Couverture du journal du 12/08/2022 Consulter le journal

Une fondation au service du mécénat en Loire-Atlantique

Mobilisés depuis plus d’un an, 34 entreprises, syndicats, réseaux d’associations, collectivités et institutions ont officialisé le 4 juillet dernier à la CCI le lancement de la fondation territoriale de Loire-Atlantique. Objectif ? Faire du mécénat une solution simple pour réduire les inégalités au sein du département.

La déléguée générale Fanny Lepoivre (au micro) a dévoilé les trois missions principales de la fondation en présence d’une dizaine de membres fondateurs. © IJ fondation

La déléguée générale Fanny Lepoivre (au micro) a dévoilé les trois missions principales de la fondation en présence d’une dizaine de membres fondateurs. © IJ

Unique en France par sa diversité d’acteurs et son périmètre d’action, la fondation territoriale de Loire-Atlantique a été officiellement lancée le 4 juillet à la CCI Nantes St-Nazaire en présence d’une dizaine de membres fondateurs1. Concrètement, il s’agit d’un outil au service du territoire, qui vise à faire du mécénat une solution simple afin de réduire les inégalités sociales, sociétales et environnementales.

Entreprises, syndicats, réseaux d’associations, collectivités, institutions, soit un total de 34 acteurs, co-construisent cet outil depuis un an, dont Fanny Lepoivre, la déléguée générale, a piloté le déploiement : « La fondation est le maillon manquant entre les acteurs pour apporter des réponses et donner des moyens aux artisans/TPE/PME/ETI comme aux associations de relocaliser la philanthropie en circuits courts. Réduire les actions en silos, jouer collectif et écouter son territoire sont les facteurs clés du succès de cette dynamique. »

Après avoir présenté les différents types de mécénat existant (financier, de compétences, en nature) la déléguée générale a insisté sur les trois missions de la fondation : « D’abord mettre en place un point ressources et info mécénat (Prim 44). Cette structure, dont le lancement est prévu pour novembre prochain, rassemblera des outils clés en main qui vont faciliter le recours au mécénat pour les entreprises et associations locales : webinaires, podcasts, conseils, formations, accompagnement sur-mesure… »

La fondation lancera également « des appels à initiatives, poursuit la directrice générale. Parmi les thématiques prioritaires, on peut citer l’égalité des chances à l’école dans les zones rurales et les quartiers prioritaires, ou encore la lutte contre toute forme de violence. Mais il y a aussi l’inclusion, le handicap, les migrants, les inégalités environnementales comme les passoires thermiques, la mobilité domicile-travail, l’accès à une nourriture bio ou de qualité, la sensibilisation à manger moins de viande… Dans ce cadre, un observatoire des inégalités locales sera créé en 2023 autour d’une approche systémique, pour chercher à agir à la racine du problème ». La fondation compte enfin mener des expérimentations comme l’agrégateur de mécénat de compétences afin de rendre cette pratique plus accessible à toutes les entreprises en consultant librement les offres et en accompagnant les associations dans la définition de leurs besoins. « La valorisation et le travail main dans la main avec les acteurs fondateurs sont la clé de voute de ce projet collectif, a précisé Fanny Lepoivre. Fluidifier et faciliter les partenariats entre acteurs associatifs et économiques devrait ainsi leur permettre de décupler leur impact sur le territoire. Ce sera également un réel levier RSE dans une période où chacun souhaite redonner du sens à ses engagements tout en faisant preuve de résilience. »

FLUIDIFIER ET FACILITER LES PARTENARIATS ENTRE ACTEURS ASSOCIATIFS ET ÉCONOMIQUES DEVRAIT AINSI LEUR PERMETTRE DE DÉCUPLER LEUR IMPACT SUR LE TERRITOIRE

UN POTENTIEL DE 12,5 M€ PAR AN

« La fondation territoriale, c’est un beau projet d’accélérateur pour les associations du département et un outil d’embellissement social, s’est quant à lui félicité Gilles de Larauze, co-président de la fondation et dirigeant de Happy Babees, qui propose des crèches interentreprises innovantes à Nantes Métropole. C’est une graine à faire germer dans un terreau déjà fertile. D’ici quelques années, si nos efforts sont récompensés, la fondation deviendra un acteur majeur de la philanthropie en Loire-Atlantique. Effectivement, le département compte 52 500 entreprises, dont près de 10 % effectuent déjà du mécénat. Si nous arrivons à faire doubler ce ratio en aidant chaque entreprise mécène à en motiver une autre à donner 2 500 € par an (soit 1 000 € en coût net pour l’entreprise après réduction d’impôts), la fondation aura 12,5 M€ à redistribuer sur le territoire. »

150 000 € DE DOTATION DÈS SEPTEMBRE

« Une dotation de 150 000 € va permettre de soutenir une dizaine d’associations locales selon trois critères : innovation sociale, approche systémique et besoin de faire la preuve du concept. Cela passera par du coaching, des formations, du mécénat financier, de compétences ou en nature », précise la déléguée générale. Concrètement, la fondation pourrait donc permettre de soutenir les populations migrantes, les femmes, les personnes à la rue, les jeunes, les familles monoparentales ou les personnes âgées. « On est là encore une fois pour combler les trous dans la raquette et l’instruction des dossiers sera menée par des binômes d’experts », ajoute celle qui a piloté le déploiement de cette fondation qui a également vocation « à être reconnue d’utilité publique d’ici 2030 ».

Côté prévisions, la fondation disposera d’un budget de 257 000 € en 2022 (dont 20 % de subventions et 80 % de mécénat) et « l’objectif est d’atteindre un budget de 400 à 600 k€ dès 2023 », conclut Fanny Lepoivre.

1. Les dix membres fondateurs sont la Capeb (syndicat des artisans du bâtiment), le Département, les Écossolies (réseau qui fédère 600 acteurs de l’économie sociale et solidaire), KPMG (audit et conseil), Malakoff Humanis (groupe de protection sociale paritaire), Nantes Métropole, la ville de Nantes, l’association Passerelles et Compétences qui promeut depuis 20 ans le mécénat de compétences, le laboratoire d’innovation partenariale Le Rameau et Réso’Villes, un centre de ressources politique de la ville sur les régions Bretagne et Pays de la Loire.