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Hausse des carburants : les entreprises du TP dénoncent l’inaction du gouvernement

Face à l’envolée du prix des carburants et un gouvernement sans réponses, la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage a récemment organisé des opérations escargot et barrages filtrants sur le périphérique nantais. Une mobilisation visible, mais restée pour l’instant sans effet.

Emmanuel Rochetau, dirigeant ATDV (au centre) lors d'un barrage filtrant.

Emmanuel Rochetau, dirigeant ATDV (au centre) lors d'un barrage filtrant. CNATP

Le 19 mars, puis le 7 avril 2026, des convois d’engins de chantier ont organisé des opérations escargot sur le périphérique nantais. La Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP), qui regroupe plus de 75 000 entreprises artisanales et 104 000 salariés, y réclamait l’alignement du prix du gazole non routier (GNR) sur le tarif du régime agricole et un allègement de taxe sur le carburant.

Après un hiver difficile, marqué par des conditions météorologiques ayant ralenti les chantiers et retardé les facturations, la flambée du GNR et des matériaux dérivés du pétrole est venue aggraver la situation. Essentiel au fonctionnement des pelleteuses, camions et compacteurs, ce carburant pèse désormais lourdement sur les coûts d’exploitation. Le problème est d’autant plus critique que 80 % des contrats sont conclus dans le cadre de marchés privés, sans possibilité de révision des prix. Résultat : les entreprises absorbent seules la hausse.

« Nos structures sont en péril », témoigne Emmanuel Rocheteau, gérant d’ATDV, société de travaux publics à Legé. « Ça me coûte entre 40 et 50 euros de plus par jour et par véhicule et je ne parle que du carburant. Nos chantiers sont déjà vendus, on ne peut pas réajuster les prix. » Une situation qui fragilise à la fois l’emploi et la rentabilité des structures.

Dans ce contexte, la profession dénonce un traitement inégal. Des dispositifs existent déjà pour les agriculteurs et les transporteurs, mais pas pour les artisans du BTP. Les revendications de la CNATP sont pourtant ciblées : alignement du tarif du GNR sur celui du régime agricole, augmentation de la remise carburant à 0,45 euro par litre pendant la crise, et possibilité de récupération mensuelle des taxes, comme dans le transport routier. Autant de mesures jugées « pragmatiques » par la profession, qui estime ne pas bénéficier du même niveau de soutien que ses voisins économiques.


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Des artisans également sous pression

La flambée des prix du carburant et de l’énergie n’épargne pas le tissu artisanal. Fortement dépendantes des déplacements et des consommations énergétiques, de nombreuses entreprises voient leurs coûts d’exploitation exploser. Selon la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) des Pays de la Loire, « certains professionnels doivent faire face à des surcoûts pouvant atteindre 2 400 euros par an, sans pouvoir les répercuter sur leurs tarifs ».

Les activités particulièrement exposées sont celles liées à la mobilité, comme les artisans ambulants, mais aussi le secteur de la boulangerie. Face à cette situation qui pèse directement sur les marges et accentue les risques de fragilisation économique, la Chambre de métiers et de l’artisanat des Pays de la Loire renforce son accompagnement. Diagnostics énergétiques, optimisation des déplacements ou encore transition vers des équipements moins énergivores : l’objectif est d’aider les entreprises à contenir leurs coûts et à adapter leur modèle dans un contexte durablement incertain. « Nous invitons toutes les entreprises artisanales fragilisées par cette situation à contacter le 3006 afin de bénéficier d’un accompagnement dédié », indique Joël Fourny, président de la CMA des Pays de la Loire.

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