Le calendrier est respecté et l’espoir renaît. Placée en redressement judiciaire depuis décembre 2025, la marque nantaise N’Go Shoes a enregistré, à la date butoir du 30 avril, trois offres de reprise. « Une première victoire après ces longs mois d’incertitude », confie son cofondateur Kévin Gougeon.
Si le contenu des propositions déposées au tribunal de commerce de Nantes demeure confidentiel, leur existence même marque un tournant. Fin février, l’entreprise encaissait encore le retrait brutal de son investisseur Leadcap, à la veille du dépôt d’une offre pourtant finalisée. « Un coup de massue », résume le dirigeant, qui dans la foulée, a choisi d’exposer publiquement les difficultés de l’entreprise qui fait produire ses baskets de façon équitable dans des ateliers situés au Vietnam.
Un pari peu courant mais tout à fait assumé : « La transparence fait partie des valeurs de N’Go Shoes. On ne peut trouver des solutions qu’en acceptant de parler de ses difficultés », explique-t-il. Résultat : un afflux de sollicitations et une mobilisation inattendue. « Grâce à cet élan de solidarité, j’ai reçu de nombreux appels d’investisseurs motivés à sauver l’aventure. »
Sur le fond, les offres déposées répondent à l’enjeu central de l’entreprise : financer son besoin en fonds de roulement afin de relancer la production. Un seuil minimal, estimé entre 100 000 et 150 000 euros, semble atteint. « Si les offres ont été déposées, c’est qu’elles permettent de relancer la machine », assure Kévin Gougeon.
La prochaine étape se jouera désormais au tribunal de commerce de Nantes, qui devra départager les trois investisseurs lors d’une audience attendue fin mai ou début juin. L’offre retenue pourrait permettre de clore la procédure de redressement et sécuriser l’avenir de la marque.
D’ici là, prudence et lucidité dominent. « Le signal est très encourageant, mais rien n’est encore joué. On entre dans un mois décisif », prévient le dirigeant. Entre soulagement et vigilance, N’Go Shoes avance sur une ligne de crête. « C’est une étape franchie, un nouveau souffle, mais le sommet est encore loin. On reste concentrés, on garde la tête froide, et on continue de construire la suite. »
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