Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Rendi Renda réinvente le troc entre entreprises

La fintech vendéenne Rendi Renda a lancé en juin 2021 sa plateforme de troc entre entreprises. Elle prépare une levée de fonds pour accélérer son développement.

Rendi Renda Nicolas Boucaud et Grégoire Mahé

Nicolas Boucaud et Grégoire Mahé ont lancé la plateforme Rendi Renda en juin 2021©Simon Bluteau

Pourquoi ne pas échanger des heures de rotative contre une campagne de prospection téléphonique ? Comment faire livrer des imprimés sans débourser un centime de trésorerie ? Où se fournir en photocopieur contre des coffrets de vin ? Concept américain né dans les années 1930 d’après crise, le troc de services ou de marchandises entre entreprises a été remis au goût du jour par deux trentenaires vendéens. Nicolas Boucaud et Grégoire Mahé ont créé Rendi Renda, qui signifie donnant-donnant en patois vendéen, en misant sur l’économie circulaire. Amis de lycée, les deux entrepreneurs au profil complémentaire se sont retrouvés autour de ce projet né du Covid. « Face aux difficultés de trésorerie auxquelles sont confrontés les dirigeants, à la hausse des impayés, à la baisse du chiffre d’affaires, nous avons imaginé une plateforme où les entreprises locales peuvent troquer savoir-faire, stocks et actifs inutilisés », indique Nicolas Boucaud, le commercial du duo. Avec Grégoire Mahé, le gestionnaire, ils ont imaginé un site d’annonces où les sociétés publient leurs offres et leurs besoins, cotés en Rends, la monnaie d’échange du site. Un Rend égalant un Euro, chaque transaction crédite ou débite des Rend’s. Elle donne lieu à une facture par compensation éditée par les adhérents entre eux, avec une valeur comptable en euros. « Résultat, une trésorerie totalement préservée et un chiffre d’affaires complémentaire sans risque d’impayés », précise Grégoire Mahé. La société a deux ans pour réaliser son débit.

Rendi Renda favorise les échanges de proximité

Pour son lancement en juin 2021, ce nouveau canal de troc est volontairement basé sur les besoins locaux, favorisant les échanges de proximité. Basée à la Roche-sur-Yon, Rendi Renda s’est limitée dans un premier temps aux entreprises vendéennes. Car les créateurs auditent (gratuitement) chaque entreprise avant de la référencer sur la plateforme. « Nous identifions avec le dirigeant les potentiels inexploités de sa société : bureaux, véhicules, matériels, espaces de stockage et surtout ses compétences disponibles. Et nous veillons à ce que les offres soient pertinentes et qualitatives afin que de le taux de transformation soit le meilleur possible », explique le duo. Au lancement de la plateforme, ils avaient collecté plus d’une cinquantaine d’offres, plus qu’espéré lors de l’établissement du business plan. Et le taux de transformation est de plus de 50%. « Il va nous falloir recruter des commerciaux pour augmenter notre volume d’annonces et d’adhérents, précise Grégoire Mahé. Car, plus nous aurons de volume, meilleur sera le ciblage des offres. »

Levée de fonds en préparation

Rendi Renda envisage déjà d’élargir sa zone de prospection aux départements limitrophes d’ici la fin 2021 et poursuit l’amélioration de l’outil. Le duo travaille au développement d’un algorithme de matching « poussant » automatiquement les offres aux demandeurs. Pour accompagner ces développements techniques et étoffer leur équipe commerciale, les dirigeants débutent une levée de fonds qu’ils espèrent clôturer au premier trimestre 2022. Rendi Renda, qui se rémunère sur les cotisations annuelles, vise 400 adhérents et l’équilibre financier dans un an. Lors de sa création en janvier 2021, la fintech a bénéficié du soutien de Réseau Entreprendre et d’Initiative Vendée.