Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Le port de l’Ile d’Yeu se veut économe et écologique

Port Joinville, le port de l'Ile d'Yeu, poursuit sa démarche environnementale tout en améliorant le confort et les services aux plaisanciers. Le port vendéen vise la certification « européenne port propre ».

Port Joinville

Le port de Plaisance de l'Ile d'Yeu est classé pavillon bleu depuis trois ans © CCI de Vendée

Classées parmi les aires marines protégées françaises, les eaux qui entourent l’ile d’Yeu sont sous étroite surveillance. A commencer par celle des responsables du port de plaisance qui accueillent en été des milliers de plaisanciers en escale. Située à 20 minutes du continent, au large des côtes vendéennes, Port Joinville a multiplié les actions et la prévention afin de préserver le littoral et le milieu maritime. Lauréat du Pavillon bleu depuis trois années consécutives, il a dernièrement mis en place sur l’aire de carénage des bacs de récupération des déchets dangereux (produits solvants, mastics à bateaux, pots de peinture…) avec l’organisme de tri EcoDDs. Trois bacs de 600 litres ont déjà été remplis depuis octobre 2020 qui seront retraités sur le continent. Et pour éviter de récupérer les déchets ménagers des particuliers, taxés désormais au poids de déchets générés par le foyer, le port a fermé ses bacs et installé des compacteurs à code pour les ordures ménagères. En complément du tri sélectif, il va mettre à la rentrée à la disposition des plaisanciers en résidence un composteur de déchets alimentaires qui sera géré par les employés du port et réutilisé en terreau d’ornement. « L’objectif est d’avoir à évacuer le moins de déchets possibles vers le continent », précise Christophe Guena, directeur du port et responsable de la plaisance.

Le port de l’Ile d’Yeu veut être un port zéro rejet

En matière de gestion de l’eau, Port Joinville veut être un port zéro rejet. Déjà doté depuis 2018 d’une station de pompage pour récupérer les eaux grises et noires de bateaux, et d’un système de récupération de l’eau de la zone de carénage, le port a prévu de gros travaux pour mettre en place un nouveau système de traitement des eaux de carénage plus efficace pour récupérer les microparticules. Et a travaillé avec les bars et les restaurants, qui étendent leur terrasse sur les quais du port l’été, pour qu’ils abolissent gobelets et pailles en plastique. Un agent de prévention tourne sur les quais l’été pour éviter que les canettes et autres serviettes en papier finissent dans l’eau du port. Christophe Guéna achève également un audit du réseau d’eau potable en vue d’installer un dispositif d’alerte de fuite en temps réel et de coupure à distance. Ce souci d’économie a aussi présidé au relamping complet des éclairages du port et des pontons, désormais munis de led et dont une lampe sur deux est éteinte en basse saison. Un guide du marin responsable et des sacs de tri des déchets sont donnés aux plaisanciers pour leur faire connaître toutes ses actions.

Cette démarche environnementale volontariste est faite d’addition de petits efforts. Mais demande un travail à l’année. « Nous avons mis en place un comité de pilotage de 5 à 6 personnes qui choisissent les actions à mener. Il n’y a rien d’insurmontable », assure le directeur. Déjà engagé dans la démarche Econav, le port vise désormais la certification européenne « port propre ».

EcoNav fédère un réseau d’acteurs – entreprises, organismes de recherche et de formation,  collectivités, associations et particuliers – impliqués dans le développement durable des activités maritimes et fluviales. L’association intervient directement auprès de ports de plaisance pour former et informer les gestionnaires sur les infrastructures durables, les mettre en relation avec des ports pilotes sur certaines thématiques ou créer des supports de sensibilisation vers leurs usagers.

Des trottinettes en libre-service

trottinette port Joinville

Des trottinettes électriques en libre-service ont été installées début juillet ©Port Joinville

Port Joinville poursuit parallèlement ses efforts pour proposer de nouveaux services « verts » aux plaisanciers. Port Joinville a installé en juillet 10 bornes pour louer des trottinettes en libre-service. « Il n’était pas question d’opter pour le free floating avec son lot de désagréments : trottinettes déchargées, dégradées, éparpillées aux quatre coins de l’île », explique Christophe Guéna. Le directeur du port de plaisance a donc opté pour la solution de la jeune pousse francilienne Green Riders. La société propose l’installation de bornes électriques clés-en-main qui, comme pour les vélos en libre service, permet de ranger les trottinettes électriques après usage tout en assurant leur rechargement. Conçue et produite en France, cette borne est étanche et résiste aux intempéries et aux dégradations. La réservation, le déverrouillage de la trottinette et le paiement se passent via une application à télécharger par les utilisateurs.
« Nous sommes les premiers à être équipés de ces nouvelles bornes de location. Nous les testons cet été gratuitement en échange de la mise à disposition de la société Green Riders d’une autorisation d’occupation d’espace temporaire et d’un branchement électrique », explique le directeur du port. Et pour améliorer le confort de ses hôtes, Port Joinville, qui est aussi un port de commerce, va faire ériger un mur anti-bruit entre les deux zones afin de réduire les nuisances dues à l’activité de chargement/déchargement des bateaux. Les plaisanciers apprécieront.