Couverture du journal du 03/02/2023 Le magazine de la semaine

Gautier fabrique ses meubles à partir de bois brûlé

« Depuis un mois et demi, on peut considérer que tous les meubles sortant de nos usines contiennent du bois brûlé » annonce David Soulard, président du groupe Gautier.

©Groupe Gautier

©Groupe Gautier

Depuis le mois d’octobre, l’entreprise vendéenne via son usine de Chantonnay, reçoit chaque semaine, une centaine de tonnes de bois issues des forêts détruites par les incendies cet été. Du pin maritime en provenance de Gironde, du secteur de Landiras, de la forêt de Baugé en Maine-et-Loire, et du département de la Charente. Pourquoi du bois brûlé ? « On avait déjà fait l’expérience il y a quelques années, répond David Soulard. « Étant en concurrence notamment avec les fabricants de pellets à l’approche de l’hiver, nous avions besoin de stock. »
Le dirigeant de la PME vendéenne précise ne pas avoir cherché à profiter de la situation. Les fournisseurs sont ainsi payés au tarif du « bois vert ». La matière première est traitée directement par l’entreprise. « Notre force est d’avoir un tambour-écorceur, une machine qui écorce le bois » souligne le chef d’entreprise qui n’hésite pas à parler de « course contre-la-montre ». Il faut en effet aller vite. Avec les pluies de ces dernières semaines, les arbres privés de leur enveloppe protectrice sont plus vulnérables aux attaques d’insectes ou de champignons. Le bois réduit en copeaux est mélangé aux produits issus d’arbres intacts pour fabriquer les panneaux servant à réaliser la plupart des meubles Gautier : lits, étagères, tables…. « L’objectif est d’obtenir des meubles de qualité équivalente à un produit classique » assure David Soulard qui se félicite de cette initiative venant « enrichir » la démarche RSE « Gautier plus que du vert ». « C’est très important pour la marque employeur, pour nos collaborateurs ».
Fondé en 1960, le groupe Gautier qui produit chaque jour environ 8 000 meubles, compte 750 salariés répartis dans ses trois sites vendéens, au Boupère (le siège social), à Chantonnay et à Saint-Prouant. Son chiffre d’affaires s’établit à 120 M€ en 2022.