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[ Élections régionales ] Les propositions économiques en Pays de la Loire – Partie 1

Le 8 juin, les représentants du monde économique ligérien ont invité les principaux candidats aux élections régionales à s’exprimer sur quatre thèmes choisis par la CPME, le Medef et l’U2P régionales. Zoom ici sur deux thématiques : l’attractivité et l’aménagement du territoire d’un côté et les mutations et transitions environnementales de l’autre.

Elections

Le Conseil régional à Nantes. © Région Pays de la Loire - Ouest Médias

Contribuer à éclairer le choix des citoyens, tout du moins sur la partie économique. Telle était l’ambition de la table-ronde organisée le 8 juin, dans le cadre des élections régionales 2021, par la CPME Pays de la Loire, le Medef Pays de la Loire et l’U2P Pays de la Loire. L’événement, qui s’est déroulé à la Fab’Academy de l’UIMM, à Bouguenais, près de Nantes, a accueilli cinq têtes de liste1 invitées à exprimer leur projet et à présenter leurs orientations politiques. Sans débat, sur quatre thématiques retenues par les trois syndicats patronaux : Attractivité et aménagement du territoire, mutations et transitions environnementales, emploi, formation et compétences et développement économique des entreprises. Un dernier sujet était consacré aux relations avec l’ensemble des représentants du monde économique.

Nous vous proposons un florilège des idées forces émises par chaque candidat sur les deux premiers sujets. Un exercice réalisé dans un temps très contraint, chacun n’ayant en effet que trois minutes trente pour s’exprimer sur chaque item.

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Christelle MORANÇAIS (LR)

  • Attractivité et aménagement du territoire

« Je veux que la région des Pays de la Loire ne soit pas uniquement à Nantes (…), qu’elle s’intéresse à tous les territoires, quels qu’ils soient. » L’actuelle présidente de la Région voit le Conseil régional comme « un trait d’union qui fait accélérer, qui accompagne l’ensemble des projets ». Pour elle, la réponse à l’attractivité du territoire, c’est le collectif. « L’étiquette politique, on s’en fiche », insiste-t-elle, indiquant vouloir s’appuyer sur l’expérimentation dans les territoires en s’adaptant aux besoins de chacun.

  • Mutations et transitions environnementales

« L’écologie que je porte, c’est celle de la croissance et du faire ensemble », annonce Christelle Morançais qui estime qu’elle n’a pas à rougir de son bilan, avec 350 M€ mis sur la table concernant la transition écologique. Pour elle, l’enjeu est d’embarquer les entreprises, quelle que soit leur taille et de « faire en sorte que la région soit pionnière » sur des projets tels que l’avion vert, le cargo à voile, le recyclage de textiles ou encore l’hydrogène.

Le « redécollage » de l’aéroport et l’amélioration de la ligne TGV évoqués

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François DE RUGY (LREM)

  • Attractivité et aménagement du territoire

Le député de Loire-Atlantique, ancien ministre de la Transition écologique, a pointé les défis à relever du fait de l’attractivité de la région et rappelé qu’en matière de dynamisme économique, « rien n’est jamais acquis ». Pour nourrir cette dynamique, la priorité absolue doit être donnée selon lui au numérique pour que tous les territoires soient couverts car « c’est un enjeu pour la compétitivité, la formation, la santé ».

Sur les transports, il souhaite que tout ne soit pas orienté vers les transports en commun, mais que des solutions innovantes soient par ailleurs recherchées, en partant des besoins exprimés par les entreprises. Le candidat de la majorité présidentielle a par ailleurs évoqué la nécessité de préparer le « redécollage » de l’aéroport et l’amélioration de la ligne TGV.

  • Mutations et transitions environnementales

« Ma vision de l’écologie est fondée sur la science », annonce François de Rugy, qui veut « soutenir la recherche scientifique pour trouver des solutions aux problèmes » et ainsi enclencher un cercle vertueux entre écologie et économie. Il propose notamment de monter un groupe d’experts qui analysera les effets prévisibles du réchauffement climatique sur tous les territoires et tous les secteurs d’activité. Autres propositions : s’engager « résolument » dans le développement des énergies renouvelables et que la Région supervise le déploiement des bornes de recharge électrique pour les véhicules.

