Couverture du journal du 12/08/2022 Consulter le journal

Manque de logements : un plan en faveur des actifs

Parce que le manque de logements en Vendée est un véritable frein à l’emploi, le Conseil départemental lance un plan en faveur des actifs. Objectif ? Construire 400 logements par an (contre 250 aujourd’hui), expérimenter de nouvelles formes d'habitats et doubler le nombre de logements en bail réel solidaire. Une enveloppe de 30 M€ est prévue.

Vendée logement

Via ce plan logement en faveur des actifs, le Conseil départemental de Vendée entend accélérer la production de logements, notamment dans les ruralités. © A. Lamoureux/Vendée Expansion - droits réservés - www.vendee-tourisme.com

D’emblée un constat s’impose. Victime de son succès, le département de la Vendée doit faire face à une pénurie de logements. « Ce phénomène n’est pas nouveau mais il s’est accentué, notamment depuis la crise sanitaire et le premier confinement », observe Valentin Josse, président de la commission urbanisme, habitat et aménagement du territoire au sein du Conseil départemental. Celui qui est aussi maire de Mouilleron-Saint-Germain (une commune de moins de 2 000 habitants) évoque notamment la situation de sa commune : « Plus de 90 maisons n’avaient pas d’acquéreur avant le Covid. Aujourd’hui, nous n’avons plus un seul bien disponible. Un cas qui ne fait pas exception. La zone littorale, l’agglomération de La Roche-sur-Yon, Montaigu, Les Herbiers étaient déjà des secteurs extrêmement tendus. Aujourd’hui, nous observons une génération de la tension du logement sur l’ensemble de territoire vendéen. »

UN CRI D’ALARME DES ENTREPRISES VENDÉENNES

Cette situation immobilière n’est pas sans conséquence sur le tissu économique. « Nous avons entendu le cri d’alarme des entreprises vendéennes et des intercommunalités sur la difficulté de recruter », poursuit-il. Et d’ajouter : « Il fallait envoyer un signe fort. » Car si 57 % des logements de Vendée Habitat, le principal bailleur social du département (avec un parc de 18 000 unités), sont déjà destinés aux salariés vendéens, Valentin Josse reconnaît que ce n’est pas suffisant.

Si pour l’heure les besoins réels en matière de logement n’ont pas été quantifiés, le Conseil départemental a décidé d’agir en adoptant lors de la session du 30 juin dernier un plan en faveur du logement des actifs. « Quand bien même le contexte économique est incertain, ce qui pourrait avoir des incidences sur les recrutements, nous tablons sur un développement à venir. »

« ŒUVRER SUR TOUT LE TERRITOIRE, NOTAMMENT DANS LES RURALITÉS »

Objectifs ? Faciliter l’arrivée de nouveaux salariés et la mobilité professionnelle dans le département. Ainsi, des actions vont être déployées pour faciliter les parcours résidentiels en Vendée. À travers une convention d’une durée de cinq ans, le Département donne ainsi à Vendée Habitat les moyens financiers d’augmenter significativement la production de logements afin de développer l’offre sur le territoire, tant en location qu’en accession, tant dans le neuf que dans l’ancien. Concrètement, le nombre de logements construits par le bailleur passera de 250 à 400 par an. « L’idée n’est pas de se focaliser sur les zones tendues, les zones économiques et les grands centres urbains mais d’œuvrer sur tout le territoire, notamment investir dans les ruralités. »

« Près de 72 % des actifs vendéens étant éligibles à l’obtention d’un logement social », d’après Valentin Josse, le Département souhaite également « faciliter l’accès à un foncier abordable ». Le plan prévoit donc un doublement du nombre de logements en bail réel solidaire (BRS), de 50 à 100 logements bâtis chaque année. Ce dispositif permet aux foyers les plus modestes d’accéder à la propriété à moindre coût en achetant un logement mais pas son terrain. « En contre-partie, le bénéficiaire règle chaque mois une redevance de 60 € par mois. » De quoi agir sur la spéculation foncière dans les zones tendues. Pour les actifs dont les revenus dépassent les plafonds du logement social, Vendée Habitat développera également une offre de logements non conventionnés, à destination directe des salariés ou d’entreprises locataires qui pourront les réserver pour leurs salariés.

DE NOUVELLES FORMES D’HABITAT

Dans la convention qui sera signée « fin septembre ou début octobre », le Département invite également Vendée Habitat à développer de nouvelles formes d’habitat, pour répondre notamment à « la forte demande de saisonniers ». Autre public ciblé : les salariés en mobilité, les jeunes travailleurs, les salariés en formation ou encore les actifs en déplacement professionnel. Il est donc prévu d’installer des résidences mobilité, c’est-à-dire des logements équipés et meublés qui proposeront des prestations para-hôtelières. La location pourra se faire à la journée, à la semaine ou au mois. Pour l’heure, le nombre de ces résidences est en cours de définition. « Il s’agira de constructions ou de transformer des équipements existants, comme d’anciens Ehpad. » Autre solution envisagée : les logements déplaçables qui pourront être mobilisables rapidement pour l’accueil de salariés. « Ces logements temporaires seront des constructions modulaires qui s’installeront dans des zones pas prévues au départ pour de l’habitat, comme des zones industrielles ou agricoles. L’idée est d’être au plus près des unités de production ou des lieux de travail. Entre une cinquantaine et une centaine de ces logements sont prévus. »

UN PLAN À 30 M€

Ce plan logement en faveur des actifs est chiffré à 35 M€. En cinq ans, le bailleur touchera lui 30 M€ pour construire en tout 2 000 logements supplémentaires. Alors que « 3 M€ seront alloués au bail réel solidaire et 2 M€ aux nouvelles formes d’habilitations en sachant que ce plan a vocation à soutenir des innovations architecturales mais aussi des innovations liées aux matériaux biosourcés ».

Le Conseil départemental prévoit enfin de mobiliser 70 M€ pour soutenir des projets de production de logements des communes. Lesquelles pourront alors « réserver » des logements locatifs sociaux auprès des bailleurs sociaux de Vendée en contrepartie d’un apport de terrain, d’un financement ou d’une garantie d’emprunt.

Agir ainsi sur le logement permettra sans nul doute de booster encore l’attractivité du territoire et in fine d’attirer toujours plus d’actifs. Reste à savoir si ces différentes mesures seront suffisantes pour tous les accueillir…