Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Les pépites d’Atlanpole, à suivre

Dans un format plateau télé adapté au contexte sanitaire, le forum Atlanpole a révélé les quatre coups de cœur du public. 1 300 personnes ont voté pour l’une des 19 entreprises innovantes soumises au vote. Au total 43 nouvelles entreprises ont été accompagnées par Atlanpole en 2020.

Beau comme un bateau

© Beau comme un bateau, Joseph Rolland

MOBILITÉ/ÉNERGIE : Navigation pour tous avec Beau comme un bateau

L’entreprise créée par deux amis, François Lagabrielle et Quentin Hubert, vise à démocratiser la navigation sur les cours d’eau. Ils ont créé le « Dandy », un monoplace électrique qui permet d’être facilement transportable. « Au départ, je voulais une embarcation pour la pêche, Quentin, faire de la vitesse. On a commencé à construire une embarcation, inspirée par les ‘‘tiny boats’’ américains et ça a donné le Dandy… » Les deux associés ont testé trois prototypes et espèrent en produire dix unités cette année. Leur embarcation est destinée aux loueurs et aux collectivités. Un projet « Dandylib » est en discussion avec Nantes métropole pour la saison prochaine.

Beau comme un bateau

© Beau comme un bateau, Joseph Rolland

 

NUMÉRIQUE : L’authentification unique d’Unikname

Cofondateur d’Unikname, Laurent Lourenço a présenté un projet que nous devons être nombreux à attendre : une solution pour ne plus avoir à retenir des dizaines d’identifiants et de mots de passe pour se connecter à nos différents comptes sur Internet. Comment ? « Grâce à la technologie de la blockchain qui crée une couche de sécurité supplémentaire. » Place à l’authentification unique. Autres services : une solution de gestion des identités numériques avec un seul pseudo pour se connecter sur tout site, signer des documents, s’authentifier à une formation, etc. L’offre Unikname a été commercialisée en juin 2020 après deux ans de R&D : elle prend la forme d’un abonnement annuel qui intègre le certificat de sécurité. Unikname prépare une levée de fonds pour la fin de l’année.

Unikname

Laurent LOURENÇO (2e à droite) et l’équipe d’Unikname © D.R.

 

SANTÉ : Les médicaments aux algues de IASO Biotech

Aude CARLIER

Aude CARLIER © Iaso Biotech

Créée en octobre 2020, IASO Biotech entend devenir le premier sous-traitant pharmaceutique utilisant des microalgues pour la production de biomédicaments. Deux avantages : « Les microalgues sont plus productives et elles ne sont pas susceptibles de développer des pathogènes animaux », a expliqué Aude Carlier, directrice Science et technologie. La concurrence dans le domaine est forte sur l’aspect modification génétique de la microalgue, avec les États-Unis et Israël, mais pas sur le volet biothérapeutique. L’équipe a obtenu plusieurs licences d’exploitation sur certains brevets pour ses recherches. La production d’un premier lot est prévue pour 2023, la phase clinique en 2025, puis une production industrielle à horizon 2030. Si Aude Carlier n’a pas dévoilé le montant exact de l’investissement, elle a indiqué qu’il se chiffrait en dizaine de millions d’euros.

 

INDUSTRIE : Alegina et sa vaisselle à base de coquilles d’huitres

Philippe Gaboriau, ancien maire de Dompierre-sur-Yon (85), a eu l’envie de se lancer dans l’entrepreneuriat. L’idée de son projet a émergé courant 2016, porté par un engouement pour l’économie circulaire. Créée avec l’industriel Thierry Didelon et le céramiste Dominique Girardeau, l’idée d’Alegina est de réutiliser des coquilles d’huitres pour en faire du Kaomer, la céramique de la mer, et fabriquer de la vaisselle en porcelaine de haute qualité. Autre utilisation envisagée : des pavés de coquilles pour construire des routes et des murs (45% de coquilles associées à un liant bas carbone créé en Vendée). Alegina a conclu un accord avec les associations d’ostréiculteurs de la région et collecte directement les coquilles dans les exploitations.

Alegina

De gauche à droite, Dominique GIRARDEAU, Philippe GABORIAU et Thierry DIDELON © Shutterstock

 

https://www.atlanpole.fr/agenda/save-the-date-forum-atlanpole-2021/

 

INNOVATION : Y AURA-T-IL ENCORE DES FINANCEMENTS EN 2021 ?

Cette question était le thème d’une des deux conférences tenues à l’occasion du Forum digital d’Atlanpole. Si Franck Deschodt, directeur Marché entreprises au CIC Ouest, reconnaît que l’écosystème économique est actuellement très chahuté et que les entreprises innovantes ont connu des difficultés pour leur phase d’amorçage ou leur R&D, il estime qu’elles « ont aussi plus de capacités à rebondir, à s’adapter ». Donc survivent mieux. En particulier dans certains secteurs, tels la santé. Et de rappeler l’année supplémentaire accordée pour rembourser les prêts garantis par l’État. « Des discussions sont en cours avec la Fédération bancaire française pour instaurer un prêt participatif qui transformerait la dette en quasi fonds propres. Si le PGE était une réponse industrielle à la crise, nous passons à une phase de réponses adaptées et individualisées », considère-t-il.

 

LEVÉES DE FONDS RECORD

En 2020, le CIC a mis en place différentes gammes de prêts « selon la phase dans laquelle se trouve l’entreprise, si elle engrange du CA ou pas encore, expose Franck Deschodt. Pour lui, « la cotation à la Banque de France n’est pas une réelle problématique. Un créateur d’entreprise innovante ne se pose pas la question de sa cotation au moment du démarrage de son projet. Nous, on est là pour accompagner l’entreprise vers l’outil qui lui permettra cette phase, via un prêt innovation pour les pures start-up ou un prêt d’accompagnement pour les entreprises innovantes qui réalisent une transition numérique ou écologique ».

Alain Criqui, chargé d’affaires Entreprises innovantes et start-up au CIC Ouest, souligne de son côté le niveau de levée de fonds des entreprises innovantes françaises : 5 Md€ en 2020. « On a réédité le record de 2019. La France se place ainsi sur la première place du podium en Europe, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Ça n’est pas rien… Il y a des incertitudes, mais quand on voit des entreprises comme Voodoo faire entrer un investisseur chinois à son capital, on voit une nouvelle licorne française émerger. Il y avait déjà des mutations à l’œuvre avant la crise avec le développement du numérique, des objets connectés. La société est en attente de moyens de consommer de manière décarbonée. Et, finalement, la crise vient stimuler cette fabrique des idées. On peut espérer que vu le niveau d’épargne record en France à 5 000 Md€, des fonds soient fléchés sur des projets innovants. »

Franck Deschodt reste optimiste pour l’avenir : « Il y a des opportunités et de la création de valeur. Différentes réponses sont possibles auprès des banques : les fonds qui concernent les hauts de bilan, les obligations convertibles, le financement traditionnel sur les capacités d’innovation de l’entreprise… Nous sommes attentifs aux secteurs vulnérables, mais on s’aperçoit que même des entreprises de ces secteurs arrivent à trouver un créneau et à créer de la valeur. »