Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Karos, une appli pour inciter les salariés à covoiturer

Encourager les mobilités partagées sur le trajet domicile-travail : c’est l’objectif des entreprises et collectivités qui rejoignent le réseau de covoiturage Karos. Née en 2014 en région parisienne, l’application propose des solutions pour faciliter les déplacements professionnels en voiture. Depuis 2021 et la fin de la crise sanitaire, le réseau connaît un franc succès en Pays de la Loire, et tout particulièrement en Loire-Atlantique et en Vendée.

©Shutterstock

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Aujourd’hui, les déplacements en voiture pour se rendre au travail restent majoritaires en France. D’après l’Insee, cela concerne 74 % des actifs[1]. « Un chiffre qui grimpe même à 90 % dans les zones rurales et périurbaines, précise Joachim Renaudin, directeur du développement chez Karos. Notre métier, c’est d’aller voir les entreprises pour les aider à favoriser la pratique du covoiturage. En Pays de la Loire, où les actifs doivent parfois faire jusqu’à 40 km par jour en voiture pour se rendre au travail, à l’heure où les prix des carburants atteignent régulièrement les 2 € et où les salaires moyens sont de 1 500 €, les entreprises nous sollicitent pour redonner du pouvoir d’achat à leurs salariés et attirer de futurs collaborateurs. »

Facile d’utilisation

Alors comment fonctionne Karos ? Après avoir souscrit un abonnement (sans contrepartie financière), l’entreprise met son compte à la disposition de ses collaborateurs. Chaque salarié ayant téléchargé l’application, peut ensuite avoir accès à la plateforme et renseigner son trajet quotidien ainsi que son rôle : conducteur, passager, ou les deux. Le système se charge alors de mettre en relation les covoitureurs potentiels et de calculer les frais liés au trajet. Pas d’échange d’argent, tout passe par l’appli. Karos met aussi à la disposition de l’entreprise des outils statistiques pour suivre en temps réel l’utilisation de l’application.

Karos compte à ce jour environ 25 000 utilisateurs en Pays de la Loire (dont plus de 10 000 en Loire-Atlantique et plus de 5 000 en Vendée) sur un total de 530 000, soit près de 5 % du nombre total de covoitureurs inscrits sur l’application. La région se classe ainsi en deuxième position derrière l’Île-de-France. Un engouement qui s’explique en grande partie par la mobilisation des collectivités territoriales, à commencer par celle du Conseil régional des Pays-de-la-Loire qui cofinance le dispositif depuis l’an dernier. En clair, pour un trajet de 20 km, le conducteur est rémunéré 2,50 € : le passager paye 0,50 € tandis que la Région verse 2 €. Employeurs publics et privés ont aussi la possibilité de subventionner le covoiturage à hauteur de 600 € par an et par salarié, via le dispositif gouvernemental « Mobilités durables » (prévu par la Loi d’orientation des mobilités). Karos propose d’intégrer directement cette solution lors de la configuration du compte.

« Une réelle dynamique en Vendée »

Si la Loire-Atlantique est pour l’heure le premier département utilisateur de l’application dans la région, la Vendée enregistre une hausse notoire du nombre d’adhérents, depuis la mise en œuvre de Karos au printemps dernier. « On constate une réelle dynamique ces derniers mois », analyse Joachim Renaudin, précisant au passage que pour la Vendée, une trentaine d’employeurs publics et privés font désormais partie du réseau.

Le CHD (Centre hospitalier de Vendée), qui emploie environ 5 000 personnes, a été parmi les premiers à s’abonner dans le département, avant d’être rejoint par le Puy du Fou, Les Sables Agglo ou encore la communauté d’agglomération Terres de Montaigu qui, elle, a lancé le dispositif en septembre. « Dans le cadre de notre programme Territoires d’Industrie, nous avons constitué un groupe de travail sur la mobilité des actifs avec plusieurs entreprises locales. Après avoir recensé les outils existants, Karos est apparu comme étant le plus adapté au territoire », souligne Florent Limouzin, maire de Montaigu et président de la commission Environnement, au sein de Terres de Montaigu. « Notre abonnement à Karos permet de massifier le covoiturage chez nos administrés et au sein de nos entreprises, et ce quelle que soit leur taille », ajoute l’élu. Un choix qui permet donc de développer l’attractivité du territoire, de réaliser des économies d’énergie ainsi que de limiter l’impact sur l’environnement, en réduisant le trafic.

Au sein du bassin d’emploi de Terres de Montaigu (qui compte plus de 20 000 salariés répartis sur une dizaine de communes) le laboratoire biopharmaceutique Clean Cells fait partie des entreprises partenaires du réseau Karos. Depuis son adhésion le 20 septembre, 57 de ses 120 collaborateurs, soit 48 % des effectifs utilisent l’application pour covoiturer, sur une distance entre 10 et 30 km.

« Une petite partie des salariés organisait déjà du covoiturage auparavant. La mise en place de l’application Karos a permis de développer la pratique de façon beaucoup plus globale », indique Ophélie Bonnin, chargée de communication et marketing chez Clean Cells.

Selon Théophile Hersant responsable HSE en charge de la mise en place du projet, « l’adhésion à une solution commune de covoiturage répond à une demande de nos salariés. Cela rentre également dans le cadre de notre démarche RSE, avec pour objectif de réduire notre empreinte carbone, et nous voulions aussi continuer de développer notre marque employeur dans un contexte de recrutement compliqué. »

[1] Chiffre Insee 2017