Couverture du journal du 30/07/2021 Consulter le journal

Grands projets pour la Route de Vannes

La Route de Vannes, 2,5km, premier pôle commercial de l’agglomération nantaise, avec 128 000 m² de surfaces de vente, doit engager sa mue. C’est la volonté de Nantes Métropole qui a décidé de planifier son renouvellement urbain avec une plus grande mixité des usages.

(De gauche à droite) : Jean-Sébastien GUITTON et Dominique VIGNAUD (maire et adjointe au maire d’Orvault), Pascal PRAS (vice-président de Nantes Métropole, en charge des projets urbains), Bertrand AFFILÉ et Jérôme SULIM (maire et adjoint au maire de Saint-Herblain)

(De gauche à droite) : Jean-Sébastien GUITTON et Dominique VIGNAUD (maire et adjointe au maire d’Orvault), Pascal PRAS (vice-président de Nantes Métropole, en charge des projets urbains), Bertrand AFFILÉ et Jérôme SULIM (maire et adjoint au maire de Saint-Herblain) © IJ

L’objectif est fixé à 2030-2035, mais le coup d’envoi de cette mutation a eu lieu le 30 juin dernier salle de l’Odyssée à Orvault, avec une première réunion publique de lancement de la concertation où élus et techniciens ont présenté le constat et lancé la discussion devant les habitants, les commerçants et usagers de la Route de Vannes. «La métropole est engagée aux côtés des deux communes de Saint-Herblain et Orvault sur l’évolution et l’avenir de cet axe important. C’est une entrée de ville majeure, une route qui pénètre à l’intérieur de notre espace urbain et le secteur qui nous intéresse représente un territoire de 65ha. C’est une polarité commerciale avec la succession de nombreux magasins le long de l’axe très routier qui conduisait vers la Bretagne. L’enseigne Record avait été le premier supermarché nantais, installé à l’emplacement de l’actuel Auchan», rappelle Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole, en charge de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable.

« Développer habitat et espace public »

«Il y a un enjeu majeur à accompagner ce renouvellement, à redessiner ce paysage urbain, à retravailler la place de la nature sur cet axe et ces percées. Aujourd’hui, une phase d’étude importante a été engagée. Un premier cadre urbain commence à se dessiner. Il est important de confronter ce premier cadre avec les habitants du territoire. C’est un ensemble d’éléments de réflexion qui portent un projet et donnent un certain nombre de guides et de cadres pour recréer un territoire dynamique. On retrouvera bien sûr la présence du commerce, mais peut-être faut-il réfléchir à son regroupement et à sa réorganisation le long de cet axe. C’est aussi la place du logement et de l’habitat qui s’y est déjà développé ici et là mais que l’on souhaite conduire de manière plus réfléchie, de manière à faire couture entre la ville d’Orvault et celle de Saint-Herblain, entre les quartiers qui sont sur les rives de cette voie. C’est redévelopper de l’espace public, des équipements, en faire un lieu de vie. C’est travailler sur une qualité de vie au quotidien, développer des mobilités douces, ramener de la biodiversité», prévient Pascal Pras.

« Une frontière »

« La Route de Vannes tourne le dos à Saint-Herblain. La construction de la ville s’est faite en tournant le dos aux enseignes commerciales déjà installées. La Route de Vannes s’est imposée comme une frontière. On a rarement pensé aux piétons. Et l’un des enjeux pour nous va être de concilier l’ensemble des modes de déplacement sur cet axe, en permettant aux voitures de passer mais avec beaucoup moins de places de stationnement. Nous avons l’ambition d’y faire circuler d’autres modes de transport, notamment un transport en commun structurant avec un bus à haut niveau de service qui irait jusqu’à Sautron. Il faut des vélos et des piétons dans des conditions optimales de circulation, alors que l’on possède peu de foncier sur cet axe. Il faudra coordonner ce que feront les propriétaires fonciers de leur bien en fixant un certain nombre de contraintes pour élargir l’espace public là où l’on en aura besoin et organiser les choses pour pacifier l’ensemble», souligne Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain et vice président de la métropole, en charge des stratégies de mobilité et des déplacements.

« Choisir pour ne pas subir »

Partant du principe que «l’enjeu c’est de choisir pour ne pas subir», Jean-Sébastien Guitton, maire d’Orvault et vice-président de la métropole, pointe du doigt quelques opérations de promotion immobilières déjà intervenues ponctuellement en dehors d’un schéma d’ensemble. «Globalement, on ne vit pas avec la Route de Vannes mais à côté. Son image, c’est un urbanisme très désorganisé et minéralisé. On n’a pas envie d’y vivre. On peut faire de la mixité. Nous proposons aux habitants de réfléchir comment et à quelles conditions cette mutation sera réussie», ajoute le maire d’Orvault. L’outil principal de ce renouvellement urbain sera un plan guide. «Il réunira un schéma d’aménagement global et un plan d’actions sur plusieurs années, afin d’anticiper et de choisir les transformations à venir», précise-t-on à Nantes Métropole. Son élaboration interviendra en 2022. Au préalable, les élus métropolitains et les maires ouvrent la concertation avec les citoyens, qu’ils soient acteurs économiques, commerçants, représentants d’associations, d’usagers ou habitants. Un atelier citoyen est en train de se mettre en place.

Jusqu’au 30 aout, les personnes souhaitant intégrer l’atelier citoyen peuvent s’inscrire sur http://dialoguecitoyen.metropole.nantes.fr/routedevannes. Le panel sera sélectionné en septembre.