L’ouverture de Lamborghini Nantes constitue l’une des actualités fortes du groupe Lecluse. Que représente cette implantation ?
C’est à la fois une nouvelle étape et une forme de continuité. Nous avons bâti le groupe au fil des années autour de l’univers du groupe Volkswagen. Des marques généralistes comme Volkswagen, Seat, Skoda et Cupra, aux activités premium, luxes et sportives, en passant par les utilitaires et le poids lourd avec Man Truck.
L’arrivée de Lamborghini vient naturellement compléter cet ensemble puisque nous représentons déjà Audi Sport et Porsche. Lamborghini s’inscrit dans cette logique de spécialisation autour des véhicules de sport et de prestige. Nous sommes évidemment ravis de la confiance accordée par la marque.
Qu’est-ce qui a convaincu Lamborghini de vous confier cette représentation ?
Il faudrait poser la question à Lamborghini (sourire), mais je pense que plusieurs éléments ont joué en notre faveur. D’abord notre implantation territoriale. Nous couvrons aujourd’hui un vaste périmètre dans le Grand Ouest, qui s’étend de l’Île-de-France à la façade atlantique.
Ensuite, il y a l’expérience acquise dans l’univers du véhicule sportif et premium grâce à Porsche. Nous connaissons les attentes de cette clientèle, ses exigences et son rapport très particulier à l’automobile.

LAMBORGHINI
Enfin, il existe une relation de confiance construite depuis vingt ans avec le groupe Volkswagen. Nous avons toujours privilégié la transparence, la loyauté et le partenariat avec les constructeurs.
L’histoire du groupe Lecluse débute pourtant loin de l’univers Lamborghini…
Effectivement. Contrairement à beaucoup d’acteurs du secteur, je ne suis pas issu d’une famille de concessionnaires. Je n’ai pas hérité d’une entreprise existante. J’ai commencé ma carrière comme vendeur chez Renault.
C’était une formidable école. J’y ai découvert l’ensemble des métiers de la distribution automobile : la vente, l’occasion, le financement, l’après-vente, la relation client. Cette expérience m’a appris une chose essentielle : dans notre métier, la relation humaine est au cœur de tout.
Lorsque l’opportunité de reprendre une concession Volkswagen – Audi au Mans s’est présentée en 2005, nous étions très loin du groupe que nous connaissons aujourd’hui. Nous ne disposions ni de la taille ni de nos moyens actuels. Je n’étais probablement ni le plus riche ni le plus attendu. Mais j’avais la conviction que le travail, l’engagement et la proximité avec le terrain pouvaient faire la différence.
Comment le groupe s’est-il développé ?
Par étapes, grâce à une succession d’opportunités de croissance. Certaines opérations ont été simples, d’autres beaucoup plus complexes, mais nous avons toujours essayé de grandir sans brûler les étapes et sans perdre notre culture d’entreprise.
Nous avons toujours essayé de grandir sans brûler les étapes et sans perdre notre culture d’entreprise
Chaque acquisition devait avoir du sens, à la fois sur le plan géographique et humain. Aujourd’hui, le groupe Lecluse représente plus de trente sites, près de 650 collaborateurs et environ 560 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Bien sûr, je ressens une certaine satisfaction lorsque je regarde le chemin parcouru. Mais surtout beaucoup de reconnaissance. Une entreprise ne se développe jamais seule : derrière chaque étape de croissance, il y a des équipes et des managers engagés, mais aussi des clients, des constructeurs et des partenaires financiers qui vous accordent leur confiance.
Vous semblez très attaché à la notion d’équipe…
Oui, je ne perds jamais de vue que cette aventure est avant tout collective. Je pense évidemment à nos collaborateurs, mais aussi à plusieurs directeurs qui m’accompagnent depuis de nombreuses années. J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe de direction solide, composée de femmes et d’hommes de confiance qui connaissent parfaitement nos métiers et nos territoires.

Jean-Paul Lecluse, président du groupe Lecluse Automobiles. BENJAMIN LACHENAL – IJ
David Perridy, qui dirige aujourd’hui Porsche Nantes, Porsche Rennes et demain Lamborghini Nantes, en est un parfait exemple. Cette garde rapprochée joue un rôle essentiel dans la réussite du groupe et sa capacité à poursuivre son développement dans la durée.
La marque Porsche semble occuper une place à part dans votre développement ?
Oui. Nous avons repris successivement plusieurs centres Porsche à Orléans, Tours, Arpajon, puis Nantes, Rennes, Brest et Lorient. Je pense que notre différence vient de notre culture de distributeur. Une concession ne vit pas uniquement grâce aux voitures neuves. Elle vit aussi grâce à l’occasion, au financement, aux pièces détachées, à l’après-vente et à la fidélisation. Nous avons appliqué cette approche à Porsche et cela a effectivement contribué à notre développement.
C’est aussi ce qui explique notre fidélité au groupe Volkswagen. Lorsque l’on regarde les marques du groupe, elles couvrent quasiment tous les segments du marché automobile. Cette diversité constitue une forme de sécurité et permet d’accompagner les clients tout au long de leur parcours. Ainsi, un c…