Couverture du journal du 25/11/2022 Consulter le journal

Ils misent sur les jouets made in France

Après 30 ans de délocalisation, l’industrie du jouet renaît dans nos territoires, y compris en Vendée et Loire-Atlantique, où le jouet made in France semble être un marché porteur.

Les Mini-Mondes jouets made in france

© Les Mini-Mondes

REBOND LANCE DES BALLONS SOLIDAIRES DES PLUS DÉMUNIS

Rebond jouets made in france

© Rebond

Fondée en 2019 par deux jeunes Vendéens, Simon Mutschler et Louis Guillizzoni, et désormais installée à La Montagne (44), la société Rebond développe des ballons made in Loire-Atlantique écoresponsables, à partir de PVC et polyuréthane recyclés. Si la start-up affichait un chiffre d’affaires de 80 000 € l’année de sa création, celui-ci a grimpé à 160 000 € en 2020 et « il devrait atteindre 500 000 € en 2021 », précise le fondateur de la marque.

À la veille des fêtes, Rebond a décidé de mettre son savoir-faire au service de la bonne cause. En effet, trois ballons viennent d’être créés (foot, rugby, basket) dans le cadre d’une collaboration avec l’artiste parisien Den End. Fidèle à son inspiration pop art et influencé par l’art aborigène, cet ancien SDF a imaginé des ballons ultra colorés et punchy. Pour chaque unité vendue, l’entreprise s’engage à reverser 10 € à la fondation Abbé Pierre.

La start-up vient également de commercialiser ses premiers ballons vintage de foot et rugby. « En cuir naturel à tannage végétal, ces ballons, qui revisitent des modèles des années 30 aux années 50, sont entièrement produits dans notre atelier partenaire de Gétigné, qui travaille habituellement le cuir pour de grandes maisons de mode », précise Simon Mutschler. Dernière création en date, un ballon de rugby qui met Nantes à l’honneur, réalisé en collaboration avec l’artiste nantais Antoine Corbineau. Une série limitée à 30 pièces.

LES MINI-MONDES FONT VOYAGER

Après avoir cartonné avec son van fabriqué en Bretagne à partir de pots de yaourt recyclés, la start-up nantaise Les Mini-Mondes, créée en 2019 par Marine Bocabeille et Quentin Ory, n’a pas fini de faire voyager. C’est ce que confirme Barbara Marsolliau, la responsable communication de la marque, qui ambitionne de réaliser 5 M € de chiffre d’affaires en 2021 : « Suite à une forte demande de nos clients, nous avons décidé d’éditer nos propres magazines. Il s’agit de carnets de voyage mensuels, qui permettent aux enfants de découvrir un nouveau pays chaque mois à travers des jeux, des histoires, de la musique, des recettes de cuisine, des initiations linguistiques et même des coloriages. Il existe deux éditions : une pour les 2/3 ans et une autre pour les 4/7 ans. » Imprimés en Vendée uniquement à partir d’encres végétales, ces magazines peuvent s’acheter à l’unité ou sur abonnement de six mois ou un an.

Autre nouveauté de la start-up qui emploie désormais une vingtaine de salariés : le jeu de société « Les Mini-explorateurs autour du monde », qui revisite le concept du jeu de l’oie. « A la fois fun et éducatif, ce jeu sur planisphère est une mini-initiation à la géographie et aux cultures du monde puisqu’il permet aux enfants à partir de 4 ans de boucler un tour du globe depuis leur chambre », précise Barbara Marsolliau.

BATEAU PIRATE ET STÉGOSAURE S’INVITENT CHEZ CLOZE

Cloze, une marque de jeu de construction et d’assemblage de pièces en bois, est née en 2014 à Riaillé à l’initiative de Sabrina et Philippe Le Coz. Ce couple, elle naturopathe, lui charpentier, a eu « l’idée de créer Cloze sur une plage du Guilvinec en Bretagne. C’est l’ana- gramme de notre nom de famille, Le Coz, et c’est aussi un jeu de mot avec le verbe anglais “to close”. Il s’agit donc d’un jeu d’assemblage où l’on vient “fermer” les entailles en assemblant les pièces ensemble ».

