Couverture du journal du 22/10/2021 Consulter le journal

« En selle ! Entreprendre à vélo », direction Saint-Nazaire

Le deux-roues gagne du terrain dans les centres-villes et les actions entrepreneuriales associées se multiplient. Exemple sur le littoral avec le nouveau collectif « En selle ! Entreprendre à vélo à Saint-Nazaire ».

collectif « En selle ! Entreprendre à vélo à Saint-Nazaire »

© D. R

« En selle ! Entreprendre à vélo à Saint-Nazaire » est un collectif qui vient d’être créé à l’initiative de Damien Becquaert, gérant des Coliporteurs nazairiens, un service de livraison de colis, du simple pli à la palette de 200 kg. « Le dernier kilomètre en centre-ville est le plus cher, le plus compliqué, le plus polluant », avance Céline Deboudard, son épouse, qui l’accompagne dans ce projet de vélo-cargo découlant d’une volonté à la fois économique et écologique. D’après une étude de l’Université de Westminster, sur laquelle s’appuie ce groupement de professionnels, le vélo-cargo permet de livrer « 60 % plus rapidement et génère 90 % d’émission carbone en moins qu’une camionnette ». La jeune femme abonde : « 25 % des émissions de CO2 produits en ville sont dus aux transports de livraison. »

CONVAINCRE LA SPHÈRE ÉCONOMIQUE

L’objectif est clairement de stopper le routier en périphérie. La politique des villes, et Saint-Nazaire joue le jeu, va dans ce sens d’encourager la mobilité douce par cette démarche innovante de transition écologique. En témoignent « les partenariats en cours de réflexion » avec les gros acteurs du secteur « comme Coliwest dans la région », ou le plan national élaboré par le ministère des Transports favorisant cette livraison dite du dernier kilomètre. « Avec ce collectif, l’idée est de promouvoir l’entrepreneuriat à vélo », assure Damien Becquaert. 10 000 € ont suffi pour démarrer sa nouvelle activité.

Qu’ils interviennent dans le domaine de la restauration, la réparation-entretien, ou la collecte de déchets, les adhérents du collectif, au nombre de huit à ce jour, entendent mutualiser leurs compétences pour inciter à l’utilisation du deux-roues dans la sphère économique. Morgane Jaunay, présidente de l’association La Tricyclerie nazairienne, qui collecte à vélo entre 600 et 800 kg de déchets organiques chaque semaine, déposés ensuite auprès de l’entreprise guérandaise Compost in situ, l’affirme : « On peut créer une activité et entreprendre à vélo. » Autre exemple : avec Fourchette et bicyclette, Claire Chevallereau affiche déjà 11 000 km au compteur sur la selle de son biporteur depuis le lancement de son activité de livraison de paniers repas bio et faits maison, il y a deux ans. Selon elle, l’activité « se porte bien, dans le prévisionnel établi » avec un tiers de clients entreprises et l’ouverture d’un pas de porte en centre-ville à l’automne dernier.