Couverture du journal du 04/05/2026 Le nouveau magazine

Crise au Moyen-Orient : ondes de choc pour le bâtiment

Les entreprises du bâtiment pensaient sortir de deux ans de crise, la guerre au Moyen-Orient remet en cause l’éclaircie du début d’année. Hélène Bourcier, présidente régionale de la FFB, alerte sur les réalités du terrain et la baisse du moral des dirigeants.

Hélène Bourcier, présidente régionale de la FFB des Pays de la Loire.

Hélène Bourcier, présidente régionale de la FFB des Pays de la Loire. ERIC CABANAS - IJ

Les ondes de choc du conflit au Moyen-Orient touchent directement les entreprises régionales. La dérive haussière du prix des carburants a incité la présidente régionale de la Fédération française du bâtiment (FFB) à demander directement au préfet la mise en place urgente d’un observatoire des prix pour contrer d’éventuelles pratiques spéculatives. Elle n’a toujours pas eu de réponse. L’augmentation du prix des matériaux (colles, peintures, isolation, bois, métal), entre 10 et 30 %, en découle directement.

La FFB appelle les maîtres d’ouvrage « à une attitude responsable dans la révision des prix des chantiers en cours » et à inclure des clauses d’imprévisibilité dans leur devis, dont la validité se raccourcit à un mois, voire quinze jours. « Avec une inflation menaçant de dépasser les 2 %, le risque d’augmentation automatique du Smic pèse sur les masses salariales des entreprises alors que le pouvoir d’achat des collaborateurs est déjà sous pression », prévient Hélène Bourcier.

L’enquête de conjoncture menée par la FFB révèle que 42 % des entreprises déclarent une activité inférieure à la normale et 51 % des dirigeants anticipent une baisse de leurs marges pour le premier semestre 2026.

Par ailleurs, la profession affronte un gros coup de vent qui efface les tentatives de relancer le secteur du bâtiment avec le plan Jeanbrun et l’élargissement du prêt à taux zéro. D’autant plus que les dernières mesures annoncées pourraient avoir un effet à double tranchant. « L’assouplissement du dispositif Jeanbrun dans l’ancien et l’éligibilité de l’individuel sont des signaux positifs. Cependant l’exclusion du neuf dans l’individuel reste un frein majeur pour atteindre l’objectif des deux millions de logements en 2030. Le plan d’électrification, à marche forcée, bien que nécessaire pour la transition, inquiète par son manque de concertation. L’exclusion des chaudières gaz et des PAC (pompes à chaleur, NDLR) hybrides dès 2027 dans le collectif neuf menace de retarder de nombreux projets en cours d’étude », s’inquiète Hélène Bourcier.