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L’administrateur ad hoc : un acteur clé pour l’achèvement des chantiers à l’abandon

La crise profonde du secteur de la construction a entraîné de nombreuses défaillances parmi les promoteurs immobiliers causant l’arrêt des chantiers parfois pendant des années. Des milliers d’acquéreurs institutionnels et particuliers sont impactés dans le cadre de ventes en l’état futur d’achèvement (ci-après Vefa) conclues. Dans le secteur protégé de l’habitation, ces acquéreurs bénéficient d’un mécanisme obligatoire : la garantie financière d’achèvement (GFA).

Ève NICOLAS et Pierre BARBOTEAU, avocats.

Ève NICOLAS et Pierre BARBOTEAU, avocats. RACINE

Tout vendeur en Vefa d’un immeuble à usage d’habitation doit fournir à l’acquéreur une GFA en application de l’article L. 261-10-1 du Code de la construction et de l’habitation (CCH).

Ce même article précise que cette garantie est actionnée à la demande de l’acquéreur en cas de défaillance financière du vendeur caractérisée par l’absence de disposition des fonds nécessaires à l’achèvement.

Une GFA est une garantie « uniquement » financière, c’est-à-dire que l’obligation du garant est de financer les travaux, et non de les réaliser lui-même.

C’est précisément pour combler cette difficulté que la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) du 23 novembre 2018 a créé un nouvel outil juridique pour les garants : la désignation d’un administrateur ad hoc par le juge judiciaire à la demande du garant d’achèvement qui va financer sa mission. Seul le garant peut solliciter sa désignation.

L’administrateur ad hoc, une mission définie par la loi

L’article L. 261-10-1 du CCH énonce que la mission de l’administrateur ad hoc est de : « faire réaliser les travaux nécessaires à l’achèvement de l’immeuble ». Cet achèvement est défini à l’article R. 261-1 du CCH. Un immeuble est achevé lorsque les ouvrages et les équipements indispensables à la destination des lieux sont réalisés.

La notion d’achèvement ne correspond pas strictement à ce qui était contractuellement prévu, puisque l’article R. 261…