Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Menrec a déjà collecté 100 tonnes de menuiseries en fin de vie

Depuis son début d'activité en mars 2021, Menrec, la nouvelle structure dédiée au recyclage des menuiseries en fin de vie a déjà collecté 100 tonnes de menuiseries qui échappent ainsi à l'enfouissement.

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Menrec recycle les menuiseries en fin de vie pour éviter l'enfouissement de matériaux pouvant être recyclés ©Menrec

Encore considérées comme des déchets, les menuiseries en fin de vie font aujourd’hui généralement l’objet d’enfouissement dans les carrières alors qu’elles représentent une source importante de nouvelles matières premières et d’économies de carbone. Tout comme le verre, recyclable à l’infini et dont la matière première, le sable sera bientôt interdit d’extraction.

C’est de ce constat qu’est né en décembre 2020 Menrec, une nouvelle organisation pour la collecte le tri et la valorisation des menuiseries en fin de vie. Créée par quatre sociétés familiales du grand Ouest : Atlantem, filiale menuiserie du groupe vendéen Herige (85), Fénétrea, fabricant de fenêtre basé au Beignon dans le Morbihan (56), Riou Glass, fabricant de vitrages plat basé aux Herbiers (85) et TB Bohelay, société de transport spécialisée dans la logistique du recyclage basé à Baud (56), Menrec est une SAS indépendante détenue à part égale par les quatre co-fondateurs. Présidée par Adrien Bohelay, Menrec est implanté sur 1 000 m2 à Saint-Allouestre, dans le Morbihan (56). Une situation géographique centrale pour la collecte dans le Grand Ouest. La première structure du genre en France dessert la Bretagne et les départements limitrophes (44, 50 et 53). Son activité a débuté au 1er mars 2021. Elle s’inscrit dans les objectifs fixés par la Loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC).

Menrec cabinet Verley

Les quatre co-fondateurs de Menrec lors du lancement en décembre 2020 ©Cabinet Verley

En trois mois, 40 entreprises ont adhéré au dispositif Menrec

Reste à convaincre les installateurs de faire appel à ses services en leur proposant une solution clé en main en matière de collecte et de démantèlement de menuiseries en fin de vie, sans surcoût par rapport à la situation actuelle (150 euros la tonne). A ce jour, 40 entreprises ont accepté d’y recourir. 100 tonnes ont déjà été collectées équivalant à 2 500 menuiseries. Elles sont pour l’instant triées par matière (PVC, bois, alu et verre) par TB recyclage, filiale du groupe Bohelay, qui dispose d’un centre de traitement des déchets à Saint-Allouestre. Menrec attend la livraison de sa ligne de démantèlement, de 100 bennes et de 500 racks, spécialement conçus pour collecter et trier les menuiseries. L’investissement de 4 M€ a été financé pour partie par l’Ademe à hauteur d’1 M€. Menrec se donne pour objectif de collecter 15 000 menuiseries d’ici la fin de l’année puis 50 000 l’an prochain. L’ambition en 2025 est d’atteindre entre 200 000 et 300 000 menuiseries collectées et valorisées. « 10 millions de menuiseries sont fabriquées chaque année en France, 1/3 pour le neuf, 2/3 pour la rénovation. 90 % d’entre elles partent à l’enfouissement dans des carrières, en particulier celles en bois (100%) et en PVC (80%). L’aluminium est généralement réutilisé, précisent Dominique Lamballe, président de Fenêtréa et Bruno Cadudal, directeur général d’Atlantem Industries (56), à l’initiative du projet. Atlantem produit, chaque année, 130 000 menuiseries fenêtres porte et portails, et  Fenêtréa, 180 000.

Menrec vise 10 créations de poste en 2022

Menrec met à disposition des installateurs (artisans, menuisiers, réseaux de fenêtriers…) un rack ou une benne. Lorsque le contenant est plein, le professionnel en informe la société via un formulaire d’enlèvement disponible sur son compte client sur www.menrec.fr. Un camion plateau vient collecter les racks et les bennes. Les « déchets » sont acheminés vers l’unité de démantèlement, dissociés puis stockés sur une plateforme de 1 000 m2. Chaque matériau (PVC, alu, bois et vitrage) est ensuite envoyé dans les centres de recyclage spécialisés pour être réintroduit dans les procédés de fabrication des gammistes qui produisent les profilés en PVC ou en alu et des miroitiers, spécialistes de la menuiserie.
Seul le bois n’est pas réutilisé dans les process de fabrication des industriels de la menuiserie car la matière première a reçu divers traitements qui la rende trop cher à recycler. Le bois est donc utilisé comme énergie..

Menrec emploie pour l’instant deux salariés permanents et prévoit une dizaine de création de postes d’ici la fin 2022 en fonction de la montée en puissance du dispositif. L’activité devrait croître fortement avec l’entrée en application en 2022 du principe de responsabilité élargie du producteur (Rep), inscrite dans la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (Agec).

La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Agec) du 10 février 2020 prévoit la mise en place d’une filière REP pour les déchets du bâtiment à compter du 1er janvier 2022. Les filières REP sont des dispositifs particuliers d’organisation de la prévention et de la gestion de déchets, qui concernent certains types de produits. Ils reposent sur le principe de responsabilité élargie du producteur, reconnu dans la directive-cadre européenne sur les déchets, selon lequel les personnes responsables de la mise sur le marché des produits peuvent être rendus responsables d’assurer la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie.