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Le Min de Nantes Métropole : un « ventre » écoresponsable

Cinq ans après son implantation à Rezé, au bord du périphérique Sud, le Min de Nantes Métropole conforte sa place majeure au cœur des flux alimentaires du grand Ouest et son statut de deuxième Marché d’intérêt national de France, derrière Rungis. Il accueille en son sein 140 entreprises, dont 40 producteurs locaux et des milliers d’acheteurs. Et il mène aussi une démarche vertueuse en termes de performance environnementale.

Min Nantes Métropole

Le Min possède la plus puissante installation solaire en toiture du grand Ouest. Photo Min Nantes Métropole

En 2019, le Marché d’intérêt national (Min) de Nantes a été le premier en France à opérer un déménagement. Un investissement conséquent de 130 millions d’euros que ne regrettent pas les collectivités (Métropole, Région et État). Ce nouvel outil, locomotive du pôle agroalimentaire, a attiré de nombreux acteurs du secteur.


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« Le Min est aujourd’hui en pleine forme, il a su réinventer son modèle. 200 000 tonnes de produits y sont commercialisées chaque année et cet équipement joue un rôle majeur dans l’écosystème agroalimentaire local. Il s’implique en même temps dans les enjeux de transition écologique et de résilience de son territoire. Depuis son déménagement depuis l’île de Nantes, qui fut un vrai exploit, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille avec différentes crises et évolutions de la consommation », souligne Fabrice Roussel. Et le vice-président de Nantes Métropole d’insister sur les efforts de sobriété menés sans cesse : « nous avions des estimations de consommations et de coûts énergétiques particulièrement affolantes. Je salue le Min qui a mis en place des temporisations de factures pour absorber le choc et les efforts de sobriété des entreprises elles-mêmes. Tout cela a permis de passer le cap, et le Min de Nantes intégrera, en 2025, le groupement d’achats d’énergie renouvelable (CADER) que pilote Nantes Métropole. »

Autoconsommation en hausse de 36 %

La consommation d’énergie a ainsi baissé de 13 % entre 2020 et 2023. Ceci est notamment lié aux travaux de modification de raccordement de la centrale photovoltaïque qui ont permis d’augmenter de 36 % l’autoconsommation, atteignant aujourd’hui 12,8 % de la consommation globale. « Mais, c’est aussi dû aux gros efforts fournis par les locataires pour optimiser leur consommation et à l’optimisation du fonctionnement des équipements. Cette trajectoire positive sera encore consolidée par l’intégration au groupement d’achats », note Amaury Hanotaux, directeur du Min.

Deux centrales photovoltaïques distinctes sont installées en toiture. La première, de 27 000 mcomprenant 16 742 panneaux, est gérée par Min’Energie et voit son électricité insufflée sur le réseau de distribution générale. La seconde, en autoconsommation, avec 2 800 m2 et 1 666 panneaux, est gérée par le projet Min à Watt et son électricité sert directement à alimenter le site. Ainsi 40 % de la surface totale de la toiture est couverte de panneaux photovoltaïques. Cette centrale solaire produit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 2 500 foyers, faisant du Min la plus puissante installation solaire en toiture du grand Ouest.

Min Nantes Métropole

Installé au sein du Min, le Secours Populaire a récupéré 1 900 tonnes d’invendus en 2023. Photo Min Nantes Métropole

Lutte antigaspillage et valorisation des biodéchets

La démarche éco-responsable ne s’arrête pas là. Tout l’éclairage du site est assuré par des LED et les eaux de pluie récupérées pouvant aller jusqu’à un volume de 6 000 m3, soit l’équivalent de deux piscines olympiques, sont stockées en souterrain. Par ailleurs, le Min s’est fixé l’objectif de développer au maximum le taux de valorisation des déchets. Cet indice atteint aujourd’hui 92 % avec 2 070 tonnes dont 100 % pour les biodéchets. Et pour lutter contre le gaspillage alimentaire, le Min accueille le Secours Populaire qui fédère dix-sept associations caritatives à vocation solidaire. Ce dernier a récupéré 1 900 tonnes de produits invendus en 2023.