Une fresque contemporaine colorée sur la façade d’un bâtiment napoléonien inscrit sur le fichier national des monuments historiques et fraîchement rénové, cela peut surprendre. Quand cette œuvre vient illuminer la devanture de la boutique de café installée à cette adresse, cela est encore plus inhabituel. Et lorsque l’on apprend que le tableau représente les valeurs de l’entreprise et ses engagements en faveur de la planète, comme au musée, il faut prendre le temps de s’arrêter et de le regarder un instant. « Il y a un an et demi, nous sommes devenus entreprise à mission, nous recyclons nos déchets, les gobelets de nos clients, le marc de café… C’est pourquoi j’ai voulu graver dans le marbre nos valeurs », détaille Mathieu Tougeron.
Avant de confier la mission au grapheur lyonnais Kesadi, Mathieu Tougeron a interrogé ses cinquante salariés pour savoir quelles actions RSE menées par l’entreprise les avaient le plus marqués et ce qui les interpellait le plus en termes de surconsommation. Une centaine de post-it a ensuite été donnée à l’artiste urbain, reconnu pour ses engagements en faveur de l’environnement, pour qu’il s’en empare.
« Ce que j’ai aimé chez lui, c’est justement qu’il dénonçait la surconsommation, le fait que le monde tourne à l’envers. Notre café vient de loin. Demain, s’il n’y a plus de café, il n’y a plus d’entreprise. D’où l’importance de prendre soin de nos producteurs pour préserver le produit et aussi d’opter pour un mode de transport plus vertueux », détaille Mathieu Tougeron.
Trois jours durant, du 14 au 16 avril, Kesadi a peint sous l’œil étonné des passants. Sur sa toile, une des actions fortes des Cafés Albert ressort nettement : le transport à la voile. L’an dernier, 740 tonnes de café produites au Brésil, Guatemala et Colombie ont ainsi voyagé jusque dans l’usine de torréfaction de l’entreprise vendéenne. Cette année, le compteur atteint presque deux tonnes, soit 1 % du volume total. « Chaque année, on s’engage à doubler. L’année prochaine, on s’est fixé l’objectif de quatre tonnes minimum », précise Mathieu Tougeron.
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