Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

La carte gagnante du nautisme

L’économie de la filière nautique fait rêver les édiles qui multiplient les initiatives pour la développer en Loire-Atlantique. Nantes et Saint-Nazaire en tête.

© Infojud

Le succès populaire de l’événement Débord de Loire a attiré près de 100 000 personnes du 23 au 26 mai, avec en vedette l’arrivée à Nantes de l’Hermione et du Belem, avant une semaine d’escale des 47 Figaro 3 parés au départ pour leur première étape. 

La mer, la voile et le patrimoine maritime représentent un potentiel économique à part entière pour la métropole Nantes-Saint-Nazaire et plus globalement pour la Loire-Atlantique et la Vendée, les deux départements de la façade maritime de la région des Pays de la Loire. Ce n’est pas par hasard que se déroule au parc expositions de la Beaujoire du 29 au 10 juillet à Nantes, la grande exposition « La mer XXL ».
L’économie maritime représente 340 000 emplois en France et ce chiffre devrait doubler dans les dix prochaines années. L’industrie et les services nautiques en France représentent 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires global. Dans la région des Pays de la Loire, le secteur représente 7 200 emplois répartis dans trois domaines principaux : les ports de plaisance (marins et fluviaux, 68 structures), l’industrie nautique (336 entreprises) et les activités nautiques telles que le tourisme et les sports nautiques (410 structures). 

Le pôle nautisme du Bas-Chantenay

L’objectif est de structurer la filière. Ce qui a conduit Nantes Métropole, en juin 2018, à lancer avec La Carène, Cap Atlantique, la CCI, NINA, (Nautisme Innovation Numérique Atlantique) et le Pôle Mer Bretagne Atlantique, une stratégie commune pour développer la filière nautique à l’échelle de l’estuaire. Un an plus tard, cette stratégie se concrétise pour le territoire de Nantes Métropole par une feuille de route : « la mise en œuvre de projets concrets partagés et d’actions spécifiques, autour d’enjeux d’attractivité, d’innovation, mais aussi d’expérimentation et d’un nautisme accessible à tous ». Nantes Métropole compte bien faire du secteur du Bas-Chantenay, une des plateformes de l’économie nautique. 

« Le potentiel de développement de la filière nautique est réel sur Nantes Métropole. Cette filière est porteuse d’image positive et permet de renforcer l’identité maritime du territoire tout en créant de l’activité économique et de l‘emploi. Le Projet de pôle nautique présente l’intérêt de développer un effet pôle, facteur de génération de visibilité pour les entreprises et le territoire, l’effet cluster facilitant l’innovation par l’échange et la co-création », précise la métropole. Ce n’est pas pour rien que sur la rive d’en face, à Cheviré, Bénéteau a repris les anciens locaux de Jeanneau Techniques Avancées pour y produire les nouveaux Figaro 3 à foils. En un an, une cinquantaine d’unités sont sorties du moule en système d’injection de résine sous vide. Une vingtaine de personnes y travaillent et Bernard Bachelier, responsable de la production de ces Figaro 3 ne cache pas l’intérêt du bassin d’emploi de la métropole nantaise pour le recrutement des membres de son équipe.  L’autre intérêt est de bénéficier des recherches de pôle comme l’IRT Jules Verne ou encore l’Ecole centrale et son bassin des carènes. 

Le port de plaisance du futur

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes-Saint Nazaire, gestionnaire des ports de plaisance se projette déjà dans le futur en étudiant les infrastructures du futur : « Les attentes d’une partie des plaisanciers ont évolué. Si la clientèle de plaisanciers traditionnels reste importante, on assiste à l’émergence d’une nouvelle typologie de plaisanciers qui souhaite s’affranchir des contraintes liées à leur passion (stockage, maintenance…) et disposer davantage de services pour vivre de nouvelles expériences de loisirs. A cette nouvelle génération s’ajoutent les néophytes de la mer, aujourd’hui non plaisanciers mais qui pourraient le devenir et pour qui de nouvelles offres nautiques doivent être conçues ». 

Pour sa part, Saint-Nazaire, berceau de la construction des grands paquebots soutient les filières qui émergent comme les microalgues ou les énergies marines renouvelables (EMR). « C’est le sens d’EOL, le centre d’interprétation de l’éolien en mer ouvert à Saint-Nazaire cette année pour valoriser cette technologie et les nombreuses compétences du territoire », note David Samzun (PS), maire de Saint-Nazaire et vice-président de la CARENE.

Patrimoine maritime et tourisme

Autre volet du secteur, le patrimoine maritime est un vecteur fort pour le développement de l’attractivité touristique, donc de l’économie du territoire. Nantes et l’estuaire de la Loire l’ont compris. Rochefort a réussi un formidable pari avec la reconstruction de l’Hermione, dont chaque escale déplace les foules.

L’événement Débord de Loire l’a parfaitement démontré, mélangeant avec bonheur, patrimoine, culture, plaisance. Un cocktail qui redonne vie aux quais autrefois délaissés, où se multiplient les guinguettes, symbole d’une réconciliation.

Victor GALICE