Cloze jouets made in france

© Cloze

Ludique et éducatif, Cloze s’adresse à tous à partir de 3 ans. « Toutes nos pièces sont taillées dans la charpenterie de Riaillé, précise la co-gérante, et fabriquées en bois brut d’Europe du nord issu de forêts gérées durablement. Elles permettent aux plus jeunes de s’éveiller et aux plus grands de créer tout ce qui leur passe par la tête, en stimulant leur motricité fine et le repérage dans l’espace. »

Au fil des années, leurs trois fils et leur passion du jeu les ont inspirés pour enrichir leur collection de constructions, qui peuvent ensuite être peintes et agrémentées de gommettes.

Leurs dernières créations sont un bateau pirate de 75 pièces et un stégosaure de 33 pièces (à partir de 5 ans).

LES CONSTRUCTIONS SANS LIMITE DE KOJO

Né en 2019 à la Roche-sur-Yon, Kojo est un jeu de construction pour les 4/10 ans constitué de plaques de bois français issu de forêts gérées durablement et de pinces en bioplastique recyclé. Ce sont trois amis de longue date devenus jeunes parents qui en sont à l’initiative : Charlotte Coutand, Morgan Sotter et Jimmy Lefort. « L’aventure a démarré presque par accident il y a quatre ou cinq ans, raconte Morgan Sotter. Jimmy, alors ingénieur, avait conçu des petites pinces en impression 3D pour des cartes de visite. Sa fille était tombée dessus par hasard et les avait détournées pour en faire des petites cabanes pour ses poupées et ses figurines. C’est de là qu’est née l’idée d’en faire un jeu de construction qui permet aux enfants d’imaginer leurs propres univers. »

Kojo jouets made in france

© Kojo

Après un premier prototype en 2020 et une campagne de 100 préventes bouclée sur Ulule en à peine 48 heures en mai dernier, l’aventure Kojo (la fabrique en japonais) était lancée. Présent au Salon du made in France en novembre dernier à Paris, Kojo a fait sensation avec ses kits de construction articulés autour de trois univers : flamand, oriental et médiéval. « Le bastion médiéval, avec ses petites catapultes, est le produit qui a le plus attiré les enfants sur le salon », a constaté Morgan.

LA DRAISIENNE PERSONNALISABLE DES PETROLETTES

Les Petrolettes sont des draisiennes personnalisables. Fabriquées à Bouillé-Courdault chez Cardineau en Vendée, elles sont finalisées à Nantes dans les ateliers de la start-up.

Sortis tout droit de la tête de Michael Jurado, un jeune papa nantais passion- né de moto, ces engins sans pédale aux allures de bécane accompagnent les 2/5 ans vers le vélo sans roulette. Plusieurs styles de réservoir sont disponibles afin de recréer des modèles miniatures de moto. « À l’heure du changement climatique et du réchauffement planétaire, il m’a semblé crucial d’opter pour du bois durable, en l’occurrence du hêtre français issu de forêts gérées durablement (PEFC) », précise le Nantais, qui voulait à tout prix donner vie à un jouet éco-conçu et favoriser l’approvisionnement local.

