Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Les TPE-PME victimes collatérales du conflit en Ukraine

Confrontées à des problèmes d’approvisionnement et des hausses de coûts des matières premières difficiles à répercuter, des TPE et PME de Loire-Atlantique souffrent. La CPME 44 appelle fournisseurs et donneurs d’ordre à la solidarité.

TPE-PME

Les nouveaux administrateurs de la CPME 44 élus lors de l’assemblée générale du 24 mars dernier (de g. à d.) : Fabienne Riou (Conseil R), Fabrice Perrocheau (Weeride-Europe), Leïla Limam (Co-Incidences), Joëlle Laugier (J.Laugier), David Guiheux (3 G Industrie), Pascale Camard (Nantaise de flexibles), Pascal Braguier (Discount DJ), Christophe Durand (président CPME 44), Céline Geffray (L’Orange Carré), Benoît Roch (président délégué CPME 44). © D. R.

Les TPE et PME de Loire-Atlantique subissent les premiers dommages collatéraux du conflit russo-ukrainien. C’est ce que constate Christophe Durand, le nouveau président de la Confédération des petites et moyennes entreprises de Loire-Atlantique (CPME 44) : « Avec le Covid, c’était déjà compliqué de s’approvisionner. Mais depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, ces difficultés sont devenues exponentielles et c’est carrément la panique à bord pour de nombreux dirigeants. C’est d’autant plus inquiétant qu’en dehors des services, toutes les filières sont concernées : agroalimentaire, industrie, bâtiment, travaux publics… Ainsi, plus de la moitié de nos adhérents sont impactés par ces problèmes d’approvisionnement, ce qui contraint certaines entreprises à envisager le chômage technique ou partiel. Nous avons par exemple un adhérent qui est spécialisé dans la gestion des fluides dans la maintenance industrielle. Il y a une semaine, il ne savait pas quand il allait pouvoir s’approvisionner en tubes car son fournisseur, basé en Europe de l’Est, était en rupture de stock. La conséquence, c’est qu’il passe désormais son temps à courir après les pièces, qu’il n’en trouve pas suffisamment, et que l’entreprise n’est donc plus en mesure d’assurer ses chantiers de maintenance sur d’importants sites industriels comme la centrale de Cordemais ou des raffineries… »

« DES DIFFICULTÉS DE MARGE QUI POURRAIENT DEVENIR CATASTROPHIQUES »

L’autre problème identifié par la CPME 44 est la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie. « Nos adhérents n’arrivent pas à répercuter ces hausses auprès de leurs clients, constate Christophe Durand. Ils se retrouvent coincés entre deux feux : d’un côté par les prix imposés par les fournisseurs, et de l’autre par les clients, dont ils sont bien souvent dépendants. De nombreux dirigeants préfèrent ne pas générer de tension avec leurs clients et maintiennent leurs prix, tandis que certains grands donneurs d’ordre refusent catégoriquement l’augmentation. La conséquence, c’est que bon nombre de nos PME se retrouvent actuellement avec des difficultés de marges, qui pourraient devenir catastrophiques et massives si le phénomène perdure. » Certaines entreprises se voient déjà contraintes de stopper leurs productions insuffisamment rentables. « C’est le cas de nombreux biens d’équipements du jardin et c’est du jamais vu, confirme le président de la CPME 44. C’est également le cas dans le bâtiment ou les travaux publics, où certains chantiers d’envergure sont stoppés à cause du surcoût généré par la hausse des coûts des matières premières. »

NOS ADHÉRENTS N’ARRIVENT PAS À RÉPERCUTER CES HAUSSES AUPRÈS DE LEURS CLIENTS

« DONNEURS D’ORDRE ET FOURNISSEURS DOIVENT PARTICIPER À L’EFFORT DE GUERRE »

Par conséquent, la confédération appelle « les donneurs d’ordre et les fournisseurs à la solidarité envers les TPE et PME du territoire. Ils doivent impérativement jouer le jeu et préserver les marges de nos entreprises. Il ne serait en effet pas acceptable que les grands donneurs d’ordre fassent peser les hausses de prix sur les seules TPE et PME situées en bout de chaîne, poursuit le nouveau président. Ils doivent eux aussi, à leur échelle, participer à l’effort de guerre. »

Parmi les pistes envisagées pour rétablir un climat plus serein, la CPME 44 espère voir « s’appliquer une solidarité entre les entreprises d’une même filière. L’idée est également de favoriser des partenariats de long terme et de s’appuyer sur le localisme pour pouvoir faire le dos rond durant cette période compliquée. »

À la tête de Transporturgent.com, Christophe Durand est depuis janvier le nouveau président de la CPME 44.

À la tête de Transporturgent.com, Christophe Durand est depuis janvier le nouveau président de la CPME 44. © D. R.

Un mandat sous le signe du collectif pour Christophe Durand

Élu il y a trois mois, Christophe Durand a succédé à Jean-Luc Cadio à la présidence de la CPME 44. Le syndicat patronal local revendique près de 500 adhérents et 43 mandats. À la tête de Transporturgent.com, une société herblinoise d’une cinquantaine de salariés qu’il a reprise il y a 14 ans avec son associé, ce dirigeant de 46 ans a dévoilé, le 24 mars, ses grands axes de travail à l’occasion de l’AG annuelle : « Ce mandat sera placé sous le signe du collectif. Mes priorités pour 2022 seront de poursuivre les efforts pour fournir une offre de services performante et pertinente à nos adhérents afin de les accompagner dans leur parcours entrepreneurial ; de porter haut et fort les couleurs du localisme ; de préparer et accompagner les entreprises aux enjeux environnementaux de demain avec la relance de la commission Énergie créée il y a deux ans ; et de poursuivre le travail de représentativité et de défense du tissu économique constitué de nos TPE/PME. Je me fixe enfin pour mission de faire adhérer davantage de PME/PMI à notre confédération. »