Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Feu vert pour le nouveau CHU

L’événement est rare. La signature le 16 juillet dernier, devant les médias, du permis de construire du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) sur l’île de Nantes pour l’État par le Préfet Claude d’Harcourt, témoigne de l’importance accordée à ce dossier, « le projet le plus important en matière de santé publique en France ».

Les 209 000 m2 du nouveau CHU seront réalisés sur une emprise de 10 hectares le long de la Loire sur l’île de Nantes. @ Image CHU A&B

La contestation par un certain nombre d’opposants du bien-fondé de ce regroupement prévu sur la rive sud de l’île de Nantes et les interrogations quant au financement d’un projet à presqu’un milliard d’euros ont amené, l’État, l’Agence Régionale de Santé (ARS), Nantes Métropole et le CHU, à réaffirmer leur investissement dans ce projet « essentiel pour une prise en charge optimisée, sécurisée et de qualité pour tous les habitants de la région de Nantes ».

Le chantier dont le lancement est envisagé pour octobre 2020 va impliquer de nombreuses entreprises jusqu’en 2026, date prévue pour sa mise en service. Si les recours éventuels ne retardent pas le processus.

Une opportunité pour les entreprises du BTP

« Dès le mois de septembre prochain, nous allons envoyer au monde industriel et économique un descriptif des modalités de conduite des opérations de travaux avant de lancer les marchés et les consultations d’entreprises fin 2019 début 2020 », précise Philippe Sudreau, directeur général du CHU de Nantes. Le futur hôpital regroupera sur le même site, les services de l’actuel Hôtel-Dieu dont les urgences, l’hôpital mère-enfant et l’hôpital Laennec à Saint-Herblain, ainsi que l’institut de Recherche et de Santé, au sein d’un nouveau quartier de la santé associant soin, formation et recherche.

Autorisation pour la géothermie

Il aura fallu un an pour permettre à l’État d’instruire le complexe dossier du permis de construire portant sur 209 000 m2, déposé officiellement le 27 juillet 2018, avec, au moins un an de préparation et de travail avant ce dépôt reconnaît Thierry Latapie-Bayroo, directeur de la direction départementale des Territoires et de la Mer. Car ce n’est pas un seul permis qui était sollicité mais plusieurs autorisations. 

Le plan de financement reste équilibré,
très suivi et soutenu. Le montant du projet représente un an
de fonctionnement
du CHU de Nantes.

Philippe Sudreau, directeur général du CHU

La première délivrée dès octobre 2018 permet la création d’une hélistation dédiée aux transports sanitaires du futur CHU. Les deux autres accords délivrés par l’État le 16 juillet répondaient à la demande de permis d’exploitation et l’autorisation d’une installation de géothermie à basse température d’une part et d’autre part sur l’autorisation environnementale unique «Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE)». L’avis favorable de l’Autorité environnementale avait été obtenu en février 2019.

Philippe Sudreau se réjouit de cette délivrance du permis de construire, « étape majeure » : « les décisions prises par les services de l’État viennent récompenser plusieurs années d’investissement des équipes de l’établissement, du mandataire du CHU (Soderec) et de la maîtrise d’œuvre (Art & Build, Pargade architectes, Artelia et Signes Paysages). Une collaboration étroite a été menée entre l’ARS, la Région des Pays de la Loire, Nantes Métropole, la Samoa et pour l’IRS 2020, l’Université de Nantes et l’Inserm ».

« Encore un marathon devant nous »

« Le pari est d’ores et déjà gagné », estime le professeur Gilles Potel chef du pôle médecine, urgences et soins critiques. Mais il reste un certain nombre d’étapes à franchir. « Nous avons encore un marathon devant nous », reconnaît Philippe Sudreau qui tient à rassurer sur le montage financier :
« le plan de financement est équilibré, très suivi et soutenu. Le montant du projet représente un an de fonctionnement du CHU de Nantes ». Soit précisément aujourd’hui 953 millions d’euros, toutes dépenses confondues dont 108 millions pour l’équipement et le mobilier. Ce budget sera assuré par une subvention de l’État à hauteur de 225 millions d’euros, déjà attribuée, d’emprunts en cours de négociation (notamment avec la Banque des territoires-Caisse des dépôts) pour 414 millions et 314 millions d’euros d’autofinancement du CHU.

Vente du site de l’hôpital Nord

« Nous sommes un CHU en excellente santé financière, avec un taux de marge de 7,6%, un excédent budgétaire de plus de deux millions d’euros, et une capacité d’autofinancement de 63 millions », a assuré Philippe Sudreau
le 16 juillet dernier. Cet autofinancement, s’il ne comprend pas la vente du site actuel de l’Hôtel-Dieu, échangé avec la métropole contre le site de l’île de Nantes (et qui reviendra à celle-ci en 2027 après le déménagement), prend toutefois en compte la vente de l’hôpital Nord Laennec estimé par France Domaine à environ 30 millions d’euros, qui sera également vendu après le déménagement.

Restera à Nantes Métropole de respecter un engagement, d’ailleurs souligné dans les observations du commissaire enquêteur : l’ouverture des lignes de tramway pour la desserte du nouveau CHU à sa mise en service en 2026.