lutter contre l’étalement urbain et la dévitalisation des centres-bourgs. « Et ce d’autant que la région demeure un territoire rural où l’artificialisation se fait souvent au détriment des terres agricoles », ajoute Maurice Perrion.

Par conséquent, le SRADDET a l’objectif de tendre vers le zéro artificialisation nette des sols en limitant la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et en priorisant l’implantation de l’habitat et des activités au sein de l’enveloppe urbaine et en favorisant la renaturation des espaces urbanisés. « Un objectif qui implique également de protéger les zones à forts enjeux agricoles et de promouvoir un modèle agricole diversifié », poursuit l’élu.

DEUX NOUVEAUX PONTS SUR LA LOIRE

Côté nouvelles infrastructures, le SRADDET prévoit la création de deux nouveaux ponts sur la Loire, au sud-ouest de Nantes et Ancenis. Il y a également d’importants projets d’infrastructures routières entre Blain-Ancenis et la Vendée, mais aussi entre Fontenay-le-Comte et Luçon. Des lignes ferroviaires seront également modernisées entre Alençon et Le Mans, Sablé et Château-Gontier, Angers et Cholet, Nantes et Redon…