Couverture du journal du 23/09/2022 Consulter le journal

Une nouvelle ère pour l’humain dans l’entreprise

Avec la crise sanitaire, les attentes personnelles et professionnelles des salariés ont évolué, faisant entrer les entreprises dans une nouvelle ère. Celle de l’authenticité et de la transparence afin de séduire des candidats désormais en quête de sens au travail.

Anne Brochard, fondatrice de l'Etincelle RH à Nantes et Grégoire Courdé, animeur et directeur de l'agence One x Fidlid. entreprise

Anne Brochard, fondatrice de l'Etincelle RH à Nantes et Grégoire Courdé, animeur et directeur de l'agence One x Fidlid. © D. R.

L’humain au cœur de l’entreprise était le thème du quatrième rendez-vous Belle Boîte, proposé le 27 janvier par l’agence nantaise de communication One x Fidlid au Médiacampus de Nantes. Grégoire Courdé, directeur de l’agence et animateur, précise : « Belle Boîte est un mouvement impulsé l’été dernier pour se questionner sur la place de l’entreprise dans la société autour de rendez-vous, podcasts et études. Aujourd’hui, l’idée est de se pencher sur la place de l’humain dans l’entreprise, à l’heure où le monde du travail est en pleine évolution. »

« Nous sommes effectivement au carrefour de plusieurs mouvements qui vont nous faire entrer dans une nouvelle ère, mais où il y aura toujours une place pour l’humain, confirme Valérie Denis, fondatrice du cabinet Altando, spécialiste en familles entrepreneuriales. Il y a la remise en question de l’organisation du travail autour de l’équilibre vie pro/vie perso, mais aussi l’arrivée sur le marché des Millenials (jeunes nés dans les années 2000). Il y a également un changement profond de perception du temps, avec des jeunes qui se projettent beaucoup moins sur le long terme. Mais aussi un écart qui se creuse entre les multi-diplômés et les personnes sous-qualifiées. On assiste enfin à un besoin de l’individu d’être appréhendé dans sa globalité et plus uniquement comme un salarié, et à un phénomène massif de quête de sens au travail. »

Michel Mérien, DRH du groupe Charier (travaux publics), constate lui aussi cette recherche de sens : « C’est pourquoi on accompagne chaque salarié, en fonction de son parcours, à donner le sens qu’il souhaite à son travail. Peu importe le temps qu’il reste au sein du groupe. Cela implique d’être à ses côtés au quotidien, y compris lors d’incidents de parcours liés à des problèmes personnels ou de santé, à travers la présence d’un médecin du travail à temps complet et d’un service d’assistantes sociales interentreprises. Mais c’est aussi être là pour l’aider en cas de réorientation professionnelle ou de départ en retraite. »

DU BON SENS POUR ÉVITER LE « BIG QUIT »

Pour François Badénès, expert en innovation RH et fondateur de la Fabrique du changement, « au-delà de quête de sens, l’enjeu est de ramener du bons sens dans l’organisation au travail. Aux États-Unis, les entreprises qui ne l’ont pas fait subissent de plein fouet le « big quit » (baptisé en France « Grande démission »). Le phénomène débarque désormais en France, y compris dans le public, et touche surtout les grands talents. » Pour le contrer, le recrutement de nouveaux profils semble être la solution : « Aujourd’hui, les 20 entreprises qui se développent le plus vite dans le monde font plus que jamais appel à l’humain. Cela se traduit par le recrutement de philosophes, sociologues, designers, anthropologues… »

« Compte tenu des nombreux profils en pénurie actuellement, on accorde désormais moins d’importance aux compétences techniques qu’au potentiel et à la motivation d’un candidat, estime de son côté Anne Brochard, fondatrice et dirigeante du cabinet nantais L’Étincelle RH. Cela favorise forcément l’émergence de nouveaux profils. Et vu la forte tendance au questionnement des candidats lors des entretiens, les entreprises ont tout intérêt à faire preuve d’authenticité et de transparence lors du recrutement. » C’est un moyen de bâtir sur des bases solides la relation collaborateur-entreprise, et ainsi de s’assurer qu’elle soit fertile et durable.