Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

[ Pays de la Loire ] Bilan estival : les professionnels du tourisme partagés

L’été 2021 aura été meilleur que le précédent en termes de fréquentation dans les Pays de la Loire, pourtant marqués par une météo maussade et l’instauration du passe sanitaire. Mais ce qui inquiète le plus les professionnels de tous les secteurs concernés c’est bien la difficulté à recruter du personnel. Un phénomène qui risque de se poursuivre bien au-delà de la période estivale.

Tourisme urbain

La saison a été meilleure dans les hôtels urbains cet été. © I. J.

Une fréquentation satisfaisante ». C’est ce que révèle le baromètre de conjoncture touristique, établi par l’Observatoire Régional du Tourisme en collaboration avec les cinq agences et comités départementaux du tourisme. Pour les 1 400 professionnels interrogés, l’été 2021 s’avère meilleur que la saison 2020, avec une hausse conjointe du panier moyen et de la durée des séjours.

« Un constat positif qui doit néanmoins être nuancé, car le chiffre d’affaires de 67 % des autocaristes, de 54 % des restaurateurs et de 41 % des lieux de visite a baissé, parfois de façon considérable », indique l’Observatoire.

 

François Taillandier

François Taillandier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) des Pays de la Loire : « Une réflexion sur l’attractivité des métiers saisonniers devra être engagée » © I. J.

Les campings, grands gagnants

Après une saison difficile l’an dernier, les campings sont ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu, qu’ils soient situés sur le littoral ou en zone urbaine, retrouvant une fréquentation similaire à l’été 2019. Le succès est au rendez-vous également pour les gîtes ruraux et locations meublées, ainsi que les villages vacances, plus fréquentés qu’en 2020. « Le mois de septembre s’annonce aussi très bon », assure Hélène Barral, directrice de la fédération des Gîtes de France Vendée, « le taux d’occupation s’est situé entre 90 et 100 %, les Français ont largement compensé la baisse de 50 % de la clientèle étrangère. Mais, dans ce contexte incertain, nous ne pouvons pas encore nous projeter pour 2022 ». Tous secteurs confondus, la fréquentation touristique étrangère est en baisse, avec l’absence remarquée des Britanniques. Toutefois les Belges, les Néerlandais et les Allemands ont fait un retour.

Le boom du vélo

La météo instable, peu propice aux séjours sur la plage, a plutôt profité aux visites de sites, essentiellement sur le littoral et en ville. 44 % des établissements labellisés « Accueil Vélo », contre 32 % des établissements non labellisés, ont enregistré une meilleure fréquentation par rapport à l’été dernier.

La saison a été meilleure pour les hôtels urbains, très pénalisés en 2020. Mais 69 % n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité de 2019. Les professionnels ont mieux tiré leur épingle du jeu cet été en retrouvant même, pour six hôteliers sur dix, un niveau d’activité proche de l’été 2019. Malheureusement les hôteliers en milieu rural enregistrent une fréquentation toujours en baisse cet été.

Les restaurateurs ont eu plus de mal. « La mise en place du passe sanitaire a marqué une baisse notable de la fréquentation dans les cafés, bars et restaurants particulièrement pour la clientèle de moins de 35 ans », souligne Catherine Quérard, vice-présidente nationale et grand Ouest du Groupement national des indépendants (GNI) hôtellerie et restauration.

Un manque cruel de personnel

Dans ce secteur la question du recrutement apparaît cruciale. « Beaucoup de professionnels ont manqué de main-d’œuvre : serveurs, barmans, cuisiniers, plongeurs, employés d’étage. Les capacités d’accueil sont menacées. Dans mon restaurant, nous n’avons de disponibles que la moitié des tables et des chambres, en raison du manque d’employés de ménage. À l’avenir, une commu- nication d’avant saison devra s’adresser aux personnes en recherche d’emploi pour les inciter à travailler dans nos structures. Une réflexion sur l’attractivité des métiers saisonniers devra aussi être engagée. Le logement et les rémunérations semblent être les clés du problème. Une charte de confiance pour l’accueil du personnel saisonnier devra voir le jour », estime François Taillandier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) des Pays de la Loire.

Même constat pour Véronique Croué, présidente de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (tourisme social et solidaire) des Pays de la Loire. « Le fait marquant de cette saison post Covid est la problématique autour de la pénurie et du recrutement de personnel. Nous avons parfois dû annuler des séjours, faute de personnel qualifié. Cela a été le cas dans tous les corps de métiers, cuisiniers, animateurs… et également pour le personnel qualifié pour les centres de vacances destinés aux personnes en situation de handicap. »

La situation est la même au sein des autocaristes, toujours durement impactés par le défaut de clientèle en provenance des groupes et des voyages scolaires, qui ont vu partir une partie des conducteurs vers d’autres horizons. « Nous allons essayer d’apporter des réponses à la question de la tension sur certains métiers. Il n’est pas admissible que des restaurateurs ferment pour manque de personnel », promet Franck Louvrier, vice-président de la Région, en charge notamment des entreprises et du tourisme.

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