Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

Les industriels de la menuiserie du Grand Ouest font salon commun pour recruter

Les professionnels de la menuiserie industrielle organisent les 9 et 10 mars JoinMi Days, leur premier salon grand public commun pour attirer les recrues dont ils ont besoin pour poursuivre leur développement. 540 postes sont à pourvoir, auxquels s'ajoutent 150 alternances et stages.

La menuiserie industrielle veut dépoussiérer son image et élargir son vivier de recrues ©K.Line

12 millions de fenêtres, 1,2 millions de portes, 800 000 portails et 60 000 vérandas sont produites chaque année en France. Les Pays de la Loire et les Deux-Sèvres concentrent un tier de la production française et compte une centaine d’entreprises parmi lesquelles les plus grandes marques du marché comme K.Line, Akena, Vérandas Rideau, Minco ou Janneau. Le marché est florissant et enregistre une croissance à deux chiffres. Pour répondre à la demande, les fabricants recrutent à tour de bras, mais les candidats manquent à l’appel : sur les bassins de production des Herbiers et de Montaigu, fiefs des grands faiseurs, le taux de chômage est au plus bas à 4,3%. À peine mieux sur celui de Cholet où il tutoie les 5%. Tous recherchent les mêmes profils : menuisiers, opérateurs de production, programmateurs informatiques ou spécialistes de la robotique et de la maintenance industrielle.

Deux jours de salon à l’Herbergement et à Cholet

Plutôt que de se faire concurrence, les entreprises régionales, regroupées au sein de l’association Menuiserie Avenir, ont décidé d’organiser leur premier salon commun de recrutement. Baptisé JoinMi Days, il se tiendra simultanément dans deux villes, à l’Herbergement en Vendée et à Cholet en Maine-et-Loire les 9 et 10 mars prochains.

20 des 43 membres de l’association y dépêchent leur DRH. Dans leurs bagages, 540 postes en CDI à pourvoir pour la seule année 2022, auxquels s’ajoutent 90 contrats en alternance et 80 stages, du collège à l’ingénieur. « L’idée est de frapper un grand coup pour rayonner très largement et trouver de nouveaux viviers de recrues », argue Bertrand Pasquier, délégué général de l’association Menuiserie avenir.

Tous les publics sont attendus

JoinMi Days s’adresse aux jeunes, à leurs parents et aux personnes en reconversion ou qui souhaitent se rapprocher de chez eux. Gratuit, le salon ne comporte aucun stand pour faciliter les rencontres et les échanges et le CV n’est pas un pré-requis. « Il s’agit de faire connaître les métiers et de faire découvrir les entreprises du secteur dont on imagine encore trop souvent qu’y travaillent des menuisiers avec le rabot en main et le crayon sur l’oreille », indique Bertrand Pasquier.

Les recrues potentielles seront orientées selon leur localisation, l’affinité avec le produit, la société ou la matière travaillée. « La menuiserie industrielle, ce n’est pas uniquement le bois, précise le directeur. Le secteur produit 60% des fenêtres, portes, portails et vérandas en PVC, 30% en aluminium et 10% en bois et matériaux mixte (bois/alu). « Et il ne faut pas non plus se figurer que la production est un travail physique », complète Bertrand Pasquier. Les industriels sont des PME et des ETI dont les process de fabrication sont très automatisés et avec des moyens de levage assisté. Les femmes sont les bienvenues ».

Des pitchs en vidéo

Pour les convaincre, les DRH se sont fendus de pitchs vidéos présentant leur entreprise, promettant des carrières évolutives et des formations sur-mesure. Et des CDI à la clé.

Le groupe Elva basé aux Brouzils propose ainsi 20 postes et une dizaine d’alternances et de stages lors du salon. Vincent Senelle, son RRH, met en avant les 5 sites de production du groupe vendéen et son école de formation interne. Et cite des reconversions réussies comme celle d’une coiffeuse devenue opératrice de production.

De son côté, Laurent Grimaud, RRH d’Akena Vérandas, propose une centaine de postes et 20 alternances et stages. Basé au nord de la Roche-sur-Yon, le fabricant assure qu’aucune barrière n’est demandée à l’entrée dans le groupe et que tout le monde peut y faire carrière de façon rapide et durable et évoluer aussi en termes salarial. « Du bureau d’études, à la production et jusqu’à la pose,  il suffit d’avoir l’envie de participer à la création d’un beau produit ». La société ne manque pas de parler de ses tuteurs internes qui suit toutes les nouvelles recrues. « On veut être créateurs de compétences », dit Laurent Grimaud.

Dépoussiérer l’image du secteur

En un mot, JoinMi days veut casser les a priori sur le secteur et dépoussiérer son image. Et mieux vaut le faire en commun que seul chacun dans son coin. « Lors de leurs portes ouvertes en solo, les entreprises reçoivent entre 4 et 5 candidats », révèle le délégué général de l’association.

Pour cette première édition, relayée par Pôle emploi et les missions locales, JoinMi Days espère raisonnablement accueillir 200 visiteurs de toute la France. « 500 serait le Graal », indique Bertrand Pasquier. Mais que le salon fasse ou non le plein, il sera reconduit tous les ans. « Faire rayonner la filière, auprès du grand public mais aussi auprès de l’Education nationale, c’est un travail de longue haleine », conclut le délégué général de Menuiserie avenir.

 

Menuiserie Avenir en bref

Créé en 2005 par des chefs d’entreprise de la menuiserie industrielle des Pays de la Loire, l’association regroupe aujourd’hui 43 entreprises de toutes tailles autour de problématiques communes. Pôle régional de référence dans la menuiserie et la construction, Menuiserie avenir accompagne et soutient la conduite du changement, promeut l’image de la filière et son dynamisme, aide à renforcer la compétitivité des entreprises et incite à agir en commun pour développer l’innovation et l’approche de nouveaux marchés.