Couverture du journal du 22/10/2021 Consulter le journal

Les biotechs manquent toujours d’investisseurs

Atlanpole biothérapies a tenu son AG le 21 septembre. Le pôle de compétitivité de la filière santé compte poursuivre ses efforts pour attirer les investisseurs et lever des barrières réglementaires qui freinent le développement de biotechs en plein essor.

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L’assemblée générale du pôle de compétitivité Atlanpole biothérapies, qui s’est tenue à Nantes le 21 septembre, a permis de faire le point sur l’année écoulée. Une année marquée par les suites de la pandémie, avec des biotechs en première ligne pour trouver des solutions au coronavirus. Mais aussi la mise au jour de « trous dans la raquette », en particulier dans la production nationale. Le plan France Relance et ses appels à projet pour la réindustrialisation compte 11 lauréats dans le grand Ouest.

UN NOUVEAU FONDS À 445 M€

Autre problématique majeure de la filière : le financement. Force est de constater que, malgré des avancées, il reste toujours insuffisant en Europe. Maryvonne Hiance, vice-présidente du pôle mais aussi d’Ose Immunotherapeutics et de France Biotech, rappelle combien « développer un médicament coûte cher, jusqu’à un milliard d’euros de dépenses, depuis la recherche jusqu’à la production ». Mais elle reconnaît qu’il y a eu des progrès, qu’elle met au compte de la pandémie : « Il y a quatre à cinq ans, il était inimaginable pour une biotech européenne de dépasser le stade de l’étude de toxicité. Aujourd’hui, on peut se lancer dans les essais cliniques sur patients et la production d’une partie des médicaments car certains fonds ont renforcé leurs capacités. » Ainsi du capital-risqueur européen Sofinnova qui a finalisé, en mars, la création d’un fonds de 445 M€ pour les biotechs, le plus gros en Europe à ce jour. Pour trouver des fonds, France Biotech organise les 4 et 5 octobre à Paris, la troisième édition de Health Tech Innovation Days : deux jours destinés à faire se rencontrer biotechs, medtechs et investisseurs. Un événement qui monte en puissance. L’édition de 2019 comptait 83 investisseurs quand celle de 2020, pourtant organisée en pleine pandémie, en a attiré 300 dont seulement 16 % de Français.

Enfin, reste la question des freins réglementaires. Si les biotechs reconnaissent la nécessité de contrôles attentifs pour éviter les dérives, les acteurs de la filière estiment qu’en France l’organisation administrative est trop lourde. Et s’appuient sur l’exemple belge, leader en essais cliniques, pour tenter d’alléger les procédures.

En chiffres

Atlanpole biothérapies, qui regroupe les biotechs des régions Pays de la Loire, Bretagne et Centre-Val-de-Loire, compte aujourd’hui 220 membres, contre 160 il y a trois ans.