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Guillaume GAROT (PS)

  • Attractivité et aménagement du territoire

Le député de Mayenne, ancien maire de Laval, souhaite que l’on pense à « l’attractivité de l’ensemble des territoires » et prévoit pour ce faire de « fibrer le plus vite possible », mais surtout agir sur la question des transports. « Je veux donner la priorité au train », avec un maillage suffisamment fin pour permettre à chacun d’aller travailler facilement, dit-il. Pour lui, « tout ne peut pas être fait à Nantes ou depuis Nantes » si on veut une irrigation de tout le territoire régional. Il se dit par ailleurs adepte de « l’écologie populaire », indiquant par là qu’il ne faut pas oublier la voiture, proposant d’accompagner les citoyens, les salariés, vers un usage moins polluant de celle-ci, via le covoiturage par exemple.

  • Mutations et transitions environnementales

Guillaume Garot propose la mise en place de plans stratégiques de filières afin d’éviter que « chacun réfléchisse dans son coin » et que cela conduise à une absence de solidarité. Il compte aussi doubler l’effort budgétaire régional en matière de recherche et d’innovation, « clé pour l’avenir ». Avant cela, le candidat annonce vouloir réussir la sortie de crise et propose un fonds anti-faillite de 200 M€ « pour aider les entreprises pour lesquelles c’est très compliqué en ce moment ».

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Hervé JUVIN (RN)

  • Attractivité et aménagement du territoire

Partant du principe que chacun « est le mieux habilité à décider de ce qui le concerne », l’actuel député européen propose que la Région contribue à l’organisation, à la demande d’au moins 10% des inscrits, de référendums d’initiative locale. Il ambitionne aussi qu’un habitant sur deux soit « directement actionnaire ou sociétaire d’une entreprise des Pays de la Loire » afin de renouer le lien direct entre citoyens et entreprises. Il souhaite également que le territoire de Nantes Saint-Nazaire accueille le projet de Centre européen de l’innovation et des industries de la mer.

  • Mutations et transitions environnementales

Hervé Junin annonce vouloir mettre sur pied « une école du goût et de la santé » qui informerait mieux les citoyens, quel que soit leur âge, sur les bénéfices des circuits courts, des légumes de saison et du terroir « parce que le sujet de santé public lié à la dégradation de la qualité de l’eau, de l’air et des sols peut prendre des proportions dramatiques dans les prochaines années. » Il propose aussi « un indicateur de la responsabilité locale et territoriale des entreprises » et que toutes les aides régionales obéissent à cet indicateur.

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Matthieu ORPHELIN (EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS)

  • Attractivité et aménagement du territoire

Le député du Maine-et-Loire a rappelé qu’un projet économique de 50 mesures porté par sa liste était sur la table depuis avril. « Le grand enjeu des Pays de la Loire, c’est l’égalité des territoires », assure-t-il et, pour y répondre, il propose un « big bang de l’offre dans le ferroviaire, les bus et cars à liaison rapide, les vélos ».

Pour soutenir l’attractivité du territoire, il souhaite aussi aider les commerçants à se réinstaller dans les centre-bourgs grâce à un prêt à taux négatif. Autre piste évoquée : le soutien au slow tourisme régional. Le candidat veut aussi que « ça change dans la coopération entre les territoires ». Pour lui, la région ne peut pas rester avec la fracture actuellement constatée entre les métropoles et les territoires ruraux.

L’égalité entre les différents territoires au cœur des préoccupations affichées par les candidats.

  • Mutations et transitions environnementales

Pour Matthieu Orphelin, « l’écologie, c’est l’emploi ! » Dès lors, le candidat propose d’investir 1 Md€ supplémentaire, dont 200 M€ financés par l’épargne des citoyens, sur les cinq premières années du mandat, afin d’accompagner les projets de transformation portés par les collectivités et le monde économique. Il affirme également qu’il faut une nouvelle stratégie industrielle pour la région. Il ambitionne ainsi d’inaugurer cinq nouvelles usines au cours du prochain mandat : de recyclage des batteries électriques, de semi-conducteurs, de recyclage des avions en fin de vie, un pôle sur les énergies renouvelables et une usine de production de vélos. Il précise que le soutien aux entreprises sera conditionné à des engagements en matière d’égalité femmes-hommes, au maintien des emplois sur le territoire et à la transition écologique.

1) Il s’agit des cinq principaux candidats apparus d’après le dernier sondage d’opinion effectué avant le 8 juin.