Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Les Dirigeants responsables de l’Ouest rendent leur copie

En dépit du contexte particulier et de son format 100% digital, l'Université d'été des Dirigeants responsables de l'Ouest a rencontré un vrai succès, avec 1063 personnes connectées durant deux jours. L’occasion de présenter des solutions concrètes pour mettre en œuvre la transition écologique avec les entreprises.

Être utile » : c’était le thème choisi par l’association DRO (Dirigeants responsables de l’Ouest) comme fil conducteur des deux jours de son Université d’été, les 27 et 28 août. Un événement fortement marqué cette année par les conséquences de la pandémie, tant dans sa forme (100 % digitale) que sur le fond. « Nous devons nous positionner sur la période que nous vivons et notre projet est d’agir en conscience et de façon éclairée, en prenant de la hauteur », a rappelé Lionel Fournier, président de l’association, en introduction.

Après une première journée consacrée à une vision « fondamentale et anthropologique » de l’utilité et à une analyse de « l’impérieuse nécessité de maîtriser » les gaz à effet de serre, la matinée du vendredi a été l’occasion de présenter les chantiers lancés par l’association qui ont abouti à dix solutions concrètes pour diminuer l’impact des entreprises membres sur le climat. « Il y a un an, nous avions globalement fait le constat que nos entreprises étaient vertueuses, c’est-à-dire que les leviers face à la transition écologique étaient devant nous, mais que les transformations collectives à opérer s’avéraient très importantes », a rappelé David Le Glanaer, co-fondateur de Syd et coordinateur des chantiers lancés par DRO. Avec un objectif ambitieux : diminuer de 50 % les gaz à effet de serre d’ici à 2030, une nécessité mise en avant par les scientifiques.
Du recyclage aux nouveaux modes de travail, en passant par la rénovation des bâtiments, ces chantiers, menés par des groupes de travail réunissant dirigeants d’entreprise, experts, associations et représentants de collectivités territoriales, ont abouti à des analyses et des outils permettant d’ouvrir la pos­sibilité à toute entreprise de se lancer dans des actions concrètes. 

Mesurer les impacts : une première action essentielle  

Parce qu’avant de mettre en place des actions correctives, il est nécessaire de pouvoir connaître précisément son empreinte carbone, la start-up nantaise Toovalu a développé un logiciel permettant de la mesurer dans les entreprises via une analyse de l’énergie, de la mobilité, des achats, des bâtiments… puis de proposer un socle commun d’analyse de cette empreinte pour les membres de DRO. Une cinquantaine d’entreprises du territoire, représentant 40 % des salariés des membres de l’association, ont ainsi participé à l’exercice, en recevant pendant une journée une « brigade climat ». « Une méthode de calcul permet de convertir les K€ en CO2. Cela donne un socle commun qui permettra les comparaisons », explique Marie Gaborit, directrice de Toovalu. Sachant qu’en moyenne un salarié produit 11 tonnes de CO2 par an, hors industrie. « Pour les services, on arrive à 7 tonnes, avec l’objectif d’une réduction à 3,5 tonnes. » 

Réduire les temps de transport 

Parmi les thèmes passés en revue, la mobilité des salariés apparaît comme l’un des grands enjeux. Évoquée à plusieurs reprises durant les deux jours, « elle est à l’origine de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, souligne Marie Gaborit,
quand l’énergie et les bâtiments se situent autour de 10 %.  L’ensemble des salariés DRO parcourent 100 millions de km par an, dont 84 % en voiture… » Des conclusions qui rejoignent les travaux d’un autre groupe de travail ayant pour thème « l’optimisation et l’harmonisation de la mobilité des salariés » qui se rendent sur leur lieu de travail. État des lieux, échange de bonnes pratiques, outils de simulation des gaz à effet de serre, étude de synergies inter-entreprises et solutions… Une étude menée sur dix entreprises montre que si une grande majorité des salariés utilisent leur véhicule personnel pour se rendre au travail, le télétravail, avant même la pandémie, avait commencé à se généraliser. « 100 % des entreprises membres de DRO l’utilisaient déjà avant le confinement, constate Éric Yvain, directeur général de Saunier Duval à Nantes, mais il concernait 27 % des salariés, avec, au maximum, un jour par semaine ». Axes prioritaires d’amélioration pour une mobilité plus vertueuse pour les entreprises et salariés interrogés : le télétravail, plébiscité par 95 % des entreprises, la mobilité douce, pour 55 % d’entre eux, l’aménagement des horaires et le covoiturage pour 33%, et pour 15 % le travail rapproché. Cette dernière option est étudiée dans un autre groupe de travail, présenté par Karen Hugé, déléguée générale de DRO. Un concept récent, qui consiste à mettre à disposition de salariés entreprises autres que la sienne des postes de travail plus proches de leur domicile, quelques jours par semaine. « Ce lieu mis à disposition de manière gracieuse offre une alternative au télétravail », explique Karen Hugé. Objectif de ce chantier ? Repenser la logique et l’organisation du travail et réduire l’impact environnemental en réduisant les temps de transport. Concrètement, un test doit être lancé en septembre dans une vingtaine d’entreprises qui ont rendu 17 postes de travail disponibles. Une application de géolocalisation mettra en relation des salariés avec ces postes. Pour ce chantier, il convient de poser un socle réglementaire commun en levant les freins, qu’ils soient juridiques, d’assurance et de sécurité d’accès au locaux, liés à la protection des données… et, bien entendu, sanitaires.

Redéfinir les espaces de travail : une autre nécessité 

Présentée par Yves Gillet, président de SCE, la solution « renaturation », mise en œuvre dans son entreprise, est un autre exemple d’action pour le climat. 25 représentants d’entreprises et d’organismes publics, tels que Nantes métropole ou le Conseil régional participent à ce chantier qui a abouti à un catalogue d’actions : mise en place de forêts, de potagers collectifs, de permaculture, de toitures végétales… L’idée est d’« agir sur les murs, terrasses, patios, les terrains… »

Sur ce volet, les entreprises membres de DRO ont répondu à un questionnaire pour se prononcer et définir leurs objectifs, ce qui permettra à certaines de se lancer dans cette démarche dès cet automne, avec des retours d’expériences et un déploiement prévu en 2021. Espoir d’Yves Gillet : que ce chantier, en faisant intervenir le vivant, déclenche une approche par l’émotion, qui peut être un facteur de changement.  Pour lui, « ce chantier peut entraîner une mise en œuvre accélérée des autres. »


DRO en chiffres

L’association, qui se définit comme « référente en économie responsable », a été créée en 2010. Elle compte 137 adhérents situés en Pays-de-la-Loire, dont 87 % en Loire-Atlantique.