Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

La brasserie Mélusine veut fédérer des brasseurs indépendants

La brasserie artisanale Mélusine basée à Chanverrie vient de constituer une structure holding pour mutualiser ses forces de vente avec celles de la brasserie Parisis, acquise il y a un an. Et prévoit de continuer à grossir.

brasserie vendéenne Mélusine

La brasserie vendéenne Mélusine consolide ses positions © Mélusine

Laurent Boiteau, à la tête de la brasserie artisanale Mélusine depuis 2009, succédant à son père Philippe, veut constituer un groupe de brasseurs indépendants autour d’une force de vente commune. Le dirigeant de 50 ans a constitué en juillet 2020 une société holding baptisée Newbeers (7 salariés) destinée à mutualiser les forces commerciales de la brasserie de Chanverrie (15 salariés – 4,5 M€ de chiffre d’affaires) avec celles de Parisis, brasserie artisanale basée à Epinay-sous-Sénard (91), acquise l’an dernier. Petite brasserie de 5 salariés, elle réalise un chiffre d’affaires d’1,1 M€. Newbeers détient 51% du capital et Laurent Boiteau a fait entrer au capital les salariés afin de leur laisser les rênes du développement avec l’objectif d’atteindre la même croissance que Mélusine. « Chaque brasserie gardera son identité, ses recettes et son marketing », affirme Laurent Boiteau. L’idée du dirigeant est d’élargir son catalogue de bières artisanales afin de proposer un plus large choix à ses clients, grande distribution, grossistes CHR (café-hôtels-restaurants), cavistes et réseaux bio.

gamme Mélusine

La brasserie vendéenne propose une quinzaine de bières artisanales ©Mélusine

Mélusine veut quintupler les capacités de production de Parisis

Située dans le bocage Vendéen, la brasserie Mélusine fabrique exclusivement des produits artisanaux et 100% naturels (ni extraits, ni additifs, ni colorants) représentant une quinzaine de références en bouteille et en fûts. C’est l’une des plus grosses brasseries des Pays de la Loire avec plus de 40 000 hectolitres brassés et une quinzaine de références : de la « Love and Flowers » bière de blé aux pétales de rose, à la « Puy d’Enfer » bière triple à 8.5° en passant par la « Hellfest » India Pale Ale à 6.66°.

De son côté, la brasserie Parisis produit à ce jour 3 500 hectolitres et propose huit recettes classiques ou plus typées, auxquelles s’ajoutent des éditions limitées. Avec la mise en commun de leurs moyens commerciaux, Mélusine dispose d’une tête de pont à Paris pour distribuer l’ensemble de la gamme et ouvre à Parisis son réseau de distribution dans l’Ouest de la France. Pour anticiper la montée en charge de Parisis, Laurent Boiteau va investir au moins 3 M€ pour construire une nouvelle unité de production de 2 000 mètres carrés à Combs-La-Ville (77) pour porter les capacités de la brasserie francilienne à 20 000 hectolitres. Ce projet s’accompagnera d’un ou deux recrutements en fonction des volumes. « Nous allons multiplier par cinq les capacités de production de Parisis afin que la brasserie puisse doubler ses ventes tous les quatre ans, à l’image de ce que nous avons réussi à faire avec Mélusine », espère le dirigeant.

projet Parisis

Mélusine construit une nouvelle brasserie de 2 000 m2 pour Parisis à Combs-la-Ville (77) ©Mélusine

Mélusine veut ouvrir un pub de 1 000 mètres carrés avec une micro-brasserie

Quand il prend la suite de son père en 2009, lui-même repreneur de la société en 2005 après une liquidation, Mélusine réalisait un chiffre d’affaires de 400 000€, tout juste à l’équilibre. « Je n’avais aucun a priori car je ne venais pas du monde de la bière », témoigne le dirigeant. Aujourd’hui, après une saison 2021 qualifiée d’ « exceptionnelle » par Laurent Boiteau, la société devrait clore l’exercice en septembre 2021 sur un chiffre d’affaires de 4,5 M€, en croissance de 30% par rapport à 2020, exercice également en croissance malgré la fermeture des bars pendant huit mois. Tirée par la demande, Mélusine va construire un entrepôt logistique de 3 000 mètres carrés, proche de la brasserie vendéenne, pour y stocker les fûts destinés aux CHR. La brasserie va également accroître son parc de fûts et sa cuverie. L’enveloppe s’élève à plus de 2,5 M€. La brasserie vendéenne est soutenue par deux fonds d’investissement, Unexo et Bpifrance, entrés au capital l’an dernier à hauteur de 3%.

Laurent Boiteau nourrit aussi le projet de créer un gros pub de plus de 1 000 mètres carrés intégrant une micro-brasserie et une offre de restauration. Son ouverture est envisagée en 2023. Il veut aussi continuer à grossir en ralliant à Newbeers d’autres brasseurs indépendants. Leurs points communs : des bières artisanales complémentaires aux gammes déjà en portefeuille et commercialisables en dehors de leur région de production. Des discussions sont en cours, qui devraient aboutir en 2022.