Convertir l’énergie des vagues en électricité tout en protégeant le littoral. Tel est le pari de Wave-Op, qui a repris en septembre le chantier de son démonstrateur Dikwe dans le port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), après une interruption liée à la tempête Goretti. La mise en service de sa digue houlomotrice est attendue début 2027.
Créée par le groupe de construction Legendre et Geps Techno, spécialiste des solutions de production d’énergie et d’autonomie en mer, la start-up développe une solution qui intègre des volets oscillants sur la face exposée des digues. Actionnés par la houle, ils entraînent un système mécanique et hydraulique qui convertit le mouvement en électricité. Le dispositif doit aussi contribuer à limiter les contraintes exercées par les vagues sur les ouvrages côtiers.
Équipé de trois modules sur 25 m de digue, le démonstrateur affichera une puissance de 330 kW, pour une production annuelle estimée à 200 MWh. Il doit vérifier deux points : la capacité du dispositif à protéger la digue et la conformité de la production électrique aux prévisions. « Le démonstrateur, c’est vraiment la preuve pour nos futurs clients que le projet fonctionne, y compris dans ses deux fonctions », explique Quentin Henry, directeur de Wave-Op. Cofinancé par l’Ademe, le projet représente plusieurs millions d’euros d’investissement selon le dirigeant.
Si la start-up « n’a pas encore de première commande », reconnaît Quentin Henry, elle échange néanmoins avec une vingtaine d’autorités portuaires intéressées par sa solution. Des études de faisabilité ont été réalisées et certaines envisagent un projet pilote, mais sont encore à la recherche de financements.
L’enjeu sera aussi économique. Wave-Op vise un modèle dans lequel les revenus de la vente d’électricité compensent le surcoût éventuel de la digue houlomotrice. « Le coût doit être le même entre une digue classique et notre projet », résume le dirigeant, qui évoque un amortissement d’environ vingt ans pour la partie énergétique. L’entreprise vise 50 MW installés d’ici à 2035.
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