Couverture du journal du 03/02/2023 Le magazine de la semaine

L’armateur K Line commande trois nouveaux kites à Airseas

Équiper 1 000 navires par an d’ici 2030 : c’est l’objectif de la start-up nantaise Airseas qui développe Seawing, un système d’aile automatisée flottant à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui s’appuie sur une expertise issue de l’aéronautique.

K LINE, Airseas

© Airseas

Selon la société, ce kite géant doit permettre, en utilisant la force du vent, de réduire de 20 % la consommation de carburant des navires et d’autant les émissions de carbone, permettant ainsi de « jeter les bases à long terme du transport maritime durable du futur, selon les mots de Vincent Bernatets, co-fondateur et Président d’Airseas, et de commencer à décarboner dès maintenant, alors qu’il y a urgence à baisser nos émissions et que la pression sur le secteur s’intensifie de la part des législateurs et des consommateurs. » Spécificité de Seawing : le système est déployé, exploité et stocké grâce à un simple bouton, avec une intervention minimale de l’équipage. Après avoir déployé son système en fin d’année dernière pour une phase de test sur le Ville de Bordeaux, un cargo affrété par Airbus, c’est sur les navires de la flotte de K Line qu’Airseas va faire pousser des ailes. L’armateur japonais, qui s’est fixé l’objectif de zéro émission d’ici 2050, a confirmé la commande de trois nouveaux systèmes, après deux premières commandes passées en amont, dans le cadre d’un accord de 20 ans avec des options pour équiper 50 de ses navires au total. La collaboration comporte aussi un volet de coopération technologique qui permettra à Airseas d’accéder à une plateforme de K Line contenant les données liées aux navires et aux systèmes Seawing installés, et ainsi d’optimiser les performances de sa technologie.

« 300 à 400 emplois à horizon quatre ans »

De nouvelles commandes pour la société qui lui font faire un pas de plus vers la production en série de son système Seawing. Dans ce cadre, la société indique être en recherche d’un site dans la région Ouest afin d’y implanter sa voilerie, avec un démarrage prévu pour début 2024. La bonne dynamique devrait également amener l’entreprise à étoffer ses effectifs composés aujourd’hui de 90 collaborateurs. « Nous prévoyons une période de recrutement à partir de la rentrée, sur des profils opérationnels mais aussi des profils ingénieurs, détaille Marie Peigné-Michel, responsable de la communication chez Airseas. L’industrialisation devrait entraîner la création de 300 à 400 emplois à horizon quatre ans. »