Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

La filière pêche régionale s’organise

La crise du covid-19 a accéléré la création d’une association régionale interprofessionnelle de la filière pêche. Baptisée officiellement "Loire Océan Filière Pêche" et constituée le 14 octobre dernier, elle entend réunir tous les acteurs concernés pour mieux réagir face à une situation qui se dégrade à grands pas.

filière pêche

Photo de Manuel Keusch provenant de Pexels

Durant la première période de confinement, les différents acteurs de la filière pêche ont dû faire face à une cascade de problématiques, de la gestion de l’approvisionnement bouleversé par l’arrêt de l’export et de la restauration à la maîtrise des prix, en passant par la fermeture des marchés et la négociation avec la grande distribution. La filière régionale exporte 70% de sa production vers l’Espagne et l’Italie et importe 80% de poissons de Norvège et pays de l’Europe du Nord. La création de l’association régionale Loire Océan Filière Pêche (LOFP) vise à développer et valoriser les circuits courts et la ressource régionale, comme le merlu, le bar, la sole, la langoustine ou la crevette.

110 M€ DE CA DANS LES 5 HALLES À MARÉE

En Pays de la Loire la filière représente 1 300 marins-pêcheurs, 350 bateaux et près de 400 pêcheurs à pied. Les cinq halles à marée que sont Le Croisic, La Turballe, Noirmoutier, Saint- Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables d’Olonne, réalisent un chiffre d’affaires total de plus de 110 M€.

« Avec une perte de 5 M€ pour les producteurs sur la période de confinement et de 7 M€ pour l’ensemble de la filière, sans cette structuration, l’impact financier aurait été encore plus important », assurent les fondateurs de Loire Océan Filière Pêche qui ont ainsi limité les dégâts. Et l’association interprofessionnelle devrait s’avérer encore bien utile durant cette deuxième phase de confinement.

DES NÉGOCIATIONS EN COURS

Malgré une saison touristique qui a contribué à quelque peu rattraper le printemps catastrophique, 86% des professionnels estimaient leur perte, avant cette deuxième vague, entre 30 et 40% de leur chiffre d’affaires annuel. Seule l’activité en poissonnerie et marchés a réussi à se maintenir.

Au-delà des conséquences du virus, la perspective d’un Brexit dur et d’interdictions de pêche pendant la saison hivernale en raison de l’échouage des dauphins, assombrit encore plus l’avenir de la filière et justifie cette structuration.

LOFP va entamer des négociations avec la grande distribution pour une mise en avant des produits locaux, avec les transporteurs, veut accompagner les producteurs et mareyeurs en halles à marées sur la qualification des apports ligériens, la promotion des produits « pour faire connaître la centaine d’espèces débarquées chaque semaine et développer les circuits courts pour la restauration collective ».

La Région des Pays de la Loire accompagne LOFP dans ces démarches. La nouvelle association, qui compte également des représentants des institutions, dispose d’un budget de 200 000 €.