Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

60 000 Rebonds : une ode à la résilience

Organisé par l’association 60 000 Rebonds, le troisième Forum du Rebond Grand Ouest était placé cette année sous le thème de la résilience, faisant la part belle aux témoignages et aux récits de vie.

« Quand on sort d’une soirée 60 000 Rebonds, on est différent. Ça nous permet de grandir… » Pourtant confronté régulièrement aux témoignages d’entrepreneurs éprouvés par l’échec, le président de 60 000 Rebonds Grand Ouest, Philippe Fourquet, a laissé transparaître son émotion au moment de conclure ce 3eForum du Rebond. Une émotion qui avait cueilli à plusieurs reprises les quelque 300 personnes venues écouter « des histoires de vie ». Avec, pour thématique centrale de cet événement, la résilience.

Le triple traumatisme de la faillite

Citant le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui a beaucoup travaillé sur ce concept, Philippe Fourquet a relevé dès le début de la soirée deux points majeurs pour parvenir à se reconstruire après avoir été confronté au triple traumatisme provoqué par une faillite sur le plan personnel, professionnel et financier. D’abord, il ne peut y avoir de résilience sans une main tendue. Ensuite, il faut une assurance intérieure. Or, « quand on transpose ce que fait 60 000 Rebonds, on sort les entrepreneurs de l’isolement, on leur tend la main et on les aide à retrouver l’estime et la confiance en soi », a constaté Philippe Fourquet.

Invité d’honneur de cet événement, Philippe Pozzo di Borgo, qui a inspiré le film « Intouchables », a partagé son expérience et quelques réflexions. Mentionnant l’accident de parapente qui l’a rendu tétraplégique, il a ainsi évoqué un « avant » et un « après ». Un témoignage qui a forcément touché un public sensibilisé aux accidents de la vie. « L’objet, c’est de se reconstruire dans l’après… Encore faut-il rebondir dans le bon sens », a-t-il relevé. Une troisième vie, qui implique, selon lui, « de revisiter le monde que l’on a connu dans le succès, mais en tenant compte de sa fragilité, de ses vulnérabilités ».

Sonder son intériorité

Pour parvenir à cette nouvelle vie, l’auteur de l’ouvrage « Le Second souffle » a incité le public à suivre son exemple en allant sonder leur intériorité. « Quand vous êtes des mois et des mois dans une chambre d’hôpital, dans un espace limité, dans le silence et dans l’immobilité, le nez au plafond, finalement, dans ce plafond, vous vous retrouvez. L’intériorité, c’est le reflet de vous sur ce plafond. Vous retrouvez votre conscience, votre innocence et même le sens du bien et du mal. Dans ma vie professionnelle, j’avais parfois des ambiguïtés », a ainsi témoigné Philippe Pozzo di Borgo. Et de poursuivre : « Dans la première vie, on est constamment dans la projection. On court, on fait du bruit, on est dans l’agitation, on pense à demain qui sera mieux. Et tout à coup, on est dans le silence et l’immobilité et ce qui nous tombe dessus et que nous n’avions pas du tout perçu, c’est l’importance du présent. On investit très pesamment au début le présent et l’espace immédiat autour de soi. Et tout d’un coup on devient disponible à la relation. C’est ce qui m’a permis de rebondir. » 

Invitant également les entrepreneurs présents à faire un pas de côté, à se décentrer, Philippe Pozzo di Borgo a conclu son intervention par un parallèle entre le grand handicap et les accidents de la vie, interpellant au-delà du seul public de ce forum. « Si on ré-incluait dans la société les gens très abimés, ça ferait du bien à tous, y compris à la société. De la même façon, si vous revenez dans l’entreprise comme patrons, vous serez certainement bien meilleurs. »