Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Immobilier : « Nous avons le sentiment d’être écoutés, mais pas entendus »

La situation du logement dans la métropole nantaise, avec une offre qui ne satisfait pas la demande, des prix en hausse, et des classes moyennes poussées vers la périphérie, est constatée depuis plusieurs mois. Alain Riguidel, président de la Fédération régionale des promoteurs immobiliers (FPI) alerte les élus et les acteurs du secteur, pour "entamer une démarche d'innovation et de transition".

Le constat fait par le patron régional des promoteurs immobiliers est sombre. Sur les douze derniers mois, Alain Riguidel pointe la tendance baissière des ventes de logements neufs en Pays de la Loire à -12%, un recul plus rapide qu’au niveau national. La baisse des mises en vente est encore plus importante, accentuée au premier trimestre 2020 avec très peu d’impact du Covid : sur la région -41%, sur la métropole nantaise -62% et sur Angers Loire Métropole -39%. « C’est très significatif, et les prix de vente augmentent de 6% avec un effet induit sur le logement ancien qui augmente de plus de 10%, avec déjà une tension locative forte et un taux de vacance particulièrement bas. Ces différents facteurs trouvent leur origine dans l’offre foncière insuffisante, dans les coûts de travaux en forte évolution et une politique publique parfois contraignante », résume Alain Riguidel, qui veut lever les freins qui, selon lui, sont multiples : la baisse, voire le report des autorisations administratives (on estime au niveau national à 100 000 le nombre de logements en moins en 2020 par rapport à 2019), une forte fragilisation de la trésorerie des entreprises du BTP qui fait peser un risque sur l’activité, 
un niveau d’exigence relevé des organisme bancaires, la pénu­rie de main-d’œuvre qui en plus a du mal à trouver à se loger et des documents d’urbanisme dans tous les 
Pays de la Loire « aux ambitions renforcés qui impactent grandement le modèle économique des promoteurs ». 

« UN NOUVEL ÉQUILIBRE EST À TROUVER »

« Nous sommes organisés et nous sommes force de proposition, assure Alain Riguidel. Nous sommes au cœur des politiques publiques. Nous sommes à un tournant, notre expertise doit trouver une nouvelle place. Nous avons souvent le sentiment d’être écoutés, mais pas entendus. Il est important de baser nos discussions sur des compromis viables et non dogmatiques.  Il y a beaucoup d’idées préconçues autour de notre métier de promoteur. Mais notre profession répond à la réalité du marché du logement et du bureau. C’est la demande qui conduit notre action, contrariée aujourd’hui par l’insuffisance de l’offre foncière. Un nouvel équilibre est à trouver entre la disponibilité foncière nécessaire au développement et la préservation du cadre de vie. » Et Alain Riguidel de rappeler que les promoteurs réalisent plus de 60% des logements locatifs sociaux : « Nous sommes des artisans de la mixité sociale, mais la VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) sociale est régie par des politiques publiques qui impactent fortement le prix de vente des logements. Elles ne nous permettent plus de faire du logement destiné aux classes moyennes, dit logement intermédiaire.  Il y a des discussions, sur ce sujet, engagées avec Nantes Métropole et les bailleurs. » 

La FPI rappelle qu’elle est un acteur économique de premier 
plan avec plus de 50 sociétés adhérentes, 1 000 colla­borateurs, 1,5 Md€ de chiffre d’affaires générant 16 000 emplois indirects. « L’avenir doit conjuguer rénovation et construction. L’urbanisme durable ne se fera pas qu’en réno­vant le tissu existant. Cette démarche de performance est déjà fortement ancrée dans nos expertises », martèle Alain Riguidel.  

La FPI a décidé de lancer une étude en partenariat avec le Conseil régional sur les attentes de la population en matière de logement et élabore un projet stratégique qui la positionne à un horizon de cinq ans.  Elle envisage aussi la création d’un Conseil des acteurs de l’habitat co-piloté avec le CINA (Club immobilier Nantes Atlantique).