Petrolettes jouets made in france

© Petrolettes

Si l’ancien designer industriel a débuté l’aventure dans son garage, il est temps pour lui de se lancer dans le grand bain. Sa campagne de crowdfounding (4 790 € collectés sur un objectif initial de 4 500 €) est bouclée depuis le 4 dé- cembre et la start-up vient de lancer les tests pour l’obtention de la certification CE, indispensable à la vente de jouets au sein de l’UE. « L’activité devrait démarrer dès janvier, mais il est déjà possible de pré-commander sa Petrolette via notre site, précise l’ancien designer de chaussures. Avec sa hauteur ajustable et ses différentes customisations, notre ambition est de prôner une transmission de l’objet de génération en génération et ainsi de limiter son impact. »

LES JEUX 100 % BOIS DE C’EST TOI LE CHAT

Né en août 2020 à Bouaye, « C’est toi le chat avait pour objectif de proposer des jouets fabriqués en France, dans un composant naturel et qui soit durable », débute Virginie Rizzo, la créatrice de la marque. Aujourd’hui, le pari semble gagné puisque ses jouets 100 % en bois massif sont fabriqués en Loire-Atlantique avec du hêtre du Jura, issu de forêts gérées durablement.

Ne manquant pas d’inspiration, l’ancienne acheteuse a dernièrement développé une pochette nomade de jeux : « J’ai eu le déclic au restaurant, j’avais oublié de prendre des jouets pour occuper mes enfants. La pochette nomade est le kit parfait pour les longs moments d’attente car on peut l’emmener partout. Elle contient un memory, un set de trois puzzles, un morpion et un cahier de coloriage. Le cahier et les stickers sont réalisés à Nantes, l’assemblage et la finition à Bouaye. »

C’est toi le chat jouets made in france

© C’est toi le chat

Virginie Rizzo confectionne également des poupées : « Elles sont entièrement faites à la main en matières naturelles : laine cardée, mohair, jersey de coton… Je développe enfin une gamme de cubes empilables qui font également puzzle et peuvent servir en décoration. »

Dernier projet en date : « Je viens de lancer une campagne Ulule sur une cuisinette qui se transforme en meuble ; l’idée étant de lui offrir deux vies au sein du même foyer et ainsi de limiter son impact. »

L’ARDOISE DE VOYAGE DE J’VAIS L’DIRE À MA MÈRE

La société J’vais l’dire à ma mère est née à Sallertaine, seul village de Vendée labellisé « ville et métier d’art ».

« En janvier 2020, comme nos activités dans le monde du jouet et de la création se complétaient parfaitement, nous avons décidé avec Amandine Picaut de les rassembler sous le nom J’vais l’dire à ma mère », débute Ludivine Guesnay, co-fondatrice.

Aujourd’hui, l’entreprise qui dispose de sa propre boutique propose des jeux nomades, de la décoration et des accessoires pour enfants. Le tandem se complète parfaitement puisqu’Aman- dine assure la partie dessin et Ludivine la couture.

Dans cette nouvelle aventure, les deux femmes ont mis un point d’honneur à produire localement : « Notre entreprise a une vraie éthique. C’est pourquoi nous privilégions la proximité : notre imprimeur se situe à Saint-Jean-de-Monts et nos fournisseurs tous en France. »

J’vais l’dire à ma mère jouets made in france

© J’vais l’dire à ma mère

Le produit phare de la marque est une ardoise nomade, déclinée sous 85 formes et dans divers univers (ferme, mer, savane, forêt…). Côté pile, c’est une ardoise classique, côté face, un personnage rigolo. Fine, légère et solide, elle se gribouille à la craie et se nettoie à l’éponge. « C’est une ardoise à rouler et à glisser dans tous les sacs que les enfants peuvent emmener partout : à la plage, dans la voiture, chez le médecin… Elle permet de stimuler leur créativité plutôt que de patienter derrière un écran », ajoute la co-fondatrice.

L’entreprise vendéenne s’est également lancée sur le marché des produits personnalisables : coussins, lampes, abat- jour, toises, veilleuses nomades, bavoirs, doudous…

Si les produits de J’vais l’dire à ma mère sont déjà commercialisés en ligne et dans des magasins de Vendée, l’ambition des deux femmes va bien au-delà : « Notre objectif est à terme de proposer nos créations à des musées, aquariums, zoos, magasins de jouets… »